- Le projet, évalué à 4,2 milliards de dollars, a suscité des critiques sur la gouvernance de la FIFA, à quelques mois de l'élection présidentielle de l'instance

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FIFA : Gianni Infantino présente ses excuses après l'abandon d'un projet controversé avec des investisseurs privés

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, a présenté ses excuses, jeudi, aux membres du Conseil de l'instance, réunis à Zurich, en Suisse, après la controverse suscitée par un projet visant à ouvrir certaines activités commerciales de l'organisation à des investisseurs privés.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la FIFA a confirmé que son président avait reconnu des erreurs dans la conduite et la communication du projet baptisé « FIFA Forward Enterprise » (FFE), tout en précisant que celui-ci avait été définitivement abandonné.

L'initiative prévoyait la création d'une filiale regroupant les activités commerciales et événementielles de la FIFA, notamment celles liées à la Coupe du monde, avec la possibilité d'ouvrir une participation minoritaire à des investisseurs privés.

L'opération aurait permis de lever environ 4,2 milliards de dollars, sur la base d'une valorisation de 20 milliards de dollars de la nouvelle structure.

D'après le Financial Times, un fonds d'investissement dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, figurait parmi les investisseurs associés au projet.

Cette proposition avait suscité l'opposition de plusieurs confédérations, notamment l'Union des associations européennes de football (UEFA), la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), ainsi que des représentants du football asiatique.

- Des excuses jugées insuffisantes par plusieurs dirigeants européens

Malgré les excuses présentées par Gianni Infantino, plusieurs responsables européens ont estimé que les explications fournies lors de la réunion ne répondaient pas aux interrogations concernant la préparation du projet et les procédures de consultation au sein de la FIFA.

La présidente de la Fédération anglaise de football, Debbie Hewitt, a regretté que plusieurs questions soulevées par les membres du Conseil soient restées sans réponse. Elle a également demandé davantage de transparence concernant les documents relatifs à l'initiative abandonnée.

Le président de la Fédération allemande de football, Bernd Neuendorf, a, pour sa part, exprimé son insatisfaction face aux explications du dirigeant italo-suisse, mettant en cause sa gestion du dossier et appelant à une réforme de la gouvernance de l'organisation.

Les critiques portent notamment sur le manque de consultation préalable des instances concernées et sur les conditions dans lesquelles le projet avait été élaboré.

Gianni Infantino s'est engagé à apporter ultérieurement des réponses écrites aux interrogations formulées lors de la réunion.

- La FIFA défend son objectif de redistribution des revenus

Le président de la FIFA a néanmoins défendu les objectifs initiaux du projet, affirmant qu'il visait à accroître les ressources consacrées au développement du football et à améliorer leur redistribution aux associations membres.

Dans son communiqué du 15 octobre, la FIFA a indiqué que l'initiative FFE ne serait pas relancée, tout en réaffirmant sa volonté d'augmenter les investissements destinés aux fédérations nationales.

Le Conseil a ainsi examiné un nouveau programme de financement, baptisé « Programme solidaire de gestion de l'excédent », destiné à mobiliser une partie des réserves financières de l'organisation.

Cette proposition prévoit de porter les investissements consacrés au développement du football à 6,35 milliards de dollars pour la période 2027-2030, soit plus du double du montant initialement prévu.

Selon la FIFA, les allocations destinées à chacune des 211 associations membres pourraient atteindre 25 millions de dollars sur quatre ans, tandis que les confédérations et d'autres structures bénéficieraient également d'une augmentation de leurs financements.

Les modalités de distribution, de contrôle et d'audit doivent encore être précisées par les organes compétents, avant un nouvel examen par le Conseil en décembre 2026 et une approbation prévue lors du Congrès de la FIFA en mars 2027.

- Une controverse à quelques mois de l'élection présidentielle

Cette polémique intervient à quelques mois de l'élection à la présidence de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc.

À la tête de l'organisation depuis février 2016, Gianni Infantino entend briguer un nouveau mandat, alors que plusieurs responsables européens réclament des changements dans le fonctionnement et les mécanismes de contrôle de l'instance.

Les interrogations soulevées lors de la réunion dépassent également le dossier des investissements privés. Plusieurs responsables ont demandé des éclaircissements sur certaines décisions disciplinaires prises pendant la Coupe du monde 2026, ainsi que sur les conditions d'attribution du Prix de la paix de la FIFA à Donald Trump.

Dans son communiqué, la FIFA a confirmé que ses commissions permanentes procéderaient à un examen des procédures disciplinaires et des questions relatives à ce prix.

La FIFA a également annoncé la création d'un groupe de travail chargé d'examiner d'éventuelles réformes de sa gouvernance.

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