Macky Sall se retire de la course au poste de secrétaire général de l'ONU après que tous les candidats en lice ont essuyé un veto, Washington se disant prêt à envisager d'autres postulants pour succéder à Guterres.
Macky Sall, ancien président du Sénégal, s'est retiré de la course au poste de secrétaire général des Nations unies.
Sall a annoncé son retrait dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook officielle.
L'ancien président, âgé de 64 ans, a déclaré avoir pris cette décision après qu'un vote informel vendredi ait indiqué qu'aucun des sept candidats actuels au poste de secrétaire général de l'ONU ne recevrait le soutien de l'ensemble des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU). Les membres permanents du CSNU sont les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.
Le vote informel a également suggéré que Rebeca Grynspan, ancienne deuxième vice-présidente du Costa Rica et secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), est la favorite pour succéder au Portugais Antonio Guterres à la tête de l'ONU.
'J'ai décidé de retirer ma candidature'
Rebeca Grynspan, 70 ans, n'avait reçu que deux vetos de la part des cinq permanents, contrairement à la plupart de ses concurrents qui en avaient reçu davantage.
Des médias américains rapportent que Washington s'oppose aux sept candidats en lice et se dit prêt à envisager d'autres postulants qui pourraient se porter candidats pour succéder à Guterres.
"Suite au vote informel du 16 octobre 2026 pour l'élection au poste de Secrétaire général des Nations unies, et après consultations avec Son Excellence M. Evariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi et président de l'Union africaine, et Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président de la République du Sénégal et président de la CEDEAO, j'ai décidé de retirer ma candidature pour le poste susmentionné", a déclaré Sall au sujet de son retrait de la course à la tête de l'ONU.
"J'ai pris cette décision avec un profond sens des responsabilités, dans l'espoir de contribuer à l'émergence d'un candidat consensuel au sein du Conseil de sécurité — en gardant à l'esprit que, tout au long du processus, les résultats des différents scrutins 'tests' ont fait apparaître une préférence pour un candidat originaire de la région Amérique latine et Caraïbes, et potentiellement pour une femme. Pour ma part, ma candidature était principalement motivée par le désir de mettre près de quarante ans d'expérience dans la vie publique au service des Nations unies", a ajouté Sall.
'L'ONU doit entreprendre une transformation'
"Je tiens à remercier le président Evariste Ndayishimiye, qui a parrainé ma candidature, et le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui l'a soutenue. Je remercie également les États membres du Conseil de sécurité qui ont voté en faveur de ma candidature tout au long du processus. J'adresse mes chaleureux remerciements aux membres de mon équipe de campagne, qui m'ont soutenu pendant des mois avec foi et détermination. De même, j'exprime ma gratitude envers les responsables religieux et traditionnels pour leurs prières et marques de bienveillance, ainsi qu'au peuple sénégalais — militants, soutiens, organisations politiques et de la société civile, et amis d'Afrique et d'ailleurs — pour leur appui et leurs encouragements depuis l'annonce de ma candidature."
"Je reste convaincu que les Nations unies doivent entreprendre une profonde transformation de leurs méthodes de travail et de leur fonctionnement global. L'Afrique, qui est au cœur des enjeux de paix, de sécurité et de développement, doit également continuer à faire entendre sa voix et persister dans ses efforts pour obtenir la place qui lui revient dans la gouvernance mondiale. Je me retire de la course, mais je demeure pleinement engagé envers les idéaux qui l'ont inspirée : la paix, la sécurité, le développement économique et social, la coopération internationale et le dialogue entre les nations. Je souhaite plein succès à la personne qui sera appelée à assumer les hautes responsabilités de Secrétaire général des Nations unies."
Outre Sall, qui s'est retiré, et la favorite Grynspan, les autres candidats sont la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères ; l'Argentin Rafael Grossi, actuel directeur de l'organe de contrôle nucléaire de l'ONU ; l'Équatorienne Ivonne A-Baki ; Maria Fernanda Espinosa ; et l'Ougandais Olara Otunnu.
'Les membres permanents du CSNU vont largement décider du vainqueur'
Le secrétaire général sortant, Antonio Guterres, termine son deuxième mandat de cinq ans le 31 décembre 2026.
Même si un candidat obtient les neuf voix requises des 15 membres du Conseil de sécurité, il doit aussi éviter un veto de la part des cinq grandes puissances, qui sont profondément divisées.
Une fois ces étapes franchies, son nom sera soumis à l'Assemblée générale des États membres de l'ONU pour confirmation.
Le secrétaire général de l'ONU exerce un mandat de cinq ans, avec la possibilité d'être reconduit pour un deuxième et dernier mandat de cinq ans.

