D'après The New York Times et Le Monde, le gardien de 32 ans n’aurait jamais obtenu l’autorisation nécessaire de la FIFA pour représenter la République démocratique du Congo, après avoir été international français U17.

FIFA : La RDC au cœur d’une polémique sur l’éligibilité de son gardien

La FIFA savait-elle que le Congo avait aligné un gardien inéligible pendant les qualifications au Mondial ? Des documents internes de l’instance, cités mardi par The New York Times et Le Monde, relancent une polémique qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà du terrain.

Selon ces documents, Lionel Mpasi, gardien de 32 ans, n’aurait jamais obtenu l’autorisation nécessaire de la FIFA pour représenter la République démocratique du Congo, après avoir été international français U17. Malgré cela, il aurait disputé cinq matches des qualifications, dont le barrage africain remporté face au Nigeria et le barrage intercontinental contre la Jamaïque, décisif pour la qualification historique du Congo au Mondial.

Le Nigeria avait alerté la FIFA

La Fédération nigériane de football avait saisi la FIFA pour dénoncer de possibles irrégularités dans l’éligibilité de plusieurs joueurs congolais. D’après les documents consultés par The New York Times et Le Monde, les juristes de la commission disciplinaire de la FIFA avaient eux-mêmes identifié un problème concernant Mpasi dès 2021.

Plusieurs scénarios auraient alors été étudiés, notamment le remplacement du Congo par le Nigeria dans le barrage contre la Jamaïque, avant que la plainte nigériane ne soit finalement rejetée pour des raisons de procédure, celle-ci ayant été déposée hors délai.

Le Burkina Faso directement concerné

L’affaire ne concerne donc pas seulement le Congo et le Nigeria. Le Burkina Faso pourrait également avoir été privé d’une opportunité de qualification.

Selon Le Monde, l’annulation des résultats des matches congolais auxquels Mpasi a participé aurait pu permettre aux Burkinabè d’accéder aux barrages africains.

Un précédent existe : lors des qualifications pour le Mondial 2018, la FIFA avait sanctionné la Bolivie après l’utilisation d’un joueur inéligible, avec deux défaites sur tapis vert.

Une question de confiance pour le football africain

Au-delà du cas Mpasi, l’affaire remet sur la table une question sensible pour le football africain : les mêmes règles sont-elles appliquées avec la même rigueur à toutes les fédérations ?

Le code disciplinaire de la FIFA permet pourtant à l’instance d’agir de sa propre initiative, sans attendre le dépôt d’une plainte.

La FIFA assure de son côté que ses organes disciplinaires sont indépendants et qu’ils statuent sur la base des règlements et des faits qui leur sont soumis.

Une affaire qui tombe au plus mauvais moment

Les révélations interviennent à la veille d’un sommet de trois jours de la CAF au Cap-Vert, où doivent se retrouver les représentants des 54 fédérations africaines, ainsi que des responsables du Congo, du Nigeria et du Burkina Faso.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, est attendu à cette rencontre.

L’affaire intervient également dans un contexte institutionnel particulier pour le football africain. Véron Mosengo-Omba, président de la Fédération congolaise et ancien secrétaire général de la CAF, entretient des liens professionnels de longue date avec Infantino.

Alors que le président de la FIFA se prépare à l’élection de mars et cherche à maintenir le soutien des fédérations africaines, cette nouvelle controverse place une fois encore la gouvernance du football mondial et la place de l’Afrique dans ses mécanismes disciplinaires sous les projecteurs.

Pour le football africain, une question demeure désormais centrale : si les documents de la FIFA sont confirmés, pourquoi l’alerte sur l’éligibilité de Mpasi n’a-t-elle pas produit de conséquences avant la qualification historique du Congo ?

#