« Nous demandons au gouvernement de publier une circulaire pour dire aux préfets de prendre, en urgence, des autorisations exceptionnelles » d’ouverture dominicale, a déclaré Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce
AA/Istanbul/ Sanaa Amir
L’Alliance du commerce a appelé mercredi le gouvernement français à prendre des mesures d’urgence pour autoriser exceptionnellement l’ouverture des commerces le dimanche, afin de permettre aux enseignes touchées par les pillages et les dégradations de compenser une partie de leurs pertes, à l’approche des fêtes de fin d’année.
« Nous demandons au gouvernement de publier une circulaire pour dire aux préfets de prendre, en urgence, des autorisations exceptionnelles » d’ouverture dominicale, a déclaré Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, mercredi sur Franceinfo.
Cette organisation, qui représente les grands magasins ainsi que les enseignes de l’habillement et de la chaussure, souhaite permettre aux commerçants de récupérer une partie de leur chiffre d’affaires après les dégradations survenues en marge de manifestations, notamment lors de la mobilisation du 17 octobre, rapporte Franceinfo.
Selon la dernière estimation de la Chambre de commerce et d’industrie de France (CCI France), le montant des pertes liées aux pillages et aux dégradations de magasins atteint un milliard d’euros, selon les informations rapportées par Franceinfo.
L’Union des entreprises de proximité (U2P), qui représente 3,4 millions de très petites, petites et moyennes entreprises dans l’artisanat, le commerce de proximité et les professions libérales, a également demandé une ouverture exceptionnelle des commerces le dimanche jusqu’à la fin de l’année 2026, afin de compenser les perturbations enregistrées lors des samedis de manifestation.
L’Alliance du commerce soutient cette initiative et affirme avoir elle-même formulé une demande similaire auprès du ministère concerné.
- L’approche des fêtes de fin d’année
Yohann Petiot a souligné l’urgence de la mesure à l’approche de la période des achats de fin d’année, qui commence dès la mi-novembre pour de nombreux consommateurs, selon ses déclarations sur Franceinfo.
Il a notamment évoqué le risque de nouvelles manifestations en semaine ou durant les prochains samedis, susceptibles de perturber davantage l’activité commerciale.
Toutefois, le responsable a estimé que l’ouverture dominicale ne suffirait pas, à elle seule, à relancer la fréquentation des commerces.
« Il faut que les Français puissent avoir confiance et revenir dans leur centre-ville », a-t-il déclaré sur Franceinfo, appelant à garantir la sécurité des consommateurs et à leur redonner envie de fréquenter les commerces de proximité.
Il a également invité les élus locaux à contribuer à cette dynamique en organisant des événements dans les centres-villes et en envisageant notamment la gratuité des parkings.
Les ouvertures exceptionnelles devront, selon lui, respecter le volontariat des salariés et prévoir des compensations salariales.
- Des aides jugées insuffisantes pour les grandes enseignes
Parallèlement à sa demande d’ouverture dominicale, l’Alliance du commerce a exprimé des réserves concernant les aides financières annoncées par le gouvernement en faveur des commerçants victimes de pillages, rapporte Franceinfo.
Le dispositif prévoit des aides pouvant atteindre 10 000 euros, mais son accès est limité aux entreprises de moins de 50 salariés réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon les critères rappelés par Yohann Petiot.
Le directeur général de l’organisation estime que ces conditions excluent de nombreux réseaux d’enseignes également touchés par les dégradations, ainsi que certains dispositifs de soutien, notamment celui relatif à l’activité partielle à zéro charge.
Il a souligné que les grandes enseignes avaient elles aussi subi les conséquences des violences, leurs marques et leurs produits étant particulièrement visibles dans les centres-villes.
« Les aides ne doivent pas être discriminantes. Tout le monde a été victime sur ces deux derniers week-ends », a plaidé Yohann Petiot sur Franceinfo, demandant que les dispositifs publics bénéficient à toutes les entreprises touchées, sans exclusion liée à leur taille.
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