Des manifestants et responsables de la transition rejettent les appels du Parlement européen à la libération de l’ancien président.

Des protestations au Niger contre une résolution européenne sur Mohamed Bazoum

Des mobilisations ont été enregistrées samedi dans plusieurs villes du Niger, notamment à Niamey, pour dénoncer une résolution du Parlement européen réclamant la libération « immédiate et sans condition » de l’ancien président Mohamed Bazoum.

Dans la capitale, plus d’un millier de personnes se sont réunies à la Place de la Concertation, près du siège du parlement, à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile.

Des représentants du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), l’autorité militaire qui dirige le pays depuis le renversement du pouvoir en juillet 2023, étaient présents, aux côtés de membres du gouvernement de transition, du parlement transitoire et du Conseil consultatif de la refondation.

Au cours de la manifestation, plusieurs intervenants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une ingérence extérieure dans les affaires du Niger. Abdourahamane Oumarou, président du mouvement Urgences panafricaines, a estimé que la résolution adoptée par les eurodéputés reflétait une attitude « paternaliste » envers les pays africains.

Le gouverneur de la région de Niamey, le général Ousmane Abdou Harouna, a pour sa part affirmé que l’Union européenne semblait ignorer les changements politiques intervenus au Niger depuis le coup d’État de 2023.

De son côté, le président du parlement de transition, Mamoudou Harouna Djingarey, a insisté sur le fait qu’aucun acteur extérieur ne pouvait dicter sa conduite au Niger.

Dans une déclaration à Anadolu, l’activiste Inoussa Moussa a accusé la France d’essayer de regagner son influence dans la région du Sahel et de préserver ses intérêts économiques, notamment dans le secteur minier. Il a également souligné que le Niger et les autres pays de l’Alliance des États du Sahel avaient choisi librement de reprendre le contrôle de leur avenir politique.

Adoptée le 12 mars 2026 à Strasbourg, la résolution du Parlement européen condamne la détention jugée arbitraire de Mohamed Bazoum et de son épouse Khadidja, et appelle à leur libération ainsi qu’à celle d’autres personnes arrêtées après la prise de pouvoir des militaires.

Mohamed Bazoum, élu en 2021, reste détenu au palais présidentiel depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, aux côtés de son épouse.

 

Source: Newstimehub

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