- Le géant du streaming affirme vouloir privilégier la création humaine tout en limitant la diffusion de contenus jugés indésirables. « L’art humain prime », souligne Spotify dans son communiqué

NEWSTIMETR
NEWSTIMETR
Spotify retire plus de 50 millions de titres générés par l’IA ou considérés comme du spam de ses recommandations

AA / Istanbul / Sanaa Amir

Spotify a identifié et écarté de son système de recommandations plus de 50 millions de morceaux considérés comme du « slop IA ou du spam » en l’espace d’un an, a annoncé la plateforme suédoise de streaming musical dans son bilan annuel consacré à ses initiatives liées à l’intelligence artificielle, selon BFMTV.

Le géant du streaming affirme vouloir privilégier la création humaine tout en limitant la diffusion de contenus jugés indésirables. « L’art humain prime », souligne Spotify dans son communiqué, cité par BFMTV.

Pour repérer ces morceaux, la plateforme indique s’appuyer sur plusieurs indicateurs, notamment les signalements des auditeurs, les tendances de mise en ligne, les métadonnées associées aux titres et des outils externes. Son algorithme de recommandation a également été adapté afin de proposer moins de contenus identifiés comme du spam ou des productions générées par l’intelligence artificielle considérées comme indésirables.

Selon Spotify, ses équipes éditoriales appliquent les mêmes exigences de sélection et n’intègrent pas ces morceaux dans leurs playlists. La plateforme cherche ainsi à limiter leur visibilité dans les recommandations, sans pour autant présenter l’ensemble des contenus générés par l’IA comme indésirables.

- Des outils pour identifier l’utilisation de l’IA

Dans son bilan, Spotify détaille également plusieurs dispositifs développés au cours de l’année pour mieux informer les auditeurs et protéger les artistes.

La plateforme a notamment mis en place des crédits liés à l’intelligence artificielle, qui permettent d’indiquer le rôle joué par cette technologie dans la création d’un morceau, qu’il s’agisse d’un instrument ou d’un autre élément de production.

Cette déclaration reste toutefois volontaire et dépend de la décision de l’artiste de signaler ou non l’utilisation de l’IA.

Spotify s’appuie également sur le label « AI Persona », destiné à identifier les profils et les identités entièrement générés par l’intelligence artificielle.

En parallèle, la plateforme affirme avoir vérifié plus de 300 000 artistes réels au cours de l’année. Selon ses données, ces artistes représentent plus de 99 % des écoutes sur le service.

Ces mesures visent à apporter davantage de transparence sur l’origine des contenus musicaux et à aider les utilisateurs à distinguer les artistes réels des identités entièrement artificielles.

- La monétisation, un autre levier contre les abus

La question de la rémunération constitue un autre volet de la stratégie de Spotify. La plateforme affirme que les morceaux générés par l’intelligence artificielle ont dix fois plus de chances de ne pas atteindre le seuil de monétisation fixé à 1 000 écoutes.

Selon Spotify, ce mécanisme rend plus difficile pour les acteurs malveillants de détourner les redevances qui devraient revenir aux artistes réels. Cette politique de monétisation complète les mesures visant à réduire la visibilité des contenus considérés comme du spam.

Les modalités exactes de cette règle doivent toutefois être distinguées des mesures de modération : un morceau qui n’atteint pas le seuil de monétisation n’est pas nécessairement supprimé du catalogue ni automatiquement exclu des recommandations.

- Des approches différentes selon les plateformes

L’annonce de Spotify intervient quelques jours après un point de la plateforme française Deezer sur ses propres initiatives face à la multiplication des contenus musicaux générés par l’intelligence artificielle, selon BFMTV.

Les acteurs du secteur adoptent des approches différentes. YouTube Music signale les morceaux générés par l’IA au moyen d’un système de labellisation, tandis que Deezer développe des outils de détection et prévoit de permettre aux utilisateurs d’exclure ces contenus de leur écoute.

Tidal a, de son côté, fermé l’accès à la monétisation pour les morceaux générés par l’intelligence artificielle, tandis que Bandcamp interdit ce type de contenus, selon les informations rapportées par BFMTV.

Spotify privilégie pour sa part la réduction de la visibilité des pistes considérées comme indésirables, la transparence sur l’utilisation de l’IA et la vérification des artistes, plutôt qu’une labellisation systématique de tous les morceaux générés par cette technologie.

- Spotify mise aussi sur les usages commerciaux de l’IA

La stratégie du groupe suédois ne se limite toutefois pas à la lutte contre les contenus assimilés à du spam. En mai dernier, Spotify a annoncé un partenariat avec Universal Music Group (UMG) pour développer un service de remix utilisant l’intelligence artificielle.

Cette fonctionnalité, envisagée sous la forme d’une extension payante destinée aux abonnés, permettrait de créer des remixes à partir de contenus musicaux. Les artistes pourraient choisir de ne pas participer au programme, tandis que ceux qui accepteraient d’y prendre part seraient rémunérés en droits d’auteur.

Ni le prix de cette extension ni sa date de lancement n’ont été annoncés dans les informations disponibles.

Cette double approche illustre la stratégie de Spotify : limiter les contenus générés par l’IA considérés comme indésirables tout en explorant les possibilités commerciales de cette technologie, dans un secteur confronté à la multiplication des productions artificielles et aux questions qu’elles soulèvent en matière de visibilité, d’authenticité et de rémunération des artistes.

#