- « Poutine écoutera l’Amérique si celle-ci accroît réellement la pression sur lui et lui fait clairement comprendre une chose : soit il choisit la paix, soit il ne reçoit plus d’argent pour financer sa guerre », déclare le président ukrainien
ISTANBUL (AA)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté vendredi l’Union européenne (UE) à ne pas assouplir les sanctions contre la Russie, soulignant la nécessité d’un 22e train de sanctions « fort » de la part de l’Union, qui compte 27 États membres.
S’exprimant lors de la deuxième journée du sommet des dirigeants de l’UE à Bruxelles, Zelensky a accusé son homologue russe, Vladimir Poutine, de chercher à « faire traîner » la guerre en Ukraine jusqu’à l’année prochaine, affirmant que l’Europe devait s’y préparer.
« Je vous exhorte à ne pas assouplir les sanctions contre la Russie ni contre quiconque lui est lié. Poutine utilise toutes les astuces possibles pour obtenir de l’argent afin de fabriquer davantage d’armes », a déclaré Zelensky, soulignant que l’Ukraine avait averti qu’un assouplissement des sanctions permettrait à d’autres acteurs d’en tirer profit.
Le dirigeant ukrainien a estimé que l’accord sur le diesel entre les États-Unis et la Russie ne suffirait jamais à compenser les conséquences de la situation dans le détroit d’Ormuz sur les marchés mondiaux. Il a ajouté qu’il ne ferait que « mettre davantage d’argent directement dans la poche de Poutine pour financer cette guerre ».
Il a souligné la nécessité d’un 22e train de sanctions européennes rigoureux, appelant notamment à imposer des sanctions à toutes les personnes impliquées dans la production de missiles balistiques russes, de systèmes de communication avancés et de drones.
Zelensky a déclaré que le coût financier du conflit en cours pour l’Ukraine atteindrait 155 milliards d’euros l’année prochaine et que le pays avait besoin d’au moins 70 milliards d’euros supplémentaires pour ses dépenses, notamment en matière d’acquisitions de défense.
Il a insisté sur la nécessité de traiter la question des avoirs russes gelés et a appelé les dirigeants européens à saisir toutes les occasions de renforcer la défense aérienne. Il a notamment souligné la nécessité d’un dispositif hivernal comprenant 300 intercepteurs Patriot contre les missiles balistiques russes.
« Nous sommes reconnaissants que l’UE avance vers nous. Quatre groupes de négociation en vue de l’adhésion à l’UE ont déjà été ouverts cette année. Nous devons ouvrir les deux derniers d’ici la fin de l’année. Nous sommes prêts », a déclaré Zelensky, appelant l’Union à maintenir les processus d’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie liés l’un à l’autre.
Décrivant l’unité européenne comme une cible pour la Russie, Zelensky a affirmé qu’en dépit des désaccords et des différences entre les États, tous recherchaient un système de sécurité en Europe qui « fonctionne réellement et puisse faire face aux menaces actuelles ».
« Ainsi, en travaillant aujourd’hui à mettre enfin un terme à Poutine et à sa guerre, nous ne le faisons pas uniquement pour l’Ukraine. Nous œuvrons à des garanties de sécurité pour toute l’Europe, afin que cette guerre ne soit pas transmise à nos enfants », a-t-il déclaré.
Il a exprimé sa gratitude envers ceux qui soutiennent l’Ukraine ainsi qu’envers ceux qui s’efforcent de maintenir l’unité entre l’Europe et les États-Unis.
« Poutine écoutera l’Amérique si celle-ci accroît réellement la pression sur lui et lui fait clairement comprendre une chose : soit il choisit la paix, soit il ne reçoit plus d’argent pour financer sa guerre », a-t-il déclaré.
Zelensky est arrivé à Bruxelles jeudi pour participer au sommet du Conseil européen et tenir plusieurs entretiens en marge de l’événement.
Vendredi, il a rencontré les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, ainsi que les Premiers ministres hongrois, finlandais et suédois.
Jeudi, il s’était entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, le roi des Belges Philippe, ainsi qu’avec les Premiers ministres de la Belgique, du Danemark et de la Pologne.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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