Le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Marcos Perestrello, et la secrétaire générale adjointe de l’OTAN, Radmila Shekerinska, ont appelé les pays alliés à accroître de manière significative leurs investissements dans la défense et à ren
ISTANBUL — Le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Marcos Perestrello, a exhorté les pays alliés à se préparer à une nouvelle phase de la sécurité collective en augmentant leurs investissements dans la défense, en développant les capacités industrielles du secteur militaire et en renforçant la solidarité politique face à un environnement stratégique devenu plus complexe.
S’exprimant lors du Sommet parlementaire de l’OTAN organisé par la Türkiye à Istanbul, Perestrello a remercié les autorités turques pour leur accueil et a salué l’organisation de cette rencontre réunissant les représentants parlementaires des États membres de l’Alliance.
« C’est un immense plaisir d’être réunis avec vous dans cette ville exceptionnelle qui rassemble notre Alliance », a-t-il déclaré en ouverture de son intervention.
Selon lui, préserver la crédibilité et l’efficacité de l’OTAN exige bien davantage que le seul renforcement des capacités militaires.
Il a estimé que les Alliés devaient simultanément accroître la capacité de leur industrie de défense afin de répondre aux nouveaux défis stratégiques qui se multiplient dans un contexte international marqué par une évolution rapide des menaces.
Le président de l’Assemblée parlementaire a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à renforcer l’unité politique entre les États membres, à consolider la confiance mutuelle et à développer les liens politiques ainsi que les relations humaines qui constituent le fondement de l’Alliance.
« Notre action ne peut pas se limiter uniquement au domaine militaire. Nous devons également renforcer les capacités de notre industrie de défense. En parallèle, il est essentiel de consolider notre unité, notre solidarité, notre confiance mutuelle ainsi que les liens politiques et personnels qui unissent les Alliés », a-t-il déclaré.
Marcos Perestrello a également rappelé les relations historiques entre le Portugal et la Türkiye, soulignant que, malgré leur position géographique aux extrémités de l’Europe, les deux pays ont constamment poursuivi des objectifs communs au sein de l’Alliance atlantique.
Il a exprimé l’espoir que cette réunion parlementaire contribue à bâtir une OTAN « plus forte, plus sûre et plus moderne », capable de répondre efficacement aux défis de sécurité actuels et futurs.
Les nouvelles menaces imposent une adaptation permanente
Abordant l’évolution de la situation sécuritaire internationale, Perestrello a évoqué la politique menée par la Russie à l’égard de l’OTAN, affirmant que Moscou poursuit des cyberattaques ainsi que des opérations de sabotage contre les intérêts des Alliés.
Selon lui, ces menaces hybrides démontrent que l’Alliance doit poursuivre l’adaptation de sa posture de défense tout en maintenant un haut niveau de vigilance.
Le responsable portugais a ensuite évoqué le prochain Sommet de l’OTAN qui se tiendra à Ankara, estimant que les décisions qui y seront adoptées dépendront largement de leur mise en œuvre par les gouvernements nationaux ainsi que par les parlements des pays membres.
Il a rappelé que les assemblées parlementaires jouent un rôle essentiel dans l’adoption des budgets de défense, le soutien à la modernisation militaire et la traduction des engagements politiques en mesures concrètes.
Selon lui, le soutien parlementaire sera déterminant pour permettre à l’Alliance d’atteindre ses objectifs capacitaires avant 2035.
Marcos Perestrello a également souligné que la construction d'une Europe plus forte au sein de l'OTAN ne dépend pas uniquement d'une augmentation des dépenses militaires, mais également d'investissements plus intelligents, plus rapides et mieux coordonnés entre les Alliés.
« Nous aurons besoin d’investissements beaucoup plus importants dans la défense », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que le soutien apporté à l’Ukraine constitue une responsabilité pour l’Alliance, estimant qu’une Ukraine forte, souveraine et indépendante demeure essentielle pour la sécurité européenne.
En conclusion de son intervention, Perestrello a exprimé le souhait que le Sommet d’Ankara adresse un message clair démontrant que l’OTAN reste une Alliance unie, capable de s’adapter aux nouveaux défis et pleinement déterminée à défendre le territoire de chacun de ses membres.
