- Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale et aux membres du gouvernement concernés, Lecornu annonce des mesures sur le remplacement des enseignants, l’état des établissements, les conditions de vie au lycée

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France : le gouvernement lance cinq chantiers pour répondre aux difficultés dans les lycées

AA / Istanbul / Sanaa Amir

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a demandé dimanche au ministre de l’Éducation nationale et aux membres de son gouvernement de lancer cinq chantiers destinés à répondre aux difficultés rencontrées par les lycéens et les personnels éducatifs, alors que les mobilisations se poursuivent dans plusieurs établissements du pays.

Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale et aux autres membres du gouvernement concernés, Lecornu a annoncé une série de mesures portant notamment sur le remplacement des enseignants absents, l’état des établissements scolaires, les conditions de vie au lycée, l’orientation et la prise en compte de la parole des lycéens.

« Je vous demande d'engager, sous la coordination du ministre de l'Education nationale, cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels », écrit le Premier ministre.

Il souligne que les remontées des conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL) font apparaître des situations très différentes selon les territoires, notamment des « cours non-assurés », des « locaux dégradés », de « longues journées » et une « angoisse de l'orientation ».

Lecornu estime également que le sentiment de ne pas être entendu dépasse le cadre scolaire. « Nous demandons aux lycéens de travailler et de préparer leur avenir ; ils doivent pouvoir compter sur nous pour leur en donner les moyens », écrit-il.

- Reprise des cours à partir de lundi

Le Premier ministre demande que les cours reprennent à partir de lundi 5 octobre partout où « la sécurité et l'état des locaux le permettent », avec une reprise pouvant être progressive et prioritairement destinée aux classes à examen, notamment les terminales.

Les chefs d’établissement devront définir les modalités de reprise avec les équipes pédagogiques et organiser les échanges avec les élèves, notamment dans les établissements ayant été touchés par des violences ou des destructions.

Lecornu demande également aux recteurs et aux préfets de soutenir les chefs d’établissement et de veiller à ce que chaque lycée où les cours en présentiel sont suspendus dispose d’une perspective de reprise.

Le soutien psychologique, administratif et juridique destiné aux personnels affectés devra par ailleurs être prolongé « autant que nécessaire ».

- Cinq chantiers annoncés

Le premier chantier concerne le remplacement des enseignants absents. Le gouvernement devra donner la priorité au remplacement des absences longues et des postes non pourvus, notamment dans les classes à examen, les spécialités et les filières professionnelles.

Des modalités de rattrapage des cours manqués sur une longue période devront également être mises en place. Un premier bilan est attendu pour le 16 octobre.

Le deuxième chantier porte sur les conditions matérielles d’enseignement. Une réunion avec les présidents des conseils régionaux est prévue mardi 6 octobre afin d’identifier les urgences concernant notamment les salles de classe, les sanitaires, le chauffage, la restauration et les internats.

Le gouvernement devra également proposer aux régions, avant la fin octobre, des mesures d’adaptation des établissements aux fortes chaleurs, notamment en matière de protection solaire, d’isolation, de ventilation et de végétalisation.

Le troisième chantier vise à améliorer les journées passées au lycée. Les autorités devront examiner les emplois du temps, la répartition des évaluations, les conditions de travail personnel ainsi que les difficultés liées aux transports.

Le gouvernement souhaite également faciliter l’accès des lycéens au sport, à la culture et aux espaces de vie collective, tout en renforçant l’accès à des infirmiers, psychologues et accompagnements sociaux dans les territoires où ces services sont les moins accessibles.

Le quatrième chantier concerne l’orientation et notamment Parcoursup. Les ministres chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur devront proposer, avant la fin octobre, des améliorations pour la campagne 2027 afin de rendre les critères de sélection plus compréhensibles pour les candidats et leurs familles.

Enfin, le cinquième chantier porte sur la participation des lycéens aux décisions concernant leur établissement. Les conseils de la vie lycéenne devront être davantage consultés et chaque proposition devra recevoir une réponse motivée, avec une échéance lorsqu’elle est retenue.

- Le gouvernement veut aussi répondre aux inquiétudes sur 2027

Lecornu évoque également les inquiétudes exprimées par certains lycéens face à l’élection présidentielle de 2027.

« Certains lycéens ont le sentiment que quelque chose d'important et de grave se joue pour leur avenir, alors qu'ils ne pourront pas encore voter », écrit-il, tout en rappelant la nécessité de préserver « la neutralité du service public de l'éducation ».

Il appelle ainsi à offrir aux lycéens des occasions de « comprendre les débats publics, de s'exprimer et d'agir », dans le respect du pluralisme, de la laïcité et du bon fonctionnement des enseignements.

La consultation lancée en ligne lundi 5 octobre, ainsi que les échanges organisés dans les établissements et les académies jusqu’au 16 octobre, doivent alimenter les cinq chantiers.

Le Premier ministre demande que les premières décisions, accompagnées de leur coût, de leur financement et de leur calendrier, lui soient présentées avant la fin octobre.

Par ailleurs, Lecornu annonce que le gouvernement accélérera, avec le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux, l’examen du projet de loi « casseur-payeur », destiné à faire davantage supporter aux auteurs de dégradations le coût des dommages causés.

« Le contribuable n'a pas à supporter cela », affirme-t-il, dans un contexte qu’il qualifie de difficile pour les finances publiques.

Le Premier ministre rappelle enfin que le projet de budget pour 2027 prévoit de porter les crédits de l’Éducation nationale à 64 milliards d’euros, contre 48,8 milliards en 2017, hors pensions, soit une hausse de 1,2 milliard d’euros par rapport à 2026 à périmètre constant.

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