- Le président du Medef, Patrick Martin a appelé à « réaliser les économies qui s’imposent », notamment sur les régimes sociaux et les retraites, tout en plaidant pour une meilleure orientation des jeunes vers les métiers d’avenir
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, a appelé à une maîtrise accrue des dépenses publiques et à des mesures permettant de renforcer les perspectives professionnelles des jeunes, lors d’une interview accordée à LCI.
Interrogé sur l’éventualité de desserrer la contrainte budgétaire pour répondre à la colère exprimée dans la rue, alors que certains syndicats ont demandé jusqu’à 10 milliards d’euros, Patrick Martin a estimé que la situation financière de la France était arrivée « à l’os ». Il a ajouté que « les marchés nous le rappellent quotidiennement et dangereusement ».
Le président du Medef a toutefois précisé qu’il ne visait pas spécifiquement le gouvernement, mais « les politiques, d’une manière générale ». Selon lui, ceux-ci n’ont pas réalisé, ou pas suffisamment proposé, les économies nécessaires en perspective des budgets de 2027. Il a appelé à « réaliser les économies qui s’imposent », notamment « sur les régimes sociaux en particulier, sur les retraites prioritairement ».
- Des économies jugées nécessaires
Patrick Martin a ainsi rejeté l’idée selon laquelle davantage de dépenses publiques constitueraient la réponse principale à la situation. « À un moment donné, on ne peut pas vouloir tout et son contraire », a-t-il déclaré, avant d’insister sur « un principe de réalité ».
Il a également réagi aux critiques sur la situation politique et budgétaire française, après avoir été interrogé sur un article du Wall Street Journal décrivant la France comme l’un des « maillons les plus faibles d’Europe » et estimant que son système politique serait devenu trop difficile à réformer.
Patrick Martin a répondu qu’il ne pensait pas que la France soit « ingouvernable ». Il a néanmoins appelé les responsables politiques à faire preuve de « lucidité » et de « courage », estimant qu’ils devaient reconnaître la situation et prendre des mesures qui, bien que potentiellement douloureuses, constitueraient selon lui « les conditions du rebond ».
- L’emploi des jeunes au cœur des préoccupations
Sur un autre volet, le président du Medef a estimé que le système éducatif français était « de plus en plus déconnecté des réalités ». Il a notamment critiqué la focalisation sur Parcoursup, considérant que le principal enjeu résidait plutôt dans l’information donnée aux jeunes sur les évolutions du marché du travail.
« Le vrai problème, c’est qu’on ne dit pas suffisamment à nos jeunes quels sont les métiers d’avenir, quels sont à contrario les métiers qui sont menacés », a-t-il déclaré, appelant également à mieux les orienter vers les formations correspondantes.
Il a estimé que les entreprises étaient prêtes à contribuer à cette évolution et qu’il fallait redonner aux jeunes « au-delà d’une perspective, un espoir ».
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