- Le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué mercredi à l’Assemblée nationale que 88 personnels de l’Éducation nationale et 215 élèves avaient été blessés depuis le début de la mobilisation lycéenne
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué mercredi 7 octobre à l’Assemblée nationale que 88 personnels de l’Éducation nationale et 215 élèves avaient été blessés depuis le début de la mobilisation lycéenne, au lendemain de l’« acte III » du mouvement.
Il a également annoncé que 24 lycées avaient été suffisamment endommagés pour ne pas pouvoir rouvrir immédiatement, privant environ 30 000 lycéens de cours en présentiel.
Auditionné mercredi matin par la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale, Édouard Geffray a précisé qu' « un peu moins de la moitié » des personnels blessés étaient des proviseurs ou des proviseurs adjoints.
Selon lui, dans « de très nombreux cas », ces personnels « ont été délibérément visés », estimant qu' « on n’a jamais vu ça ». Le ministre a par ailleurs indiqué que les 24 établissements concernés avaient été « incendiés ou saccagés » dans des proportions empêchant leur réouverture immédiate.
Des centaines d’autres établissements ont également subi des « dégradations très lourdes », dont le coût est actuellement évalué entre 20 et 30 millions d’euros minimum, selon le ministre.
Édouard Geffray a également fait état de 215 élèves blessés, précisant que, dans leur « très grande majorité », ces blessures étaient liées à des « comportements imprudents » ou à des « tirs de mortiers ».
Le ministre de l’Éducation nationale a estimé que la violence avait « perverti » le mouvement et « effacé en partie dans l’espace public les revendications de nos élèves ». Il a également affirmé que le mouvement avait été « très vite infiltré par des groupuscules ultraviolents », auxquels il attribue des « attaques aux biens et aux personnes ».
Parallèlement, le gouvernement poursuit la collecte des revendications des lycéens via la plateforme Agora. Selon Édouard Geffray, environ 30 000 élèves ont publié leurs contributions en 24 heures.
La plateforme doit rester ouverte jusqu’au 23 octobre, les contributions devant être rendues publiques, selon le ministre.
Sur les conditions d’enseignement, Édouard Geffray a annoncé qu’il recevrait « dès ce soir » la liste des établissements concernés par des absences d’enseignants non remplacées et préjudiciables.
Les recteurs devront, selon lui, « traiter l’intégralité de ces situations sous huit jours » et revenir vers les établissements avec un plan d’action, les capacités de suivi et les moyens nécessaires.
Concernant Parcoursup, dont la suppression est réclamée par certains responsables politiques, le ministre a mis en garde contre le risque d’un accroissement des inégalités sociales et territoriales en l’absence de dispositif de remplacement.
« Si Parcoursup est abrogé sans être remplacé par un système de rencontre entre les vœux des lycéens et les formations qui existent », il existe selon lui des « risques très sérieux d’assignation sociale et territoriale ».
Édouard Geffray a également évoqué la question du volume horaire des lycéens, régulièrement mise en avant dans les revendications.
Pour réduire le nombre d’heures de cours hebdomadaires, il affirme nécessaire de « réinterroger l’ensemble de l’année scolaire », notamment les transports scolaires et les vacances. Selon les chiffres cités par le ministre, les lycéens français suivent environ 1 200 heures de cours, contre 960 heures en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.
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