- Ursula von der Leyen appelle à remplacer les combustibles fossiles importés par l’électricité, le nucléaire et les énergies renouvelables
BRUXELLES (AA)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré vendredi ses appels à changer la manière dont l’Europe consomme l’énergie, avertissant que la dépendance du bloc aux combustibles fossiles importés avait accru ses coûts de 106 milliards d’euros (119 milliards de dollars), sans lui fournir d’énergie supplémentaire.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet des dirigeants de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, von der Leyen a déclaré que la dépendance de l’Europe au pétrole et au gaz importés continuait d’exposer son économie à des évolutions géopolitiques échappant à son contrôle.
Elle a indiqué que les prix du gaz avaient augmenté d’environ 140 % depuis la fin du mois de février, tandis que ceux du diesel avaient doublé, soulignant les conséquences économiques de la crise énergétique en cours.
« Nous devons également changer notre manière de consommer l’énergie », a déclaré von der Leyen, appelant à remplacer les combustibles fossiles étrangers par de l’électricité produite en Europe.
Elle a souligné que l’Europe devait rester engagée dans sa transition énergétique, en privilégiant des sources d’énergie abordables, propres et produites sur son territoire, notamment l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a également souligné les conséquences des prix élevés et volatils de l’énergie pour les ménages et les entreprises, qualifiant les coûts énergétiques de composante essentielle de la compétitivité européenne.
Il a déclaré que le bloc payait le prix de sa dépendance aux combustibles fossiles et de l’absence d’un marché unique de l’énergie pleinement intégré.
Costa a également annoncé qu’il convoquerait une nouvelle réunion informelle des dirigeants de l’UE à Alden Biesen, en Belgique, en février 2027, afin d’évaluer les progrès réalisés en matière de défense et de compétitivité à la suite des discussions précédentes.
- Mesures à court terme
Von der Leyen a présenté plusieurs mesures à court terme convenues pour atténuer les conséquences de la hausse des prix de l’énergie.
Celles-ci comprennent la mise sur le marché de 100 millions de barils de pétrole et de diesel au cours des quatre prochains mois, sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’élargissement du champ d’application et la prolongation de la durée d’un cadre temporaire relatif aux aides d’État instauré en février, ainsi que le report d’un an de la mise en œuvre du règlement sur le méthane.
L’UE lancera également un dialogue stratégique sur les raffineries européennes, dans le but de renforcer les capacités de raffinage au sein du bloc et de contribuer à la baisse des prix.
Von der Leyen a également abordé les préoccupations concernant les relations commerciales de l’UE avec la Chine, appelant à un rééquilibrage substantiel et rapide des relations économiques.
Elle a indiqué que le déficit commercial du bloc avec la Chine avait atteint un milliard d’euros par jour en 2025, avertissant que ce déséquilibre devrait s’aggraver en 2026.
- Ukraine et migration
Costa a déclaré que l’engagement du bloc envers l’Ukraine demeurait fort et que l’UE avait identifié les moyens de couvrir les besoins financiers du pays pour cette année. Il a appelé la Commission européenne à proposer des mesures pour répondre aux besoins de financement supplémentaires de l’Ukraine en 2027.
Von der Leyen a ajouté que l’Ukraine faisait face à un déficit de financement de 70 milliards d’euros en 2027, appelant les partenaires internationaux à accroître leurs contributions.
Concernant la migration, Costa a déclaré que les franchissements irréguliers des frontières de l’UE avaient atteint leur niveau le plus bas depuis 2021, tout en reconnaissant que le système européen en matière de migration et d’asile devait encore être amélioré.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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