Shekerinska : Le Sommet d’Ankara sera observé par le monde entier
La secrétaire générale adjointe de l’OTAN, Radmila Shekerinska, a déclaré que le prochain Sommet de l’OTAN organisé à Ankara constituerait une étape déterminante pour l’Alliance et que la communauté internationale observerait attentivement la capacité des Alliés à respecter les engagements pris collectivement.
« La semaine prochaine, les regards du monde entier seront tournés vers Ankara et vers chacun d’entre nous. Tous observeront si nous sommes capables de tenir les engagements qui nous sont demandés », a-t-elle affirmé devant les parlementaires réunis à Istanbul.
Selon elle, le sommet devra démontrer que l’OTAN demeure une alliance crédible, capable d’honorer ses engagements en matière de défense collective et de garantir la sécurité de l’ensemble de son territoire.
Elle a souligné que les décisions qui seront prises à Ankara devront confirmer que l’Alliance dispose non seulement des capacités militaires nécessaires mais également de la volonté politique indispensable pour répondre aux défis stratégiques actuels.
Afin d’illustrer cette capacité, Shekerinska a évoqué plusieurs opérations de défense récemment menées par l’OTAN.
Elle a expliqué que ces actions démontrent concrètement le bon fonctionnement du mécanisme de défense collective de l’Alliance tout en illustrant la solidarité qui unit les pays membres.
« Les récentes activités de défense conduites par l’OTAN démontrent clairement que les mécanismes de défense de l’Alliance fonctionnent efficacement. Elles constituent également une preuve concrète de la solidarité entre les Alliés », a-t-elle déclaré.
Une défense crédible exige davantage de détermination et de ressources
Radmila Shekerinska a insisté sur le fait que le maintien d’une défense crédible ne peut être assuré sans un engagement politique durable accompagné d’un financement suffisant.
Elle a estimé que la détérioration progressive du contexte sécuritaire international impose aux Alliés d’accroître leurs investissements afin de préserver les capacités opérationnelles de l’Alliance.
Selon elle, les tensions géopolitiques croissantes et la multiplication des conflits démontrent clairement que les moyens actuellement mobilisés devront être renforcés.
« Les évolutions de la situation internationale montrent clairement que nous aurons besoin de davantage de détermination, de davantage de financement et d’investissements plus importants dans la défense afin de maintenir une OTAN forte », a-t-elle indiqué.
Elle a ajouté que les dépenses de défense constitueront l’un des principaux sujets du Sommet d’Ankara, les Alliés devant démontrer leur volonté de renforcer durablement les capacités de l’Alliance.
Des plans nationaux attendus pour atteindre l’objectif fixé à 2035
La secrétaire générale adjointe a rappelé que les Alliés sont attendus à Ankara avec des plans nationaux détaillés précisant la manière dont chacun entend atteindre l’objectif de consacrer 5 % du produit intérieur brut aux dépenses de défense d’ici 2035.
« Nous attendons de tous les Alliés qu’ils arrivent à Ankara avec des plans concrets leur permettant d’atteindre l’objectif de 5 % des dépenses de défense à l’horizon 2035 », a déclaré Shekerinska.
Elle a estimé que ces feuilles de route nationales constitueront un signal important de crédibilité et de responsabilité envers les partenaires de l’Alliance.
Selon elle, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité des gouvernements à traduire leurs engagements politiques en mesures concrètes sur le long terme.
ASELSAN citée comme exemple de réussite industrielle
Abordant la question de l’industrie de défense, Radmila Shekerinska a rappelé que plusieurs entreprises issues des pays membres figurent aujourd’hui parmi les acteurs les plus performants du secteur.
À ce titre, elle a cité ASELSAN comme exemple des capacités industrielles développées au sein de l’Alliance et a rappelé la récente visite effectuée dans l’entreprise par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
Selon elle, le développement d’une base industrielle solide constitue désormais un élément essentiel de la capacité de dissuasion de l’OTAN.
Elle a souligné que l’innovation technologique, l’augmentation des capacités de production et le renforcement de la coopération industrielle permettront à l’Alliance de répondre plus efficacement aux besoins futurs.
