Connue sous le nom de COP31, la conférence, qui se tiendra du 9 au 20 novembre

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COP31 en Türkiye : ce qu’il faut savoir sur ce sommet crucial pour le climat

ISTANBUL (AA)

Après une année marquée par des inondations dévastatrices, des vagues de chaleur meurtrières et des sécheresses prolongées, les gouvernements se réuniront la semaine prochaine à Antalya, ville située sur la côte méditerranéenne de la Türkiye, à l’occasion de la conférence annuelle des Nations unies sur le climat.

Connue sous le nom de COP31, la conférence, qui se tiendra du 9 au 20 novembre, réunira des dirigeants mondiaux, des négociateurs, des experts du climat, des scientifiques, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile afin de discuter des moyens de réduire les émissions, de financer la transition vers les énergies propres et de protéger les populations contre l’aggravation des effets du changement climatique.

La Türkiye accueillera la conférence et en assurera la présidence. Le ministre turc de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique, Murat Kurum, a été désigné président de la COP31.

Le ministre australien du Changement climatique et de l’Énergie, Chris Bowen, conduira les négociations.

Un sommet des dirigeants mondiaux est prévu les 11 et 12 novembre.

Selon Murat Kurum, 91 chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur participation. Des représentants de 196 pays et près de 300 ministres sont également attendus.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et le Premier ministre britannique Andy Burnham figurent parmi les dirigeants attendus.

Voici ce qu’il faut savoir sur cette conférence.

- Qu’est-ce que la COP31 et pourquoi est-elle importante ?

La première conférence des Nations unies sur le climat (COP) s’est tenue à Berlin en 1995. Plus de trois décennies plus tard, les gouvernements se retrouveront à Antalya pour la 31e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Ces réunions annuelles constituent un cadre de négociation sur la réduction des émissions, les mesures d’adaptation ainsi que les soutiens financiers et techniques nécessaires à leur mise en œuvre.

Leur résultat le plus important à ce jour reste l’Accord de Paris, adopté en 2015, par lequel les pays se sont engagés à maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts visant à le limiter à 1,5 °C.

Toutefois, un écart considérable subsiste entre cet objectif et les engagements actuels.

Une évaluation publiée le 27 octobre par l’ONU Climat a révélé que les engagements actuels devraient permettre de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’environ 6 % d’ici à 2035, par rapport aux niveaux de 2019.

La mise en œuvre intégrale de l’ensemble des engagements actuels pourrait porter cette réduction à environ 9 %.

« Les progrès collectifs restent clairement insuffisants », a déclaré Simon Stiell, secrétaire exécutif de l’ONU Climat, dans le communiqué accompagnant cette évaluation.

De son côté, le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur l’écart entre les émissions et les objectifs climatiques prévoit une hausse des températures mondiales d’environ 2,6 °C au cours de ce siècle, même si les engagements climatiques nationaux sont pleinement respectés.

Le scénario prévoyant le dépassement temporaire le plus limité du seuil de 1,5 °C nécessite une réduction des émissions mondiales de 18 % d’ici à 2030 et de 45 % d’ici à 2035, par rapport aux niveaux de 2025.

Il repose également sur une augmentation de l’élimination du dioxyde de carbone afin de ramener le réchauffement à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle.

- Quelles sont les principales priorités ?

Le programme d’action de la présidence turque s’articule autour de dix thèmes : la transition vers les énergies propres et l’électrification, le zéro déchet et la réduction des émissions de méthane, les villes résilientes face au changement climatique, l’industrialisation verte, la jeunesse et l’éducation, la sécurité alimentaire, les océans et les mers, des systèmes de santé dynamiques et résilients, les synergies de Rio et le « Climate Implementation Bridge » (Pont pour la mise en œuvre de l’action climatique).

Le financement, les technologies et le renforcement des capacités constituent des axes transversaux à l’ensemble de ces thèmes.

Ce programme sera mené parallèlement aux négociations officielles, avec pour objectif de mobiliser des partenariats volontaires, des investissements et des solutions concrètes.

Parmi les objectifs proposés pour 2035 figurent le relèvement à 35 % de la part de l’électricité dans la consommation finale mondiale d’énergie, la réduction d’au moins 25 % de l’intensité énergétique des bâtiments et l’augmentation à au moins 15 % du taux mondial d’utilisation circulaire des matières.

