– La Première ministre italienne plaide pour un représentant mandaté par les 27 afin de porter une voix européenne unifiée dans les négociations sur l’Ukraine
BRUXELLES (AA)
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a jugé mercredi « très risquée » la décision du président américain Donald Trump de permettre à la Russie de fournir du diesel aux marchés mondiaux pour faire baisser les prix des carburants, rapporte l’agence de presse ANSA.
Devant le Sénat, avant le sommet du Conseil européen, elle a estimé que la hausse des prix des carburants était principalement liée à la guerre en Iran, plutôt qu’à celle en Ukraine, mettant en doute l’efficacité de la mesure américaine.
« Par conséquent, l’issue de cette décision est incertaine, tandis que les risques sont clairs : une légitimation de Moscou », a déclaré Giorgia Meloni. Elle a également mis en garde contre « des revenus supplémentaires pour financer sa guerre et un affaiblissement du levier des sanctions occidentales ».
Donald Trump avait annoncé la semaine dernière que Moscou fournirait du diesel aux marchés mondiaux. Son administration a également levé temporairement les sanctions américaines sur les carburants russes. Le président américain a, par ailleurs, appelé la Russie et l’Ukraine à ne pas frapper leurs infrastructures énergétiques respectives.
Selon Giorgia Meloni, cette décision pourrait envoyer des signaux « contradictoires », alors que les pays occidentaux, dont les États-Unis, cherchent à pousser le président russe Vladimir Poutine à négocier la fin de la guerre en Ukraine, qui se poursuit depuis 2022.
– Une voix européenne unifiée dans les négociations
La dirigeante italienne a appelé l’Union européenne à jouer un rôle plus affirmé dans les efforts de paix, en désignant un représentant faisant autorité et doté d’un mandat des 27 États membres.
« Nous devons veiller à ce que l’Europe ne reste pas les bras croisés », a-t-elle insisté.
Elle a critiqué la possibilité que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni mènent des initiatives diplomatiques dans le cadre du format dit « E3 », sans mandat collectif de l’Union européenne, estimant que ces démarches devraient être conduites au nom de l’ensemble des États membres.
– Rome pose ses conditions sur le prochain budget européen
Giorgia Meloni a présenté les prix élevés de l’énergie comme le principal défi pour l’économie italienne et la compétitivité des entreprises, appelant à une réponse européenne rapide et coordonnée.
Sur le prochain budget de l’Union européenne, elle a réaffirmé que l’Italie n’accepterait pas un accord au détriment de la politique agricole commune (PAC), de la pêche ou des fonds de cohésion.
Alors que l’Union européenne vise un accord d’ici à la fin de l’année, elle a assuré que Rome ne soutiendrait pas un compromis dans le seul but de respecter ce calendrier.
« Nous ne signerons un accord que lorsqu’il sera favorable à l’Italie », a affirmé Giorgia Meloni.
*Traduit de l'anglais par Ayse Bashoruz
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