-L’ONU explore des échanges de prisonniers et l’accès des élèves aux examens comme premières mesures de confiance entre les parties au conflit
GENEVE (AA)
Les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre civile au Soudan s’intensifient malgré la poursuite des combats, a déclaré mercredi l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, évoquant de nouvelles initiatives destinées à instaurer la confiance.
« Nous constatons également davantage d’efforts diplomatiques qu’auparavant autour du Soudan », a déclaré Pekka Haavisto à des journalistes à Genève, à l’issue de la sixième réunion consultative sur le Soudan, coorganisée par l’ONU et la Suisse.
Interrogé par Anadolu sur les progrès concrets par rapport aux précédentes réunions, Haavisto a souligné l’engagement international croissant auprès des acteurs politiques soudanais.
Il a notamment évoqué une visite « réussie » à Khartoum en septembre et des rencontres avec des groupes politiques ainsi que des représentants des femmes et des jeunes.
Haavisto a toutefois averti que certaines parties au Soudan croyaient encore pouvoir obtenir une victoire militaire.
« Nous, la communauté internationale, affirmons qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit au Soudan », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de négociations diplomatiques.
L’ONU a commencé à examiner deux mesures de confiance, dont de possibles échanges de prisonniers de guerre et de détenus, civils comme militaires, a-t-il indiqué.
La seconde initiative vise à faciliter l’accès des élèves aux examens, quel que soit leur lieu de résidence, a-t-il précisé.
Il a qualifié ces initiatives de « petits pas » au regard des destructions causées par le conflit.
-Une coordination internationale renforcée
La réunion de deux jours à Genève a rassemblé des représentants de 21 pays et de cinq institutions internationales pour discuter des dispositifs de sécurité, de trêves humanitaires, d’éventuels cessez-le-feu et de solutions politiques.
Haavisto a souligné le renforcement de la coordination entre le Quad, composé des États-Unis, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Égypte, et le Quintette.
Ce dernier réunit l’Union africaine, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), la Ligue arabe, l’Union européenne et l’ONU.
Haavisto a estimé que cette coordination accrue constituait « peut-être le fait le plus important ».
Les discussions visaient à articuler les négociations sur la sécurité avec la préparation politique de la période suivant un éventuel cessez-le-feu, a-t-il expliqué.
L’ambassadeur suisse Tim Enderlin, chef de la division Paix et droits de l’homme du ministère des Affaires étrangères, a également souligné la nécessité d’efforts internationaux coordonnés et d’un processus de paix inclusif dirigé par les Soudanais.
« Nous avons essayé, durant ces deux jours, de coordonner les efforts pour contribuer à établir un processus de paix inclusif, associant la population soudanaise et permettant à ses voix d’être entendues », a-t-il déclaré.
L’objectif est de mettre en place un processus qui, « à terme, appartienne aux Soudanais et soit dirigé par eux », a-t-il ajouté.
Enderlin a averti que les conséquences du conflit dépassaient le Soudan et touchaient les pays voisins.
Il a indiqué que 34 millions de personnes au Soudan dépendaient de l’aide humanitaire, décrivant la situation dans le pays comme la plus grande crise humanitaire au monde.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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