- Le projet a suscité des inquiétudes internes sur la protection des données des téléspectateurs, selon Mediapart, tandis que France Télévisions explique son abandon par des tests non concluants.

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France Télévisions souhaitait confier des données politiques sensibles à une entreprise israélienne avant de se rétracter

AA / Ankara / Ayşe Betül Akçeşme

France Télévisions a renoncé à un projet de dispositif interactif confié à l’entreprise israélienne Terrific, qui aurait pu recueillir des données sur les préférences politiques de téléspectateurs, selon une enquête de Mediapart, tandis que le groupe public explique cet abandon par des tests non concluants.

Baptisé « Agora », le dispositif devait permettre au public d’adresser des questions aux candidats invités dans l’émission « L’heure de vérité », dont le retour sur France 2 est prévu le 8 octobre 2026, et de participer à des sondages en temps réel, rapporte Mediapart. Son utilisation devait ensuite s’étendre à la couverture de la présidentielle de 2027 par France Télévisions.

Selon le média d’investigation, la direction avait écarté une solution proposée par ses équipes numériques au profit de Terrific, une entreprise spécialisée dans le commerce en ligne. Ce choix a suscité des inquiétudes internes concernant la protection des données et leur éventuelle exploitation à des fins de ciblage politique.

Mediapart souligne que le fondateur de Terrific, Israel Grintz, a également cofondé une entreprise de marketing politique, NEAIG, avec Natan Eshel, ancien chef de cabinet et proche conseiller de Benyamin Netanyahu. Citant le quotidien israélien Haaretz, le média indique que cette société commercialise des outils de segmentation d’audience destinés aux campagnes politiques.

D’après les témoignages recueillis par Mediapart, plusieurs salariés, dont le délégué à la protection des données de France Télévisions, n’ont pas eu accès au contrat malgré leurs relances.

Le média rapporte également que le marché a été porté par la filiale de production du groupe, sans appel d’offres, celle-ci n’étant pas soumise au Code de la commande publique.

Sollicité par Mediapart, France Télévisions a indiqué que Terrific avait proposé un dispositif d’interactivité pour des émissions, notamment politiques. « Les tests menés par nos équipes éditoriales et techniques n’ont pas été concluants et ce projet n’a donc pas abouti », a déclaré le groupe public.

Selon Mediapart, France Télévisions a finalement confié le développement du dispositif à ses propres équipes techniques, quelques jours après avoir été informé de la publication prochaine de l’enquête.

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