- « À quel moment on est français tout court ? », interroge la députée Prisca Thévenot, alors que Jean-Michel Aphatie dénonce un « concept raciste ». Jean-Luc Mélenchon met en cause le traitement de l’entretien de l’ancien Premier ministre sur TF1

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France : polémique autour des propos d’Édouard Philippe sur les « Français issus de l’immigration »

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Les propos d’Édouard Philippe sur les « Français issus de l’immigration » suscitent une polémique politique et médiatique en France, la députée Prisca Thévenot contestant cette distinction entre citoyens français, tandis que le chroniqueur Jean-Michel Aphatie y voit une stigmatisation raciste.

« À quel moment on est français tout court ? », a interrogé Prisca Thévenot, invitée à réagir aux déclarations de l’ancien Premier ministre liant les violences à un échec de l’intégration.

Évoquant ses parents immigrés et ses enfants, petits-enfants d’immigrés, la députée a demandé : « À partir de quelle génération on arrête d’être considérés comme des immigrés ? »

Elle a jugé l’expression « Français issus de l’immigration » « parfaitement injuste ».

« On ne parle pas des étrangers en situation régulière dans le pays. On parle de Français, point », a-t-elle insisté.

- Thévenot conteste l’analyse de Philippe

Prisca Thévenot a estimé que les violences évoquées appelaient une réponse à la délinquance, plutôt qu’une lecture fondée sur les origines familiales de leurs auteurs.

« Demain, mes enfants, je ne l’espère pas pour eux, font n’importe quoi. Ça sera un problème d’intégration ? », a-t-elle interrogé, avant d’ajouter : « Je pense que ça sera un problème, très clairement, de violence, de délinquance. »

La députée a également évoqué plusieurs facteurs possibles, notamment la responsabilité parentale et les stupéfiants, tout en contestant l’utilité d’une approche centrée sur l’immigration pour des Français dont les familles sont installées dans le pays depuis plusieurs générations.

Elle a toutefois refusé de qualifier les propos d’Édouard Philippe de racistes ou de leur attribuer un présupposé raciste, évoquant plutôt une erreur d’analyse.

« C’est quelqu’un que j’ai soutenu politiquement, c’est quelqu’un que je continue à écouter politiquement », a-t-elle précisé, proposant un débat avec l’ancien Premier ministre.

« De mal regarder un sujet ne permet pas d’apporter des solutions correctes », a-t-elle déclaré.

- Aphatie dénonce une stigmatisation

Dans l’émission « Quotidien », Jean-Michel Aphatie a formulé une critique plus directe de l’expression, estimant qu’elle désignait, dans son usage politique, les Français d’origine maghrébine ou africaine.

Selon le chroniqueur, cette désignation maintient les personnes concernées dans un statut lié à l’immigration, parfois plusieurs générations après l’arrivée de leurs familles en France.

« C’est une stigmatisation. C’est un refus de reconnaître l’égalité entre les Français. C’est donc un concept, objectivement, c’est un concept raciste », a-t-il affirmé.

Il a également rejeté l’idée d’un échec général de l’intégration, rappelant la contribution de Français issus de l’immigration à la justice, à la police, à l’enseignement, à l’économie et à la culture.

« Dire que l’intégration, ça ne marche pas, c’est un mensonge », a-t-il déclaré.

- Mélenchon met en cause TF1, la chaîne se défend

La polémique s’est également étendue au traitement médiatique des déclarations d’Édouard Philippe.

Dimanche 1er novembre, Jean-Luc Mélenchon a accusé sur la plateforme sociale américaine X la présentatrice du journal de TF1, Anne-Claire Coudray, de reprendre à son compte les « calomnies racistes » de l’ancien Premier ministre et de l’avoir laissé développer un « discours dégoûtant » sans l’interrompre.

Le dirigeant de La France insoumise a annoncé qu’il ne participerait pas au journal de 20 heures de la chaîne le lendemain.

TF1, citée par les médias français, a contesté cette chronologie, que sa venue avait déjà été annulée ou reportée en fin de semaine, avant l’entretien d’Édouard Philippe. La chaîne a défendu le « professionnalisme » et la « rigueur » d’Anne-Claire Coudray, soulignant qu’elle avait interrogé son invité sur ses déclarations au Point.

Édouard Philippe a ensuite accusé Jean-Luc Mélenchon de présenter les auteurs de pillages et les « casseurs d’extrême gauche » comme des « modèles d’intégration » et des « victimes de la police ». Le dirigeant insoumis lui a répondu en dénonçant un « clientélisme racialiste ».

Après les violences du 17 octobre, Édouard Philippe avait affirmé dans un entretien au Point que la « surreprésentation de jeunes issus de l’immigration » parmi les auteurs de violences était « patente », y voyant le signe d’un échec de l’intégration depuis plusieurs décennies, selon Libération.

Interrogé le 1er novembre sur TF1, il avait réaffirmé cette analyse : « Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait de fait un certain nombre et un nombre important de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français, issus de l’immigration. »

Anadolu Ajansı / Ben Amed Azize Zougmore — Anadolu Ajansı

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