-L’inflation sous-jacente ralentit malgré les prix élevés de l’énergie, tandis que la politique monétaire restrictive soutient la désinflation, selon le gouverneur Fatih Karahan
ISTANBUL (AA)
Les sorties de capitaux n’ont pas sensiblement affaibli la préférence des résidents turcs pour les actifs libellés en livres turques, a déclaré mercredi le gouverneur de la banque centrale, Fatih Karahan.
Karahan a présenté les perspectives macroéconomiques et la politique monétaire de la Türkiye lors des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Bangkok.
« Les sorties de capitaux n’ont pas sensiblement affaibli la préférence des résidents pour les actifs en livres turques », a déclaré Karahan.
« Dans l’ensemble, la préférence des résidents pour la livre turque reste solide. »
Le gouverneur a indiqué que des mesures préventives avaient limité les répercussions potentielles liées aux fonds soumis à des restrictions de négociation, tandis que la politique monétaire restrictive soutenait la demande de livres turques.
Il a réaffirmé que la banque maintiendrait cette orientation restrictive jusqu’à ce que la stabilité des prix soit atteinte, en soutenant la désinflation par les canaux de la demande, du taux de change et des anticipations.
Les décisions sur les taux d’intérêt tiendront compte de l’inflation observée et anticipée, ainsi que de sa tendance sous-jacente, afin d’assurer le degré de restriction nécessaire à une trajectoire de désinflation conforme aux objectifs intermédiaires de la banque.
Les décisions resteront prudentes et seront prises réunion par réunion, avec un resserrement supplémentaire si les perspectives d’inflation s’écartent sensiblement de ces objectifs.
-L’inflation sous-jacente ralentit malgré les pressions énergétiques
Karahan a indiqué que les pressions du côté de l’offre avaient ralenti la désinflation, les prix de l’énergie exerçant une influence majeure cette année. L’inflation sous-jacente continuait néanmoins de ralentir, la faiblesse de la demande atténuant les pressions inflationnistes.
L’inflation annuelle à la consommation s’est établie à 29,7 % en septembre, contre 75,5 % en mai 2024. L’inflation sous-jacente mensuelle a ralenti à 1,7 %, contre 2 % en juin.
L’inflation mensuelle des services, corrigée des variations saisonnières, s’est établie à 1,85 %, son plus bas niveau depuis cinq ans.
La hausse des loyers ralentissait, les indicateurs avancés laissant entrevoir une poursuite de cette modération. Toutefois, les hausses des prix des transports et des communications ont partiellement compensé le ralentissement de l’inflation des loyers et de l’éducation.
Karahan a estimé que les anticipations d’inflation justifiaient le maintien d’une approche prudente, tandis que les indicateurs à haute fréquence confirmaient la faiblesse de la demande intérieure au troisième trimestre. Les politiques macroprudentielles contribuaient également au ralentissement de la croissance du crédit.
Malgré des perspectives de demande extérieure moins favorables pour 2026, le déficit commercial restait modéré et les recettes touristiques étaient proches de leur niveau de l’année précédente, contribuant à contenir le déficit courant.
Le mécanisme turc d’ajustement de la fiscalité sur les carburants avait limité les hausses de leurs prix, a-t-il indiqué, ajoutant que les fluctuations du prix de l’or accentuaient la volatilité des réserves disponibles pour amortir les chocs.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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