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Une région frontalière devenue la zone la plus meurtrière du Sahel central
En moins d’une décennie, la région de Tillabéri, à l’ouest du Niger, est devenue la ligne de front sanglante d’un conflit opposant les forces nigériennes et leurs alliés à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Située à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, cette région stratégique permet aux combattants de circuler facilement entre les trois pays.
Selon Amadou Arouna Maiga, coordinateur de l’Union de Tillabéri pour la paix et la sécurité, les groupes armés y multiplient les attaques contre les populations locales, pillant les villages et imposant leur autorité par la violence. Malgré l’arrivée au pouvoir de la junte militaire nigérienne en 2023 avec la promesse de rétablir la sécurité, les autorités peinent encore à contenir les groupes jihadistes, notamment l’État islamique et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Les données de l’observatoire des conflits ACLED montrent qu’en 2025, Tillabéri est devenue la zone la plus meurtrière du Sahel central pour les civils. Sur les 1 939 morts enregistrées au Niger l’année précédente, près de 1 300 ont été recensées dans cette seule région. Plusieurs attaques particulièrement violentes ont visé des cérémonies religieuses, des mosquées ou des rassemblements communautaires.
Face à cette situation, certains habitants ont créé des milices d’autodéfense pour protéger leurs villages. Toutefois, ces groupes sont souvent mal équipés et subissent de lourdes pertes face aux jihadistes mieux armés. Dans certains cas, l’armée nigérienne a également été accusée d’exactions contre des civils, ce qui accentue les tensions dans la région.
L’économie locale s’est également effondrée. Les marchés ferment, les écoles et centres de santé sont abandonnés et les routes sont devenues dangereuses. Les habitants dénoncent une vie quotidienne marquée par la peur, la pauvreté et le manque d’opportunités.
Les analystes redoutent que la situation ne s’aggrave encore, les groupes armés poursuivant leur expansion vers le sud du Niger. Si aucune amélioration n’intervient, les experts estiment que la violence pourrait rester très élevée dans la région au cours des prochaines années.
Source: Newstimehub
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