Le soutien à l’Ukraine demeure une priorité
Au cours de son intervention, Shekerinska a également insisté sur la nécessité de poursuivre le soutien accordé à l’Ukraine.
Elle a estimé que Kiev devait continuer à recevoir l’assistance dont il a besoin, rappelant que cette question demeure l’un des principaux axes de la politique de sécurité de l’Alliance.
Sans détailler de nouvelles mesures spécifiques, elle a réaffirmé que le maintien de ce soutien représente une composante importante des engagements collectifs des Alliés.
En conclusion, la secrétaire générale adjointe a souligné que la crédibilité future de l’OTAN dépendra de la capacité des États membres à transformer leurs engagements politiques en résultats concrets.
Selon elle, une augmentation des investissements, une industrie de défense plus performante, une coopération renforcée entre Alliés ainsi qu'une solidarité durable constitueront les principaux fondements de la sécurité collective dans les années à venir.
« Les décisions prises aujourd’hui détermineront le niveau de préparation de l’Alliance face aux défis de demain », a-t-elle conclu, rappelant que leur mise en œuvre sera déterminante pour l’avenir de l’OTAN.
La Bulgarie réaffirme que l’OTAN demeure le pilier de sa sécurité
La présidente de l’Assemblée nationale bulgare, Mihaela Dotsova, a déclaré que le prochain Sommet de l’OTAN à Ankara offrirait une occasion importante de réaffirmer l’attachement des Alliés aux valeurs communes de l’Alliance, à la sécurité collective et à la stabilité de l’espace euro-atlantique.
Elle a souligné que, pour la Bulgarie, l’OTAN reste le principal garant de la sécurité nationale et un élément essentiel de la stabilité régionale.
« Pour la Bulgarie, le Sommet de l’OTAN qui se tiendra à Ankara constitue une occasion de réaffirmer notre engagement déterminé envers les valeurs de l’Alliance, la sécurité commune et le renforcement de la stabilité dans la région euro-atlantique », a-t-elle déclaré.
Évoquant l’environnement international marqué par une instabilité croissante et de nombreux conflits, Dotsova a estimé que les États membres doivent poursuivre leurs efforts afin de renforcer leurs capacités de défense.
Elle a rappelé que la Bulgarie respecte ses engagements en matière de défense collective tout en poursuivant la modernisation de ses forces armées.
Selon elle, investir dans la défense revient également à investir dans la sécurité nationale, la résilience des institutions, la protection des citoyens ainsi que la préservation de la souveraineté de l’État.
« Investir dans la défense signifie investir dans la sécurité, la résilience ainsi que dans la capacité de l’État à protéger ses citoyens et sa souveraineté nationale », a-t-elle ajouté.
La Croatie met en garde contre l’évolution des menaces
Le président du Parlement croate, Gordan Jandrokovic, a estimé que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, les menaces hybrides, les technologies de rupture ainsi que l’intensification de la compétition stratégique ont profondément transformé l’environnement sécuritaire européen.
Selon lui, la puissance militaire demeure indispensable mais ne constitue plus, à elle seule, une réponse suffisante face aux défis contemporains.
« Dans ce contexte, la puissance militaire reste indispensable, mais elle n’est plus suffisante à elle seule. Les infrastructures critiques, le développement économique, les avancées technologiques ainsi que la cohésion politique sont désormais des composantes tout aussi essentielles de notre sécurité », a-t-il déclaré.
Jandrokovic a plaidé en faveur de capacités européennes de défense plus solides, développées en étroite coordination avec le partenariat transatlantique.
Il a annoncé que la Croatie suivait une trajectoire visant à consacrer 3 % de son PIB à la défense d’ici 2030, avec l’objectif d’atteindre 5 % en 2035.
Il a rappelé que tous les membres de l’OTAN partagent un même espace de sécurité et que toute faiblesse affectant un pays allié représente un risque pour l’ensemble de l’Alliance.
Selon lui, l’OTAN doit continuer à se préparer aux menaces de demain grâce à une coopération toujours plus étroite entre ses membres.
