-Le ministre de l’Intérieur reconnaît avoir mal anticipé la simultanéité des troubles, tout en défendant les renseignements et sa décision de ne pas rappeler les policiers en congé

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France : des risques identifiés, un dispositif débordé, Nuñez s’explique sur le 17 octobre

Paris (AA)

Les risques étaient identifiés, mais leur simultanéité a été mal anticipée : le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu mardi une défaillance dans la préparation du dispositif policier du 17 octobre, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

« J’assume ce mot d’un manque d’anticipation, un manque d’anticipation qui est d’abord le mien », a-t-il déclaré sous serment. Les phénomènes signalés par les renseignements se sont produits simultanément, « de manière à faire éclater le dispositif policier », a-t-il expliqué.

Le ministre a reconnu un « échec », la protection de commerces et de bâtiments publics n’ayant pu être assurée, tout en précisant que ce bilan « ne présume pas en soi une faute des services de l’État ». Il a rappelé avoir proposé sa démission au président de la République dès le lendemain.

-Des alertes sur l’ensemble des risques

Selon Laurent Nuñez, les renseignements avaient signalé des risques d’affrontements, de pillages, d’attaques de bâtiments publics et de cortèges non déclarés visant les lieux de pouvoir. Des notes lui avaient notamment été transmises les 15 et 16 octobre.

À Paris, les forces de l’ordre ont dû gérer simultanément un cortège de 110 000 personnes, des groupes de « militants radicalisés » restant place de la République, des cortèges non déclarés et l’arrivée de « casseurs-pilleurs », a-t-il détaillé.

Environ 300 000 manifestants étaient attendus en France, contre 560 000 recensés. Mais le problème tenait surtout, selon lui, au nombre supérieur aux prévisions de personnes venues commettre des violences et à leurs modes d’action.

Distinguant les manifestants des auteurs de violences, le ministre a attribué à la mouvance d’ultragauche et d’extrême gauche radicale une responsabilité « première et principale » dans les débordements. Il a également évoqué le rôle des réseaux sociaux dans la coordination des groupes.

-Un dispositif renforcé et reconduit

Laurent Nuñez a assumé de ne pas avoir rappelé les policiers et gendarmes en congé le 17 octobre, invoquant leur fatigue après plusieurs semaines de mobilisation autour du mouvement lycéen. Selon lui, 70 des 75 unités de forces mobiles disponibles avaient été affectées à cette journée.

Pour les mobilisations des 24 et 31 octobre, des rappels sur congé, un repositionnement des forces et davantage de contrôles et de fouilles en amont ont été organisés. Des restrictions partielles de manifestations et des modifications de parcours ont également été mises en œuvre.

Le ministre a fait état de la mobilisation des 25 blindés Centaure et des quinze engins lanceurs d’eau disponibles, ainsi que du renforcement de Pharos pour détecter et demander le retrait de contenus appelant à des actions insurrectionnelles. Ce dispositif doit être reconduit dès le 5 novembre.

Interrogé sur les blessures graves de manifestants et de lycéens, il a déclaré les « regretter », tout en défendant l’emploi des armes de force intermédiaire lorsque, selon lui, les conditions étaient réunies.

La commission, qui entamait ses travaux, doit examiner la préparation des pouvoirs publics, les éventuels dysfonctionnements du maintien de l’ordre et l’adéquation de la réponse pénale.

Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı

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