– À Paris, la contestation lycéenne s’élargit à d’autres générations, entre défense de l’école publique et inquiétudes autour du traitement des jeunes mobilisés.

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France : étudiants, parents et professionnels rejoignent la mobilisation des lycéens

AA / Paris / Ümit Dönmez

La mobilisation des lycéens contre le manque de moyens dans l’Éducation nationale dépasse désormais les établissements scolaires et rassemble étudiants, parents et professionnels autour de revendications communes.

Le cortège parisien du 6 octobre a illustré cet élargissement, avec de nombreux lycéens et étudiants rejoints par des parents, des enseignants et des professionnels venus soutenir les jeunes mobilisés.

Sophie*, une soignante interrogée par Anadolu, explique avoir participé à la mobilisation par solidarité avec les jeunes et en raison de son expérience professionnelle.

« Je soigne des personnes qui ont été victimes de violences », explique-t-elle, en soulignant les conséquences que peuvent laisser les expériences difficiles vécues pendant l’enfance.

Elle estime que plusieurs institutions chargées de prendre soin des jeunes, notamment l’hôpital, la protection de l’enfance et l’éducation, traversent aujourd’hui de profondes difficultés.

« Prendre soin de son enfant devrait être une priorité », souligne-t-elle.

La présence de parents a également marqué la manifestation parisienne.

Hélène*, une mère interrogée par Anadolu, explique être venue soutenir les revendications des lycéens concernant le manque d’enseignants, les remplacements non assurés et les conditions matérielles dans certains établissements.

Elle évoque notamment des salles où les élèves peuvent subir « 35 degrés au mois de mai et 10 degrés au mois de janvier ».

Sa présence répond aussi à une inquiétude liée aux tensions observées lors de précédentes mobilisations.

« Nous avons peur pour nos enfants. Il faut être là pour les protéger », explique-t-elle.

Les inquiétudes exprimées dans le cortège concernent également l’enseignement supérieur.

Cyril*, étudiant en Master 1 de philosophie sociale à la Sorbonne, explique à Anadolu être venu « en soutien aux lycéens et au service public qui est en train de mourir ».

Il décrit des universités confrontées, selon lui, à un manque de moyens pour les étudiants, les chercheurs, les bibliothèques et les services administratifs.

« Nous attendons des mesures », insiste-t-il.

L’étudiant demande aux responsables politiques de constater directement « à quel point les étudiants souffrent, à quel point certains lycées sont dégradés et à quel point il manque des professeurs ».

Il estime que la réponse doit être plus large et toucher l’ensemble du service public d’éducation, de l’école à l’université.

Le mouvement reste toutefois porté en premier lieu par les lycéens, à l’origine de la mobilisation.

David*, un lycéen interrogé par Anadolu, explique avoir participé à la manifestation alors même que son établissement reste relativement épargné par les difficultés rencontrées dans d’autres lycées.

« Notre lycée n’est pas énormément touché, mais nous sommes là par solidarité avec les autres lycées », explique-t-il.

Le jeune manifestant cite notamment le manque d’enseignants et les difficultés liées aux effectifs. Son établissement connaît lui aussi l’absence d’un professeur, avec des conséquences directes sur l’avancement du programme scolaire.

« Nous avons un professeur absent et je pense que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation », ajoute-t-il.

Ces différents témoignages montrent comment une contestation partie des lycées s’est progressivement élargie à d’autres catégories de la population.

Les semaines précédentes avaient été marquées par des blocages de lycées, des rassemblements devant des établissements et des journées de mobilisation dans plusieurs villes françaises. Des élèves ont dénoncé les absences de professeurs, les classes chargées, le manque de personnel et les difficultés matérielles rencontrées dans certains établissements.

Plusieurs mobilisations ont aussi donné lieu à des interventions policières et à des interpellations, renforçant les inquiétudes de certains parents. Les étudiants ont progressivement rejoint le mouvement, tandis que plusieurs organisations syndicales et personnels de l’éducation ont apporté leur soutien.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes interviewées.

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