La Lettonie considère la Russie comme une menace durable
La présidente du Parlement letton (Saeima), Daiga Mierina, a réaffirmé le soutien de son pays à l’Ukraine tout en estimant que la Russie continuera de représenter une menace stratégique à long terme pour l’ensemble des membres de l’Alliance.
« La Russie demeure, et continuera de demeurer, une menace de long terme pour tous les Alliés », a-t-elle affirmé.
Elle a appelé à poursuivre les efforts destinés à soutenir l’Ukraine ainsi que les politiques visant à isoler la Russie sur la scène internationale.
Selon Mierina, cette stratégie permettra également de dissuader d’éventuelles provocations futures.
Évoquant le principe de « la paix par la force », elle a déclaré que seule une Alliance unie et déterminée permettra d’aboutir à une paix juste et durable.
« La balle est désormais dans notre camp. C’est précisément pour cette raison que nous devons agir ensemble avec unité et détermination », a-t-elle déclaré.
La Lituanie annonce la poursuite de ses investissements dans la défense
Le président du Parlement lituanien, Juozas Olekas, a indiqué que son pays avait adopté un budget consacrant 5,38 % du PIB aux dépenses de défense cette année.
Il a précisé que la Lituanie entend maintenir ce niveau d’investissement entre 5 % et 6 % du PIB au cours des prochaines années.
Olekas a renouvelé le soutien de son pays à l’Ukraine, estimant que l’avenir de la sécurité européenne se joue aujourd’hui sur le territoire ukrainien.
« L’avenir de la sécurité de l’Europe se décide aujourd’hui en Ukraine. Ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’une volonté politique forte et d’un partage équitable des responsabilités », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’unité de l’OTAN implique également que les pays européens assument davantage de responsabilités dans leur propre défense tout en maintenant un partenariat transatlantique solide.
Olekas a également évoqué le déploiement en cours d’une brigade allemande en Lituanie ainsi que l’importance du maintien de la présence militaire américaine sur le flanc oriental de l’Alliance.
Il a estimé que les incidents récents ayant affecté certaines infrastructures sous-marines en mer Baltique démontrent l’urgence d’investir davantage dans les capacités intégrées de défense aérienne et antimissile.
Le responsable lituanien a reconnu que des progrès avaient été réalisés dans le développement de l’industrie de défense des pays membres, tout en jugeant que l’augmentation des capacités de production demeure insuffisamment rapide.
Selon lui, la solution passe par un écosystème industriel hautement qualifié, un environnement favorable aux investissements, un soutien public solide ainsi que des investissements renforcés dans les technologies militaires de nouvelle génération.
Il a conclu en exprimant l’espoir que le Sommet d’Ankara permettra d’aboutir à des résultats concrets pour l’Alliance.
Le Luxembourg met l’accent sur l’unité et l’action collective
Le président de la Chambre des députés du Luxembourg, Claude Wiseler, a déclaré que les multiples crises observées dans différentes régions du monde rappellent que la liberté ne peut jamais être considérée comme acquise.
« La liberté ne nous est jamais donnée. Elle doit être conquise et protégée », a-t-il déclaré.
Wiseler a souligné que l’Ukraine continue de résister avec détermination et qu’il est, par conséquent, nécessaire de renforcer le soutien international apporté à Kiev.
Il a estimé que chaque retard dans l’assistance fournie entraîne des conséquences humaines concrètes, qu’il s’agisse d’infrastructures détruites, d’hôpitaux endommagés ou de pertes humaines.
Le responsable luxembourgeois a rappelé que son pays considère l’OTAN comme la meilleure réponse aux menaces pesant sur sa sécurité et comme un acteur indispensable dans le contexte international actuel.
Il a indiqué que le Luxembourg avait doublé ses dépenses militaires au cours des deux dernières années et qu’il prévoyait d’augmenter son budget de défense de 5 % chaque année.
Selon lui, une grande partie de ces investissements sera consacrée à la défense aérienne et antimissile, tout en poursuivant le développement des capacités spatiales et des systèmes de communication.
En conclusion, Wiseler a affirmé que le Luxembourg demeure attaché à l’État de droit, au respect des engagements internationaux ainsi qu’à l’action collective au sein de l’Alliance.
