- Une enquête auprès de quelque 7 200 pilotes fait également état de micro-sommeils en vol et de craintes de répercussions professionnelles en cas de signalement de fatigue
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Près d’un quart des pilotes de ligne européens interrogés dans une enquête de l’European Cockpit Association (ECA) déclarent voler habituellement alors qu’ils s’estiment trop fatigués pour travailler, selon les résultats rapportés lundi par le Guardian.
Menée en août auprès de quelque 7 200 commandants de bord et copilotes, l’enquête révèle que 75 % des répondants ont connu au moins un micro-sommeil, un bref endormissement involontaire, aux commandes au cours des quatre semaines précédentes.
La moitié déclarent également avoir effectué un vol au cours des trois mois précédents alors qu’ils estimaient qu’ils auraient dû se déclarer inaptes en raison de leur fatigue.
- Des signalements freinés par la crainte de sanctions
Près de la moitié des participants craignent des conséquences négatives de la part de leur hiérarchie s’ils se déclarent inaptes pour cause de fatigue. Seuls 11,9 % disent faire confiance au système de signalement de leur compagnie.
Ces résultats reflètent les expériences déclarées des pilotes et ne constituent pas une mesure directe de la sécurité des vols, souligne Ian Holder, directeur général du cabinet spécialisé Baines Simmons, cité par le quotidien.
L’ECA précise que le questionnaire, anonyme et élaboré avec des experts de Baines Simmons, visait à repérer les difficultés de gestion de la fatigue afin d’en faire part aux compagnies aériennes et aux autorités européennes.
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