- Les détenus au Darfour-Occidental comprennent 709 femmes et environ 500 enfants, dans un contexte de pénuries alimentaires, de dégradation des conditions sanitaires et d’augmentation des décès

NEWSTIMETR
NEWSTIMETR
Soudan : le Réseau des médecins alerte sur la dégradation des conditions des détenus aux mains des FSR

ISTANBUL (AA)

Le Réseau des médecins soudanais a alerté jeudi sur la dégradation des conditions sanitaires et humanitaires de plus de 6 500 personnes détenues par les Forces de soutien rapide (FSR) à El Geneina, dans le Darfour-Occidental, en raison des pénuries alimentaires et de l’augmentation du nombre de décès quotidiens.

Dans un communiqué, cette organisation médicale indépendante a indiqué avoir reçu des « informations fiables » selon lesquelles plus de 6 500 militaires et civils étaient détenus dans plusieurs centres de détention de la ville, dont 709 femmes et environ 500 mineurs de moins de 18 ans.

« Les lieux de détention comprennent l’ancien siège de la Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD), le quartier général de la 15e division d’infanterie et la prison d’Ardamata », a-t-elle précisé.

Le réseau s’est dit préoccupé par les pénuries alimentaires et la dégradation des conditions sanitaires dans ces établissements, avertissant des graves risques auxquels sont exposés des milliers de détenus, dont des centaines de femmes et d’enfants.

Il a fait état d’une augmentation du nombre de décès quotidiens et appelé à une action urgente pour en déterminer les causes et garantir aux détenus un accès suffisant à la nourriture et aux soins médicaux.

L’organisation a demandé aux autorités de fournir à tous les détenus de l’eau potable, de la nourriture et des soins de santé, ainsi que de permettre aux organisations médicales et humanitaires indépendantes d’accéder aux centres afin d’évaluer les conditions de détention.

Elle a également appelé à révéler le lieu de détention et le sort des personnes concernées, à garantir leur sécurité et à les protéger contre la torture et les mauvais traitements, en accordant une protection particulière aux femmes et aux enfants.

Les FSR n’ont pas réagi à ces accusations.

Les autorités soudanaises et les organisations de défense des droits humains estiment à 19 800 le nombre de personnes, notamment des militaires, des civils, des femmes et des enfants, détenues dans des centres contrôlés par les FSR.

En juin, le Soudan a soumis un mémorandum au Conseil de sécurité des Nations unies, appelant à une intervention urgente face aux « violations graves et systématiques du droit international humanitaire » commises contre des milliers de civils et de prisonniers de guerre dans les centres de détention contrôlés par les FSR au Darfour.

Les FSR contrôlent les cinq États du Darfour, dans l’ouest du Soudan, à l’exception de certaines zones du Darfour-Nord et du Darfour-Occidental qui restent sous le contrôle de l’armée. Cette dernière contrôle la majeure partie des autres États du pays, dont la capitale, Khartoum.

Le Soudan est plongé dans une guerre entre l’armée et les FSR depuis avril 2023, en raison de désaccords sur l’intégration de cette force paramilitaire au sein de l’armée. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 13 millions de personnes, tout en aggravant la famine et en provoquant l’une des pires crises humanitaires au monde.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

#