« Notre priorité au sein de l’OTAN demeure la coopération, la confiance mutuelle et l’action commune plutôt que les initiatives isolées », a-t-il conclu.
La Tchéquie : l’Europe doit assumer une responsabilité accrue au sein de l’OTAN
Le président du Sénat tchèque, Miloš Vystrčil, a souligné que chaque État membre de l’OTAN a la responsabilité de consacrer au moins 2 % de son produit intérieur brut aux dépenses de défense. Selon lui, une Europe plus engagée dans la défense collective contribuera directement au renforcement de l’Alliance.
« L’Europe doit assumer davantage de responsabilités dans la défense de l’OTAN, car une Europe plus forte signifie une OTAN plus forte », a déclaré Vystrčil devant les délégations parlementaires réunies à Istanbul.
Il a indiqué que le soutien de la population tchèque envers l’OTAN demeure élevé, précisant que 82 % des citoyenssoutiennent l’appartenance de leur pays à l’Alliance et que 62 % sont favorables au maintien d’un niveau minimal de dépenses de défense équivalent à 2 % du PIB.
Selon lui, l’avenir de l’OTAN repose sur la solidarité entre les Alliés, le respect des engagements pris et une participation accrue des pays européens à la défense collective.
« Si Istanbul devait envoyer un seul message aujourd’hui, ce serait celui-ci : lorsqu’il s’agit de défendre notre liberté et notre démocratie, nous sommes tous unis, côte à côte », a-t-il affirmé.
Se préparer avant les crises
Le président de la Chambre des députés de la République tchèque, Tomio Okamura, a rappelé que le contexte international demeure particulièrement instable.
Selon lui, les États doivent renforcer leurs capacités de défense avant l’apparition d’une crise plutôt que de réagir une fois les conflits déclenchés.
« Il faut être prêt avant qu’une crise n’éclate, et non après », a déclaré Okamura.
Il a ajouté que chaque pays possède non seulement le droit mais aussi le devoir de protéger son territoire, ses citoyens, ses frontières ainsi que son mode de vie.
Le responsable tchèque a également estimé que la protection de la souveraineté nationale passe par un renforcement durable des investissements consacrés à la défense et a appelé à une fin rapide de la guerre en Ukraine.
Le Danemark : l’OTAN demeure l’alliance la plus solide de l’histoire
Le président du Parlement danois, Søren Gade, a estimé que la sécurité euro-atlantique est devenue beaucoup plus complexe qu’auparavant.
Il a souligné l’importance de préserver la capacité de réaction de l’OTAN face aux crises futures.
Ancien ministre de la Défense, Gade a déclaré avoir personnellement constaté les nombreuses pressions auxquelles l’Alliance est confrontée depuis plusieurs années.
Malgré ces difficultés, il a affirmé que l’OTAN demeure l’alliance militaire la plus puissante et la plus efficace de l’histoire contemporaine.
« L’OTAN reste l’alliance la plus forte et la plus performante de l’histoire, car elle n’est pas uniquement une alliance militaire. Elle repose également sur des valeurs démocratiques communes et une coopération politique solide », a-t-il déclaré.
Selon lui, maintenir l’unité des Alliés revêt aujourd’hui une importance encore plus grande dans un contexte marqué par une pression internationale croissante.
Il s’est dit convaincu que l’Alliance dispose des moyens nécessaires pour relever les défis de sécurité à venir.
La Pologne appelle à renforcer le soutien à l’Ukraine
La présidente du Sénat polonais, Kidawa-Blonska, a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience face à la Russie tout en réaffirmant le soutien de son pays à l’Ukraine.
« Nous devons soutenir l’Ukraine avec toute la force dont nous disposons », a-t-elle déclaré.
Elle a également estimé que l’OTAN devait poursuivre le renforcement de sa préparation militaire et développer de nouveaux formats de coopération entre les Alliés.
Évoquant les relations entre la Türkiye et la Pologne, Kidawa-Blonska a rappelé que les deux pays jouent un rôle essentiel sur le flanc oriental de l’Alliance.
Elle a exprimé l’espoir que leur coopération bilatérale et multilatérale contribuera à renforcer davantage l’OTAN.
