- La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, réclame une hausse du Smic et l’indexation des salaires sur l’inflation, dénonçant une revalorisation envisagée de 0,5 à 0,6 %, jugée insuffisante face à la hausse du coût de la vie
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé jeudi 5 novembre le gouvernement français à engager une revalorisation significative du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) et à répondre aux revendications salariales des syndicats, alors qu'une journée nationale de grève et de manifestations est organisée dans le pays.
La responsable syndicale a rejeté l'hypothèse d'une augmentation limitée à 0,5 ou 0,6 % du Smic, estimant qu'une telle mesure ne permettrait pas de répondre à la hausse du coût de la vie, lors de son intervention sur LCI.
« Plus 0,5 % ou plus 0,6 %, on n'est pas là pour une opération pièces jaunes », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette augmentation serait insuffisante face à « l'explosion du coût de la vie ».
La CGT réclame notamment une hausse de 10 % du Smic ainsi que l'indexation de l'ensemble des salaires sur les prix. Sophie Binet a également demandé l'ouverture immédiate de négociations salariales dans toutes les entreprises et les branches professionnelles.
« La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis 10 ans. Nous sommes maintenant un pays de bas salaires », a-t-elle affirmé.
Sophie Binet a estimé que la mobilisation pourrait dépasser ces prévisions, affirmant que les remontées syndicales faisaient déjà état de nombreux mouvements de grève.
Elle a notamment cité le secteur de l'industrie du verre, dont elle a annoncé l'arrêt de l'activité dans plusieurs entreprises.
La responsable syndicale a également affirmé que l'annonce de la grève avait déjà permis d'obtenir l'ouverture de négociations salariales dans ce secteur, après plusieurs mois de refus patronal.
« La grève, c'est payant et rentable », a-t-elle déclaré, appelant les salariés à se mobiliser pour obtenir des augmentations de rémunération dans les entreprises et les branches professionnelles.
Sophie Binet a appelé les travailleurs à organiser des assemblées générales afin de définir leurs revendications et de décider des modalités de leur mobilisation.
La secrétaire générale de la CGT a également annoncé une nouvelle réunion de l'intersyndicale à l'issue de la journée du 5 novembre.
« Si le gouvernement ne répond pas à nos revendications, il y aura des suites », a-t-elle déclaré, estimant que les différentes mesures prises jusqu'à présent pour mettre fin à la mobilisation n'avaient pas produit les résultats attendus.
Elle a appelé l'exécutif à répondre rapidement aux demandes portant sur les salaires, le pouvoir d'achat et les moyens consacrés aux services publics.
Au cours de ses interventions médiatiques, la responsable syndicale a également critiqué la gestion des manifestations par les forces de l'ordre au cours des six dernières semaines.
Sophie Binet a notamment évoqué des blessures graves subies par des manifestants, y compris des enfants, et appelé à revoir la stratégie française de maintien de l'ordre, la formation des policiers ainsi que leurs équipements.
Elle a également affirmé que 14 cortèges de manifestations avaient été attaqués par des groupuscules d'extrême droite les 24 et 31 octobre, reprochant au gouvernement de ne pas avoir suffisamment réagi à ces faits.
L’intersyndicale doit se réunir à l’issue de la mobilisation du 5 novembre afin d’examiner les suites du mouvement.
Anadolu Ajansı / Ayşe Başhoruz — Anadolu Ajansı
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