En matière de gestion des déchets, l’objectif est de réduire de moitié l’augmentation prévue de la production annuelle de déchets solides municipaux d’ici à 2035.

Les autres priorités comprennent la généralisation de l’éducation au climat, le renforcement de la résilience de l’agriculture et des systèmes de santé ainsi que la protection des écosystèmes marins.

Le thème des synergies de Rio vise à renforcer la coopération dans les domaines du changement climatique, de la biodiversité et de la dégradation des terres. Le « Climate Implementation Bridge » a, quant à lui, pour objectif d’aider les pays à élaborer des projets susceptibles d’attirer des financements.

- Quels sont les principaux défis auxquels les négociateurs sont confrontés ?

Les négociateurs devront notamment surmonter les désaccords concernant les responsabilités en matière de financement de l’action climatique, les moyens de sortir de la dépendance aux combustibles fossiles et la transformation des engagements nationaux en projets concrets.

Les pays en développement ont besoin de financements à la fois pour réduire leurs émissions et pour se préparer à l’aggravation des effets du changement climatique.

Selon le rapport 2026 du PNUE sur les besoins en matière d’adaptation, publié le 4 novembre, les besoins de financement des pays en développement dans ce domaine devraient atteindre environ 305 milliards de dollars par an d’ici à 2035.

Pourtant, les financements publics internationaux consacrés à l’adaptation et fournis par les pays développés se situaient entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars en 2024. Ces fonds sont notamment nécessaires pour financer des mesures telles que les systèmes de protection contre les inondations, l’approvisionnement fiable en eau et les dispositifs d’alerte précoce.

Même la mise en œuvre de l’appel lancé lors de la COP30 en faveur d’un triplement des financements consacrés à l’adaptation d’ici à 2035 ne couvrirait que 20 à 29 % des besoins estimés, après ajustement en fonction de l’inflation, selon le PNUE.

« Le monde n’est pas prêt à s’adapter aux conditions climatiques actuelles, encore moins à ce qu’entraînerait un dépassement du seuil de 1,5 °C », a averti Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Concernant les combustibles fossiles, les pays ne sont toujours pas parvenus à s’accorder sur une feuille de route commune pour organiser leur abandon progressif.

Le Brésil a présenté ses propres propositions le 3 novembre. Celles-ci constituent toutefois des contributions volontaires de la présidence et non des engagements négociés contraignant les pays à suivre un plan commun.

- Quels résultats ont été obtenus lors des précédents sommets ?

Les précédentes conférences des Nations unies sur le climat ont permis de fixer des objectifs de réduction des émissions, de prendre des engagements financiers et de mettre en place des mécanismes de soutien aux pays vulnérables, même si leur mise en œuvre reste inégale.

Le protocole de Kyoto, adopté lors de la COP3 au Japon en 1997, a fixé des objectifs contraignants de réduction des émissions pour les économies industrialisées. Les États-Unis n’ont toutefois jamais ratifié ce traité.

L’Accord de Paris, adopté lors de la COP21 en 2015, a instauré un cadre commun associant les pays développés et les pays en développement, avec pour objectif de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C. Les pays ont convenu de soumettre tous les cinq ans des plans climatiques nationaux successifs.

La question du financement a pris une importance accrue lors de la COP27, organisée en Égypte en 2022, au cours de laquelle les pays ont convenu de créer un fonds destiné à aider les pays en développement particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique à faire face aux pertes et préjudices.

Lors de la COP28, organisée à Dubaï en 2023, les pays ont appelé à « une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques », parallèlement à un triplement des capacités mondiales en matière d’énergies renouvelables d’ici à 2030.

À l’occasion de la COP29, organisée à Bakou en 2024, les pays ont fixé l’objectif de mobiliser au moins 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 en faveur des pays en développement, les pays développés devant jouer un rôle moteur. Les pays en développement ont toutefois jugé ce montant insuffisant.

La COP30, organisée à Belém, au Brésil, en 2025, a adopté 59 indicateurs d’adaptation et appelé à au moins tripler les financements consacrés à l’adaptation d’ici à 2035.

Les pays ne sont toutefois pas parvenus à s’entendre sur une feuille de route pour la sortie des combustibles fossiles, laissant cette question majeure en suspens à l’approche de la conférence d’Antalya.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

Anadolu Ajansı / Necva Taştan Sevinç — Anadolu Ajansı

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