- Lors d’échanges particulièrement houleux à l’Assemblée nationale, le gouvernement a défendu sa gestion du mouvement lycéen, tandis que Mathilde Panot a dénoncé une « répression inédite »

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France: Lecornu annonce une suspension des cours dans les lycées en fin de semaine pour "un temps de démocratie interne"

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé mardi une suspension des cours dans les lycées en fin de semaine afin de permettre "un temps de démocratie interne", lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, marquées par des échanges particulièrement houleux sur la mobilisation lycéenne.

Le chef du gouvernement a salué les manifestations du jour, organisées selon lui dans "un cadre légal démocratique", affirmant les accueillir « avec beaucoup de respect et de soulagement ».

Il a toutefois appelé la classe politique à "faire corps" avec les fonctionnaires victimes de violences. "On ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence", a-t-il déclaré.

"Brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées" et "lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs", a-t-il ajouté, soulignant que la responsabilité individuelle existe également pour les mineurs.

- Panot réclame "une réponse politique, pas une réponse policière"

La présidente du groupe La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, a vivement mis en cause la gestion gouvernementale du mouvement, accusant l’exécutif d’avoir choisi le "pourrissement " et une "répression inédite".

Elle a évoqué quelque 4 400 mineurs placés en garde à vue ainsi que plusieurs cas de jeunes grièvement blessés ou ayant subi, selon elle, des violences lors d’interventions policières.

"Dans n’importe quelle autre démocratie, vous auriez déjà démissionné", a-t-elle lancé au Premier ministre.

"À des revendications politiques, il faut une réponse politique et non policière", a poursuivi Panot, rappelant les demandes portant sur la rénovation des locaux, le remplacement des enseignants absents et la fin de ce qu’elle qualifie de « tri social » de Parcoursup.

L’élue a également demandé l’interdiction des "armes mutilantes" et des "techniques d’immobilisation létales".

- Lecornu défend les instructions données aux forces de l’ordre

En réponse aux critiques sur les interventions policières, Lecornu a affirmé que « des instructions de proportionnalité » avaient été données aux forces de l’ordre.

Il a qualifié de "mensonge" les affirmations faisant état d’instructions politiques de répression policière, ainsi que celles selon lesquelles "la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes".

Interrogé sur les lycéens blessés par les forces de l’ordre, il a déclaré : "Est-ce que des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui."

Le Premier ministre, qui a contesté l’emploi du terme "violences policières", a ajouté que ces situations devaient donner lieu à des enquêtes administratives et judiciaires, à l’établissement des responsabilités et à de l’empathie.

- Geffray promet de renforcer les réponses aux difficultés scolaires

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a fait état de 85 personnels blessés en huit jours et de 24 bâtiments saccagés ou incendiés, estşmant que 30 000 élèves sont privés de cours en raison de ces dégradations.

Défendant son action, il a affirmé que le taux de remplacement des absences de courte durée dans le premier degré avait été multiplié par trois en deux ans et que le nombre de postes vacants avait diminué de 57 % à la rentrée.

"Il faut faire plus et mieux, notamment pour les lycées", a néanmoins reconnu le ministre.

Geffray a indiqué avoir lancé un plan d’action deux jours auparavant pour traiter les absences de longue durée non remplacées, avec un examen établissement par établissement.

Il a également évoqué la création proposée de 300 postes dans le domaine de la médecine scolaire, après 300 postes l’année précédente, ainsi que des travaux avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour améliorer la transparence de Parcoursup et l’orientation.

- Nuñez défend le projet de loi "casseur-payeur"

Interpellé notamment sur l’agression d’un commandant de police à Belfort, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé son soutien aux forces de sécurité, dont il a salué le travail.

Il a également détaillé le projet de loi dit "casseur-payeur", qui doit être examiné au Sénat à partir du 27 octobre. Ce calendrier avait été annoncé lundi par la porte-parole du gouvernement.

Selon Nuñez, le texte doit permettre d’engager la responsabilité civile de personnes demeurant dans un attroupement après sommation lorsque des dégradations y sont commises, y compris celle de leurs parents dans les situations concernées.

Le ministre a précisé que le recouvrement pourrait porter sur certaines prestations, tout en respectant les montants légalement insaisissables.

Ces annonces interviennent alors que des dizaines de milliers de lycéens, d’étudiants et de soutiens ont manifesté mardi à Paris pour réclamer davantage de moyens et de meilleures conditions d’enseignement.

Entamé à la mi-septembre, le mouvement touche de nombreux établissements à travers la France, avec 891 lycées perturbés mardi, selon le ministère de l’Intérieur.

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