- Plus de 117 millions de personnes sont déplacées de force dans le monde, tandis que le HCR fait face à un grave déficit de financement et à une réduction de ses effectifs

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Le HCR appelle à protéger les réfugiés sans laisser les déplacements devenir permanents

GENEVE (AA)

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés a averti lundi qu’il était indispensable de protéger les personnes contraintes de fuir, mais que leur déplacement ne devait pas devenir permanent, alors que les conflits prolongés et la diminution des ressources humanitaires aggravent la crise mondiale des réfugiés.

S’exprimant devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève, Barham Salih a indiqué que plus de 117 millions de personnes avaient été déplacées de force dans le monde par les conflits, les violences, les persécutions et d’autres menaces.

« Nous devons protéger les personnes lorsqu’elles sont contraintes de fuir. Mais nous ne pouvons accepter que leur avenir soit un déplacement sans fin », a-t-il déclaré.

Barham Salih a averti que les conflits provoquaient des déplacements de population plus rapidement qu’ils ne pouvaient être résolus, laissant des millions de personnes prises au piège de crises prolongées.

Il a souligné que l’aide humanitaire seule ne pouvait apporter de solutions durables, appelant à investir davantage dans la prévention des conflits, la diplomatie et les possibilités offertes aux réfugiés de reconstruire leur vie.

« La réussite doit aussi se traduire par le fait que les personnes retrouvent leur capacité d’agir : pouvoir travailler, apprendre, subvenir aux besoins de leur famille et faire des choix concernant leur avenir », a-t-il déclaré. « Nous devons mesurer la réussite non seulement au nombre de vies que nous sauvons, mais aussi aux vies que les personnes peuvent reconstruire et aux solutions durables qu’elles peuvent trouver. »

Abordant l’éducation, Barham Salih a indiqué que 5,8 millions d’enfants réfugiés n’étaient toujours pas scolarisés, soulignant la persistance des obstacles à l’accès à l’éducation.

Il a annoncé son intention de lancer l’initiative « Aiming Higher », destinée à élargir l’accès des étudiants réfugiés aux diplômes universitaires et à d’autres qualifications de l’enseignement supérieur, en coopération avec les gouvernements, les universités et le secteur privé.

Parallèlement, le HCR fait face à une grave crise de financement : au 9 octobre, il n’avait obtenu que 3 milliards de dollars, soit 35 % des 8,5 milliards nécessaires pour 2026, selon son chef.

Les effectifs de l’agence sont également passés de près de 20 000 à moins de 12 000 depuis 2024, près de 8 000 employés ayant quitté l’organisation dans le cadre d’une restructuration majeure.

Barham Salih a averti que la diminution des ressources menaçait les services essentiels de protection, soulignant que les mesures visant à améliorer l’efficacité ne pouvaient compenser indéfiniment la baisse des financements.

« La protection exige un seuil minimum de moyens. En dessous de ce seuil, le système ne se contente pas de se réduire. La protection que nous pouvons assurer commence à faire défaut », a-t-il déclaré.

*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

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