- Selon l’organisation onusienne, 58 % des besoins en recrutement concernent le remplacement des enseignants quittant la profession, sur fond de difficultés liées aux rémunérations, à la charge de travail et au manque de reconnaissance

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UNESCO : 50 millions d’enseignants supplémentaires nécessaires dans le monde d’ici 2030

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Le monde devra disposer de 50 millions d’enseignants supplémentaires d’ici 2030 pour garantir l’accès universel à l’éducation préprimaire, primaire et secondaire, selon de nouvelles données publiées par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Dans un rapport rendu public mardi à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants 2026, l’organisation indique que les effectifs mondiaux s’élèvent actuellement à 107 millions d’enseignants, soulignant la nécessité d’une augmentation de près de 50 % pour répondre aux besoins éducatifs.

Élaborée par l’Institut de statistique de l’UNESCO et l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030, cette nouvelle fiche d’information met notamment en évidence les difficultés de recrutement et de maintien des professionnels dans le secteur de l’éducation.

Selon les estimations présentées, 58 % des besoins mondiaux en enseignants d’ici 2030 seront liés au remplacement de ceux qui quitteront la profession.

Les taux de départ atteignent 7,2 % dans l’enseignement préprimaire, 4,7 % dans le primaire et 5,4 % dans le secondaire, précise l’organisation.

- Des rémunérations insuffisantes et une charge de travail élevée

L’UNESCO attire également l’attention sur le manque de reconnaissance sociale et les conditions de travail des enseignants, considérés comme des facteurs déterminants dans leur décision de poursuivre ou non leur carrière.

Selon les résultats de l’Enquête internationale de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) de 2024, moins de 40 % des enseignants se sentent suffisamment valorisés dans 75 % des pays participants.

Les enseignants qui estiment bénéficier d’une reconnaissance professionnelle présentent toutefois une probabilité de rester dans le métier après cinq ans supérieure de plus de 10 % à celle de leurs collègues ne partageant pas ce sentiment.

Sur le plan salarial, l’UNESCO relève que, dans 40 % des 68 pays étudiés, les enseignants perçoivent une rémunération inférieure à celle de professionnels disposant de qualifications comparables, et ce, à tous les niveaux d’enseignement.

L’organisation souligne également l’importance de la charge de travail. Si les enseignants assurent en moyenne 19 heures de cours par semaine, leur temps de travail global approche les 60 heures, en tenant compte de la préparation des enseignements, de la correction des travaux et des tâches administratives, dont une grande partie n'est pas rémunérée.

Par ailleurs, dans l’enseignement primaire, le ratio mondial atteint 28 élèves pour un enseignant formé, soit le niveau le plus élevé parmi les différents cycles éducatifs.

- L’UNESCO appelle à renforcer l’attractivité de la profession

Face à ces défis, l’UNESCO recommande aux gouvernements d’associer davantage les enseignants à l’élaboration des politiques éducatives, d’améliorer les perspectives de carrière et de garantir des rémunérations compétitives.

L’organisation préconise également la mise en place d’incitations ciblées dans les établissements confrontés à des pénuries de personnel, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité dans les écoles et à réduire les tâches administratives jugées non essentielles.

Ces recommandations interviennent à l’occasion du 60e anniversaire de l’adoption de la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant.

La Journée mondiale des enseignants 2026, organisée au siège de l’UNESCO à Paris avec la participation de représentants gouvernementaux, d’enseignants et d’experts de l’éducation, a été consacrée au thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs ».

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