- Le ministre de l’Intérieur répond au Syndicat de la magistrature, qui dénonce un usage disproportionné de la force contre les lycéens mobilisés
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rejeté les accusations d’interventions policières brutales et disproportionnées dans le cadre du mouvement lycéen, réaffirmant son soutien aux forces de sécurité intérieure dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X.
Il réagissait à un article de franceinfo relayant l’appel du Syndicat de la magistrature à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire ».
« Les forces de l’ordre de la République ne répriment pas la jeunesse mais protègent et encadrent les élèves et étudiants qui veulent porter pacifiquement leurs revendications », a écrit le ministre.
Selon Nuñez, elles interviennent « avec fermeté et sans délai » pour mettre fin aux dégradations et aux violences commises par les fauteurs de troubles, dans le respect du principe de proportionnalité et sous le contrôle de leur hiérarchie et, le cas échéant, de la justice.
Le ministre a qualifié de « graves et sans fondement » les accusations d’interventions brutales et disproportionnées visant particulièrement « les jeunes racisés issus des quartiers populaires ».
Il a également remercié les forces de sécurité pour leur « engagement sans faille » durant les derniers jours de mobilisation et dénoncé une « communication accusatoire totalement déconnectée du monde réel ». « C’est très grave et très inquiétant », a-t-il ajouté.
– Le Syndicat de la magistrature appelle à la désescalade
Dans un communiqué publié le 2 octobre, le Syndicat de la magistrature a dénoncé la réponse du gouvernement à la mobilisation lycéenne, estimant que les modalités du maintien de l’ordre ne tenaient pas suffisamment compte de la vulnérabilité des mineurs.
L’organisation évoque notamment l’usage de gaz lacrymogènes, des interpellations brutales et le recours à des armes dites sublétales. Selon elle, les usages disproportionnés de la force touchent particulièrement les jeunes racisés des quartiers populaires.
Le syndicat affirme également que plusieurs saisines de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont eu lieu et déplore l’absence de stratégie d’apaisement. Il appelle à privilégier des méthodes de désescalade dans la gestion du mouvement lycéen.
Depuis plusieurs jours, les mobilisations lycéennes se poursuivent en France avec des images d’interventions policières alimentant les accusations de violences lors des rassemblements.
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