Le Portugal souligne l’importance de la cohésion de l’Alliance
Le président de l’Assemblée de la République portugaise, Branco, a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion interne de l’Alliance dans un contexte international marqué par de multiples incertitudes.
Il a rappelé que la dissuasion et la défense collective doivent continuer à constituer les missions fondamentales de l’OTAN.
Selon lui, ces objectifs nécessitent un investissement constant dans les capacités militaires des États membres.
Branco a également déclaré que le soutien à court et à moyen terme apporté à l’Ukraine doit continuer de représenter une priorité dans le cadre de la sécurité euro-atlantique.
La Slovaquie prévoit d’augmenter progressivement ses dépenses militaires
Le président du Conseil national slovaque, Rasi, a rappelé que la politique étrangère et de sécurité de son pays repose sur son appartenance à l’Union européenne et à l’OTAN.
Il a qualifié l’Alliance de principal garant de la sécurité nationale tout en soulignant la nécessité de renforcer le « pilier européen » de l’OTAN.
Rasi a annoncé que la Slovaquie prévoit d’augmenter progressivement ses dépenses militaires jusqu’à 5 % du PIB, précisant qu’une part importante de ces ressources sera consacrée à la modernisation des forces armées.
Il a également exprimé le souhait de voir émerger les conditions nécessaires à une paix juste et durable concernant l’Ukraine.
L’Estonie : la paix a toujours un prix
Le président du Parlement estonien (Riigikogu), Lauri Hussar, a qualifié d’historique l’objectif fixé par les Alliés de consacrer 5 % du PIB à la défense d’ici 2035.
Il a indiqué que l’Estonie poursuit le renforcement de sa coopération régionale dans plusieurs domaines militaires, notamment la défense aérienne.
Revenant sur l’adage stratégique « Si tu veux la paix, prépare la guerre », Hussar a expliqué que cette approche ne vise pas à accroître les tensions mais à réduire les risques de conflit grâce à une défense crédible.
« Il ne s’agit pas d’alimenter les tensions mais de reconnaître qu’une défense solide réduit les risques de guerre », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué les violations de l’espace aérien de l’OTAN par la Russie, estimant qu’elles rappellent l’importance du renforcement des capacités militaires des Alliés.
Hussar a appelé à maintenir la pression sur la Russie tout en poursuivant le soutien apporté à l’Ukraine.
Selon lui, une future intégration de l’Ukraine au sein de l’OTAN constituerait un investissement stratégique pour la sécurité de toute l’Europe.
« Nous ne devons jamais oublier que la paix n’est jamais gratuite et que la faiblesse a toujours un coût. L’unité demeure le véritable centre de gravité de l’OTAN », a-t-il conclu.
La Finlande insiste sur la dissuasion collective
Le président du Parlement finlandais, Jussi Halla-Aho, a déclaré que la Finlande souhaite contribuer activement à la dissuasion collective de l’OTAN.
Selon lui, la force de l’Alliance repose avant tout sur la capacité de chacun de ses membres.
« Nous savons que la force de l’OTAN provient de celle de ses membres. C’est pourquoi nous souhaitons participer activement à la dissuasion collective », a-t-il déclaré.
Il a appelé à une réponse commune face aux menaces russes tout en rappelant que chaque État membre doit assumer pleinement ses responsabilités.
Le responsable finlandais a également estimé que l’Ukraine constitue un élément essentiel de la sécurité européenne et que l’augmentation du coût politique et économique de la guerre demeure indispensable.
L’Italie : l’OTAN est plus forte lorsqu’elle agit dans l’unité
Le président de la Chambre des députés italienne, Lorenzo Fontana, a estimé que la sécurité euro-atlantique ne peut plus être analysée selon une seule perspective géographique.
Il a rappelé que la Méditerranée, le Moyen-Orient, la mer Rouge ainsi que le Golfe sont directement liés aux questions de sécurité, aux routes commerciales, à l’approvisionnement énergétique ainsi qu’à la stabilité régionale.
Fontana a insisté sur le caractère indispensable de la dimension transatlantique de l’Alliance.
