- Le chef de la diplomatie française a dénoncé les ingérences étrangères et la désinformation, accusant notamment la Russie, lors d’un discours au Forum de l’OCDE consacré au renforcement de la démocratie

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France : Jean-Noël Barrot dénonce les ingérences étrangères visant à déstabiliser les démocraties

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé mardi les ingérences étrangères et les campagnes de manipulation de l’information visant les démocraties, lors d’un discours prononcé au Forum de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) consacré au renforcement de la démocratie.

« Nous ne tolérerons aucune ingérence étrangère », a affirmé le chef de la diplomatie française, assurant que Paris entend dénoncer et combattre ces pratiques, qu’elles proviennent de pays concurrents ou partenaires.

Selon le ministre, les régimes autoritaires multiplient les opérations de déstabilisation contre les démocraties, notamment à travers la désinformation, les tentatives de manipulation électorale et l’exploitation des réseaux sociaux.

Barrot a particulièrement mis en cause la Russie, accusant Moscou de chercher à affaiblir les institutions démocratiques européennes et à influencer les débats politiques nationaux.

Évoquant les interventions militaires russes en Géorgie et en Ukraine, il a estimé que le Kremlin cherchait notamment à empêcher la diffusion des aspirations démocratiques dans son voisinage.

Le ministre a également accusé la Russie d'avoir tenté d'interférer dans les processus électoraux en Allemagne, en Roumanie et en Moldavie.

- La France dénonce plusieurs opérations d'ingérence

À l'approche de l'élection présidentielle française de 2027, Jean-Noël Barrot a averti que les tentatives de déstabilisation pourraient s'intensifier, notamment autour des questions migratoires, de la laïcité et du conflit israélo-palestinien.

Il a notamment évoqué une opération attribuée à une entreprise israélienne, accusée d'avoir créé de faux comptes français sur les réseaux sociaux afin de susciter artificiellement des débats autour de la question palestinienne.

Le ministre a également mis en cause un groupe azerbaïdjanais, auquel il a attribué l'organisation d'initiatives en Nouvelle-Calédonie destinées à encourager la contestation et à diffuser des projets constitutionnels controversés.

Barrot a par ailleurs dénoncé des campagnes de harcèlement en ligne qu'il a attribuées à Elon Musk, accusant le propriétaire du réseau social X de chercher à influencer les débats politiques européens.

Selon lui, ces différentes opérations participent d'une stratégie visant à accentuer les divisions internes et à fragiliser la confiance des citoyens dans leurs institutions.

- Paris entend renforcer sa riposte informationnelle

Le chef de la diplomatie française a réaffirmé la volonté de Paris de renforcer ses capacités de détection, d'attribution et de réponse face aux opérations de manipulation de l'information.

Il a notamment mis en avant Viginum, le service français chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, créé il y a cinq ans à l'initiative du président de la République.

Le ministre a également souligné le rôle du dispositif French Response, destiné à répondre publiquement aux campagnes hostiles et à exposer les méthodes employées par leurs auteurs.

Selon Barrot, l'objectif est d'augmenter le coût de ces opérations pour leurs commanditaires et de dissuader de nouvelles tentatives d'ingérence.

Il a précisé que le ministère français des Affaires étrangères dispose désormais d'un dispositif mobilisant quelque 400 agents au sein du réseau diplomatique, chargés de contribuer à la veille informationnelle, à la détection des campagnes hostiles et à la riposte.

- Un appel à la mobilisation des médias et de la société civile

Jean-Noël Barrot a également insisté sur le rôle essentiel des médias indépendants, des chercheurs et des organisations de la société civile dans la lutte contre la désinformation.

Il a rappelé que Canal France International (CFI), opérateur relevant de son ministère, contribue chaque année à la formation de milliers de journalistes afin de soutenir l'exercice indépendant de leur profession.

Estimant que la résilience démocratique ne pouvait reposer sur la seule action de l'État, le ministre a appelé à une mobilisation collective pour préserver la qualité du débat public et la confiance dans les institutions.

Il a enfin salué le travail de l'OCDE dans la production de données comparatives et l'élaboration de politiques publiques favorisant la prospérité et la démocratie, réaffirmant le soutien de la France à cette mission.

De son côté, Moscou rejette régulièrement les accusations d’ingérence dans les processus électoraux étrangers. Les autorités russes affirment ne pas intervenir dans les affaires intérieures d’autres États et dénoncent des accusations qu’elles jugent infondées.

Aucune réaction officielle russe aux déclarations de Jean-Noël Barrot prononcées mardi devant l’OCDE n’a, à ce stade, été confirmée.

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