- Le chef de la diplomatie française a souligné devant l’Assemblée nationale qu’aucune élection n’était jouée d’avance, appelant à ne jamais préjuger du choix souverain des électeurs

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France : Barrot estime que les élections en Serbie et au Brésil montrent que "la démocratie n’a pas dit son dernier mot"

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé mardi que les élections organisées dimanche en Serbie et au Brésil démontraient que « la démocratie n’a pas dit son dernier mot », insistant sur le caractère imprévisible des scrutins et la nécessité de respecter la souveraineté populaire.

Il s’exprimait lors de la séance des questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale, en réponse au député Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères et membre du groupe Les Démocrates, qui l’interrogeait sur la stratégie de la France face à la montée des mouvements illibéraux et autoritaires dans le monde.

Évoquant la victoire du mouvement étudiant en Serbie et celle du président Luiz Inácio Lula da Silva au Brésil, Bruno Fuchs a estimé que ces résultats illustraient la résistance des citoyens, notamment des jeunes générations, face aux atteintes aux libertés publiques et à l’État de droit.

Le député a demandé au Gouvernement quelle stratégie il entendait mener avec ses partenaires européens pour défendre l’ordre international issu de 1945, renforcer le multilatéralisme et soutenir les peuples engagés dans la défense de leurs libertés.

En réponse, Jean-Noël Barrot a salué les résultats des deux scrutins, estimant qu’ils constituaient un démenti aux discours annonçant le déclin des démocraties.

« À tous ceux qui prédisent son déclin, qui nous annoncent la fin de l’héritage des Lumières, qui voudraient nous faire croire au caractère inéluctable des solutions réactionnaires et autoritaires, les électeurs serbes et brésiliens ont apporté un démenti cinglant », a-t-il déclaré.

Le ministre a notamment salué la mobilisation de la jeunesse serbe, engagée depuis deux ans dans un mouvement de contestation en faveur de l’État de droit.

« De toutes les armes du monde, c’est le bulletin de vote qui est la plus puissante », a-t-il affirmé, avant de souligner que le peuple brésilien avait fait vivre le pluralisme démocratique en déjouant les pronostics.

Barrot a également assuré que la France entendait renforcer ses relations avec les deux pays, notamment pour défendre leur souveraineté et l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale.

Le chef de la diplomatie française a toutefois consacré la conclusion de son intervention à une mise en garde sur les pronostics électoraux.

« Une élection n’est jamais jouée d’avance. Ne jamais décider à la place du peuple, ne jamais préempter son choix souverain », a-t-il insisté.

« Quoi qu’en disent les sondages et si forts soient les vents contraires, une élection n’est ni gagnée ni perdue jusqu’à l’ouverture des urnes », a-t-il poursuivi.

« Voilà une leçon qu’à mon avis certains d’entre nous feraient bien de méditer », a conclu le ministre.

En Serbie, la liste soutenue par le mouvement étudiant a remporté 52,71 % des suffrages et obtenu 140 sièges au Parlement, selon les résultats préliminaires communiqués lundi par la commission électorale. Cette victoire intervient après près de deux années de mobilisation contre la corruption et le pouvoir d’Aleksandar Vučić, déclenchées par l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui avait fait 16 morts.

Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu dimanche pour un quatrième mandat avec 51,79 % des suffrages exprimés, contre 48,21 % pour son adversaire Flávio Bolsonaro, selon les résultats officiels. Le scrutin a été marqué par une mobilisation importante des électeurs et une compétition serrée entre les deux candidats.

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