« L’OTAN est forte lorsqu’elle reste unie. Elle est crédible non seulement lorsqu’elle réagit aux crises, mais aussi lorsqu’elle parvient à les prévenir », a-t-il conclu.
Les Pays-Bas soulignent le rôle stratégique de la Türkiye
Le président de la Chambre des représentants des Pays-Bas, Thom van Campen, a ouvert son intervention en remerciant, en langue turque, le président de la Grande Assemblée nationale de Türkiye, Numan Kurtulmuş, pour l'accueil réservé aux délégations parlementaires.
Il a rappelé que les relations diplomatiques entre les Pays-Bas et la Türkiye remontent à 1612, les qualifiant parmi les plus anciennes relations bilatérales ininterrompues en Europe.
Selon lui, les liens entre les deux pays dépassent largement le cadre diplomatique et commercial. Il a notamment évoqué la tulipe, symbole emblématique des Pays-Bas, dont l'origine remonte à l'Anatolie, illustrant ainsi les liens historiques profonds entre les deux peuples.
Van Campen a souligné que la diplomatie parlementaire joue un rôle essentiel dans le renforcement de la confiance mutuelle, la promotion de la compréhension entre les nations et la consolidation de la solidarité transatlantique.
« Nous sommes réunis en Türkiye, un pays qui constitue un véritable pont entre les continents et les cultures, et cela n'est pas un hasard. Nos histoires sont différentes, mais nos objectifs communs au sein de l'Alliance nous unissent », a-t-il déclaré.
Évoquant la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, il a estimé que ce conflit représente non seulement une menace pour la souveraineté ukrainienne mais également une attaque contre l'ordre international fondé sur des règles.
Il a conclu en appelant les Alliés à poursuivre leur coopération afin de démontrer que l'OTAN demeure une Alliance unie, déterminée et prête à agir.
La Macédoine du Nord appelle à une adaptation stratégique de l’Alliance
Le président du Parlement de Macédoine du Nord, Afrim Gashi, a déclaré que l'évolution rapide de l'environnement international impose à l'OTAN de poursuivre sa transformation stratégique.
Il a estimé que l'Alliance devait être envisagée dans une perspective de renouvellement stratégique, évoquant le concept de « NATO 3.0 ».
Selon lui, les Alliés européens devront progressivement assumer une part plus importante de la défense conventionnelle du continent.
Il a également souligné que le futur soutien à l'Ukraine devra s'appuyer sur un partage équilibré des responsabilités ainsi que sur les investissements nationaux réalisés par les pays membres.
Abordant les développements au Moyen-Orient, Gashi a averti que les tensions régionales auront des conséquences importantes sur la paix, les marchés énergétiques et la situation humanitaire, appelant à la poursuite des efforts diplomatiques visant à réduire les tensions.
La Norvège plaide pour une meilleure coordination industrielle
Le président du Parlement norvégien, Masud Gharahkhani, a indiqué que son pays poursuit l'augmentation de sa production de défense ainsi que ses investissements dans les drones et les nouvelles technologies numériques.
Selon lui, l'accélération des capacités industrielles est devenue indispensable pour garantir la sécurité collective.
« Il ne s'agit plus d'un choix. Nous devons renforcer notre coordination. Nous devons accélérer nos capacités industrielles et notre production de défense afin de soutenir à la fois les besoins nationaux et le niveau de préparation de l'OTAN », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que le plan de défense norvégien à l'horizon 2036 bénéficie d'un large consensus politique, reflétant l'évolution de l'environnement sécuritaire et les enseignements tirés de la guerre en Ukraine.
Le Royaume-Uni qualifie la Türkiye de partenaire stratégique
Le président de la Chambre des Lords, Michael Forsyth, a décrit la Türkiye comme un partenaire stratégique majeur pour le Royaume-Uni en raison de sa position reliant l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Asie.
« Pour le Royaume-Uni, la Türkiye est un partenaire précieux qui joue un rôle diplomatique essentiel en reliant différentes régions du monde et en facilitant la médiation dans les conflits », a déclaré Forsyth.
Il a rappelé que l'OTAN demeure le pilier fondamental de la politique de défense britannique et a souligné que les Alliés restent unis pour défendre la liberté, la démocratie et l'État de droit.
