- En meeting à Clermont-Ferrand, le candidat LFI à la présidentielle a dénoncé la sélection dans l’enseignement et défendu l’annulation de la dette française détenue par la Banque centrale européenne

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France : Mélenchon défend le droit de vote à 16 ans sur fond de mobilisation lycéenne

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle, a défendu dimanche à Clermont-Ferrand l’instauration du droit de vote à 16 ans, alors que les mobilisations lycéennes se poursuivent en France.

« Il nous faut le droit de vote à 16 ans », a-t-il déclaré, estimant que cette mesure renforcerait « le devoir de respect à l’égard de la jeunesse ».

Le leader insoumis a consacré une partie de son intervention aux revendications des lycéens et des étudiants, dénonçant la concurrence entre établissements et élèves ainsi que la dégradation des conditions d’enseignement.

« Le savoir n’est pas une marchandise. Le jour où il le devient, nous entrons dans une société obscurantiste », a-t-il affirmé.

Il a également vivement critiqué Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, qu’il a qualifiée d’« école du vice ». Selon lui, le système pousse les candidats à multiplier les choix de formation sans nécessairement disposer d’un projet correspondant à chacun d’eux.

« Nous ne sommes pas pour la sélection. Nous sommes pour l’éducation. Nous sommes pour l’enseignement. Nous sommes pour l’acquisition des savoirs », a-t-il insisté, sans détailler à ce stade son programme éducatif.

– Annuler la dette détenue par la BCE

À l’approche du débat budgétaire à l’Assemblée nationale, Mélenchon a défendu sa proposition d’annuler la part de la dette française détenue par la Banque centrale européenne (BCE).

Il a présenté cette mesure comme un moyen de dégager des marges financières et affirmé qu’il chercherait, si nécessaire, d’autres sources de financement que les marchés financiers internationaux.

Le candidat a également attaqué les propositions budgétaires de Marine Le Pen, lui attribuant un objectif de déficit nul. Le plan présenté par la candidate du Rassemblement national prévoit toutefois un déficit inférieur à 3 % du produit intérieur brut en 2030, et non sa suppression. reuters.com

Mélenchon a par ailleurs dénoncé la pression des fonds spéculatifs sur la France et accusé Emmanuel Macron et ses prédécesseurs d’avoir aggravé l’endettement du pays.

– Une réponse au président du Medef

Le leader insoumis s’en est également pris au président du Medef, Patrick Martin, auquel il attribue l’intention de quitter la France en cas de victoire de LFI.

« Ce n’est pas ce que disent les petits patrons ! Ils n’ont pas la possibilité de s’en aller et ne le veulent pas ! », a-t-il lancé, accusant des « élites irresponsables » de trahir leur pays.

Il a promis de mieux représenter les petites entreprises et les acteurs de l’économie sociale et solidaire, et de leur permettre de bénéficier d’aides publiques s’ils s’inscrivent dans les objectifs de sa planification.

– Des « écorégions » et une souveraineté numérique

Sur le volet environnemental, Mélenchon a proposé de créer des « écorégions » chargées d’organiser notamment la gestion de l’eau, de l’air, de la fertilité des sols et des mobilités.

Il a également défendu une souveraineté française dans le numérique et l’intelligence artificielle, ainsi qu’un contrôle international de cette technologie.

Dénonçant ce qu’il considère comme une « colonisation numérique », il a critiqué la politique d’accueil des centres de données menée par Emmanuel Macron, mettant en cause leur consommation de ressources.

– Un appel au non-alignement

Sur le plan international, le candidat a réaffirmé son opposition à une implication de la France comme cobelligérante en Ukraine ou en Arabie saoudite.

« Nous sommes les partisans du non-alignement. Nous voulons décider par nous-mêmes de ce que nous faisons, comment nous le faisons, et sans aucun maître qui nous dit ce que nous devons faire », a-t-il déclaré.

Il a appelé à « la fin du carnage en Ukraine, la fin du génocide à Gaza, la fin du carnage partout où il a lieu », plaçant la recherche de la paix au cœur de son discours.

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