- Le méthylphénidate est un psychostimulant utilisé dans le traitement du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

NEWSTIMETR
NEWSTIMETR
TDAH : la hausse des traitements en Île-de-France soulève des questions sur les prescriptions et l’accès aux soins

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le nombre de patients traités par méthylphénidate, notamment commercialisé sous le nom de Ritaline, a augmenté de 122 % entre 2021 et 2025 en Île-de-France, selon un courrier de l’Assurance-maladie adressé aux médecins et révélé vendredi par France Inter.

Chez les adultes, la hausse atteint 142 %, avec 22 290 patients traités en 2025, rapporte la radio. Ces chiffres concernent le nombre de personnes recevant le médicament, et non le seul volume des ordonnances.

L’Assurance-maladie relève des anomalies dans les conditions de prescription et des situations susceptibles de signaler un mésusage. Une pédiatre interrogée par France Inter estime toutefois que le TDAH reste insuffisamment diagnostiqué et traité en France.

- Des règles de prescription à respecter

Le méthylphénidate est un psychostimulant utilisé dans le traitement du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il est commercialisé sous plusieurs noms, dont Ritaline, Concerta, Quasym et Medikinet, rappelle l’Assurance-maladie sur son site Ameli.

Selon le courrier cité par France Inter, dans un cas sur cinq, la prescription initiale n’a pas été réalisée par l’un des spécialistes habilités : pédiatre, neurologue ou psychiatre.

L’organisme indique également que 2,1 % des patients ont eu recours à plus de quatre médecins prescripteurs et 0,6 % à plus de quatre pharmacies. Il considère ces parcours comme des signaux faisant suspecter un mésusage. Ces indicateurs ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir les raisons de ces recours multiples.

- Une hausse qui intervient dans un contexte de sous-diagnostic

La progression des traitements ne signifie pas nécessairement que tous les patients qui en auraient besoin y ont accès. « La prise en charge n’est pas encore adéquate en France », estime sur France Inter Anna Boctor, pédiatre dans les Alpes-Maritimes et présidente du syndicat Jeunes médecins.

Elle souligne un manque de formation au repérage du TDAH et des difficultés d’accès aux professionnels formés. Selon elle, ces obstacles, auxquels s’ajoute une défiance envers le traitement, contribuent à une sous-prescription.

La pédiatre rappelle que le trouble concernerait près de 5 % des enfants et 3 % des adultes. Elle estime que la forte augmentation du nombre de patients traités doit être appréciée en tenant compte du faible recours initial à ces médicaments.

- Un traitement intégré à un accompagnement plus large

Dans sa fiche consacrée aux enfants, actualisée jeudi, l’Assurance-maladie rappelle que le traitement médicamenteux n’est pas systématique. Il intervient lorsque les mesures non médicamenteuses sont insuffisantes et doit s’accompagner d’un suivi adapté, notamment psychologique, éducatif et familial.

Le médecin évalue les bénéfices et les risques du traitement et assure une surveillance régulière, portant notamment sur le poids et la croissance de l’enfant.​​​​​​​

#