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Les circonstances exactes du décès du jeune homme n'ont pas été précisées par le gouvernement, qui appelle à l'apaisement après des heurts entre forces de sécurité et étudiants dans la principale université du pays.
Un étudiant en médecine est décédé lundi à Dakar après des heurts violents dans une grande université de la capitale entre les forces de sécurité et des étudiants qui protestent régulièrement contre des retards de paiement de leurs arriérés de bourse, dans un contexte économique très difficile au Sénégal, a annoncé le gouvernement, appelant "à la retenue".
Des manifestations d'étudiants sur des campus du pays et des heurts ponctuels avec la police ont lieu régulièrement depuis plusieurs années sur cette question épineuse d'arriérés de bourses.
Mais le Sénégal fait face depuis de longs mois à de graves difficultés économiques qui plombent le quotidien de nombre de Sénégalais.
Les circonstances exactes du décès du jeune homme n'ont pas été précisées par le gouvernement.
"Des évènements graves survenus le lundi 9 février 2026 à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont conduit au décès de l'étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de licence en médecine", indique mardi un communiqué de la porte-parole du gouvernement, Marie-Rose Khady Fatou Faye.
Au cours de ces derniers mois, l'emblématique Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), réputée en Afrique de l'Ouest et qui accueille plusieurs dizaines de milliers d'étudiants, et d'autres campus dans le pays ont été sporadiquement secoués par des mouvements de protestation d'étudiants qui réclament notamment régulièrement le règlement d'arriérés de bourse.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans la nuit de lundi à mardi témoignent de la violence des heurts entre forces de sécurité et étudiants à l'UCAD.
Sur certaines images, des forces de sécurité sont visibles en train de pénétrer dans l'enceinte de l'université, tirant des gaz lacrymogènes dans les pavillons tandis que des étudiants ripostent avec des jets de pierre.
Les étudiants en colère reprochent au gouvernement de vouloir supprimer définitivement le paiement de leurs arriérés de bourse.

Appel à "l'apaisement"
Le calendrier universitaire connaît depuis plusieurs années des perturbations provoquant un chevauchement entre les différentes années académiques.
À cause de cette situation, les étudiants peuvent rester des mois sans percevoir leurs bourses qui s'élèvent entre 20.000 et 60.000 FCFA par mois (entre 30 et 91 euros).
Dans le communiqué transmis à l'AFP, le gouvernement sénégalais adresse ses "condoléances les plus attristées à (la) famille (de l'étudiant décédé, NDLR), à ses proches, ainsi qu'à l'ensemble de la communauté universitaire".
Le gouvernement appelle l'ensemble des acteurs concernés "à la retenue", à l'"apaisement" et "au sens des responsabilités".
Il dit s'engager à ce que "toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame" et que les "responsabilités soient établies".
"Compte-tenu de la gravité des faits et dans un souci de transparence", le gouvernement annonce la tenue d'un point de presse à 16H00 GMT au siège de la Primature (bureau du Premier ministre), en présence des ministres de la Justice, de l'Intérieur, et des Forces armées.
Au Sénégal, environ 75% de la population a moins de 35 ans.
La victoire de Bassirou Diomaye Faye et du parti Pastef à l'élection présidentielle de 2024, porté au pouvoir par la promesse d'une rupture, a suscité un grand espoir chez une jeunesse fortement engagée dans le combat qui a mené au pouvoir ce parti.
Cette jeunesse avait été au cœur des violentes manifestations contre l'ancien régime qui avaient secoué le pays entre 2021 et 2024.
Elle a été profondément marquée par la répression qui a suivi.
Malgré l'élection des nouvelles autorités, la problématique de l'insertion des jeunes est toujours d'actualité en 2026.
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