- « Je ne prends personne en traître », a insisté la candidate du Rassemblement national (RN)
Ankara (AA)
La candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen, a déclaré mercredi qu’elle maintiendrait pendant six mois l’aide financière de la France à l’Ukraine en cas de victoire, avant d’y mettre fin, estimant que le pays n’en a « plus les moyens ».
« À partir de mon élection, durant six mois, nous maintiendrons les aides (…) pour ne mettre personne au pied du mur. Mais après, nous cesserons l’aide financière à l’Ukraine car nous n’avons plus les moyens de le faire », a-t-elle affirmé à la télévision flamande VRT News, en marge d’une réunion à Bruxelles avec ses alliés du groupe des Patriotes au Parlement européen.
Ce délai de six mois constitue une précision nouvelle dans le discours de la dirigeante d’extrême droite, qui avait déjà indiqué ces dernières semaines vouloir arrêter le soutien financier à Kiev. « Je ne prends personne en traître », a-t-elle insisté, soulignant que « la France est au bord du défaut » de paiement sur sa dette publique.
Selon elle, il s’agit d’un « discours d’honnêteté » envers le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Elle a estimé que Kiev pourrait se tourner vers « d’autres pays de l’Union européenne qui sont dans une situation financière meilleure que la France ».
Cette annonce s’inscrit dans la ligne de Marine Le Pen sur le plan international, marquée par la priorité donnée à la souveraineté nationale, à l’indépendance de la France.
Sur l’Ukraine, elle s’oppose fermement à l’adhésion du pays à l’Union européenne, qu’elle a qualifiée de « hara-kiri » pour l’Europe, et se montre sceptique quant aux sanctions européennes contre la Russie, estimant qu’elles ont davantage nui aux économies européennes. Elle plaide pour une résolution diplomatique du conflit par des négociations et a indiqué pouvoir poursuivre certaines formes d’aide militaire (formation, matériel) tout en arrêtant le soutien financier.
Vis-à-vis de l’Union européenne (UE), elle revendique un « bras de fer » avec la Commission pour réduire la contribution nette française au budget européen et rapatrier des compétences vers les États membres, tout en affirmant ne pas vouloir sortir de l’UE.
Sur l’OTAN, elle maintient sa volonté de retirer la France du commandement intégré, mais a précisé qu’elle n’agirait pas tant que la guerre en Ukraine se poursuit.
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