Forsyth a également insisté sur le fait que la dissuasion demeure moins coûteuse que les conflits et que l'Alliance doit continuer à s'adapter aux évolutions technologiques, notamment dans les domaines de l'intelligence artificielle et de la cybersécurité.
Concernant l'Ukraine, il a déclaré que le peuple ukrainien défend aujourd'hui non seulement son propre pays mais également la sécurité de l'ensemble des Alliés.
« Leur combat est aussi le nôtre », a-t-il affirmé.
Des appels communs à la coopération et au respect du droit international
La vice-présidente de la Chambre des communes britannique, Judith Cummins, a rappelé que l'OTAN protège la sécurité et la prospérité de ses membres depuis 77 ans, grâce à des valeurs communes et une histoire partagée.
Elle a appelé les Alliés à renforcer davantage leur coopération face aux tensions observées en Ukraine et au Moyen-Orient.
De son côté, la présidente de la délégation française auprès de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Natalia Pouzyreff, a rappelé les discussions menées lors du Sommet du G7 concernant le Moyen-Orient ainsi que le détroit d'Ormuz.
Elle a également souligné que la déclaration commune du G7 réaffirme l'intégrité territoriale de l'Ukraine et appelle au renforcement du soutien militaire apporté à Kiev.
Selon elle, l'avenir de l'Ukraine se situe au sein de l'OTAN et son intégration euro-atlantique contribuera directement à la sécurité régionale.
Le premier vice-président du Sénat espagnol, Javier Maroto, a déclaré que tous les pays de l'Alliance doivent défendre le respect du droit international dans tous les conflits, qu'ils concernent l'Ukraine ou le Moyen-Orient.
Il a estimé que la réforme de l'OTAN ne doit pas signifier un désengagement des États-Unis mais davantage de responsabilités assumées par les pays européens.
La Suède, l’Albanie, l’Islande, le Monténégro et l’Ukraine réaffirment leurs priorités
La troisième vice-présidente du Parlement suédois, Kerstin Lundgren, a indiqué que le Sommet d'Ankara abordera notamment le renforcement des capacités de l'Alliance, le soutien durable à l'Ukraine ainsi que l'augmentation de la production industrielle de défense.
Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement albanais, Igli Hasani, a souligné que la sécurité repose sur la solidarité, la résilience et la capacité des Alliés à agir ensemble, tout en rappelant l'importance stratégique des Balkans occidentaux.
Le président de la délégation islandaise auprès de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Dagur Eggertsson, a décrit Istanbul comme une ville reliant depuis des siècles les cultures, les continents et les civilisations. Selon lui, la sécurité durable repose avant tout sur le dialogue, la coopération et la confiance entre les Alliés.
Le chef de la délégation monténégrine, Duško Stjepović, a affirmé que les conflits en Europe et au Moyen-Orient, les cyberattaques, les campagnes de désinformation ainsi que les tentatives de déstabilisation des institutions démocratiques démontrent que l'OTAN reste plus indispensable que jamais.
Enfin, le président de la délégation ukrainienne auprès de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Yehor Cherniev, a remercié les partenaires internationaux pour leur soutien continu. Il a estimé que l'Ukraine commence à reprendre l'initiative stratégique sur le terrain et a rappelé que les négociations organisées en Türkiye en 2022 n'avaient pas abouti à un accord acceptable pour son pays.
Selon lui, l'adhésion future de l'Ukraine à l'OTAN contribuerait directement au renforcement durable de la sécurité européenne.
Conclusion
Tout au long du Sommet parlementaire de l'OTAN organisé à Istanbul, les représentants des États membres ont mis en avant plusieurs priorités communes : le renforcement des investissements dans la défense, le développement des capacités industrielles, l'amélioration de la coopération politique et militaire ainsi que la consolidation de l'unité entre les Alliés.
Les différentes interventions ont également souligné l'importance de traduire les engagements politiques en actions concrètes, notamment en vue du prochain Sommet de l'OTAN à Ankara, où les dirigeants alliés devraient examiner les objectifs de dépenses de défense, le développement des capacités militaires, la coopération industrielle et les orientations stratégiques de l'Alliance pour les années à venir.

