-Alerte le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, dénonçant un manque de transparence dans la gestion de ces fonds
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plus de 700 millions de dollars de financements internationaux destinés à la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) restent sans traçabilité précise, a alerté le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, dénonçant un manque de transparence dans la gestion de ces fonds.
« 962 millions (de dollars) ont été déboursés des donateurs vers des partenaires de mise en œuvre », a déclaré M. Kaseya lors d’une conférence de presse jeudi soir à Kinshasa, précisant en réponse à Anadolu (AA) que les autorités congolaises n’avaient pu retracer qu’un peu plus de 200 millions de dollars lors d’un exercice de vérification.
« On est en train de rechercher plus de 700 millions USD », a-t-il affirmé, ajoutant que les vérifications devaient se poursuivre auprès des organisations humanitaires et des agences bénéficiaires.
Selon les éléments communiqués, une partie des fonds déclarés par les partenaires n’aurait pas encore été utilisée. Environ 100 millions de dollars sur les quelque 200 millions déclarés seraient toujours détenus par certaines organisations, alors que les besoins sanitaires restent importants sur le terrain.
Salaires impayés, manque de matériel et difficultés d’accès aux structures de santé dans les zones isolées figurent parmi les problèmes signalés dans le cadre de la riposte.
Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a également dénoncé le manque de transparence dans la gestion des financements. Il a indiqué que le gouvernement n’avait pu retracer que 220 millions de dollars auprès des agences chargées de mettre en œuvre les activités, qui reçoivent directement les fonds des bailleurs.
« Depuis quelques semaines, tous les partenaires de mise en œuvre ont reçu le formulaire à remplir pour fournir ces informations. Seuls environ 22 % d’entre eux ont renseigné le formulaire », a déclaré le ministre.
Les autorités congolaises exigent désormais que les organisations intervenant sur le terrain soient accréditées par l’Institut national de santé publique (INSP). Cette procédure doit notamment permettre de vérifier l’origine des financements, les objectifs des projets et le niveau d’exécution des activités.
« Notre exigence est claire : la transparence doit être totale. La riposte repose sur un seul plan, un seul budget et une seule coordination », a insisté M. Kamba.
Mi-août, le ministre avait dénoncé un « Ebola business » et promis de reprendre le contrôle de la gestion financière de la riposte. Les organisations refusant de se soumettre aux vérifications sont menacées d’être exclues des opérations dans le pays.
Les autorités n’ont pas encore établi publiquement la destination précise de l’ensemble des sommes concernées. Les montants évoqués correspondent à des financements versés directement aux partenaires de mise en œuvre et ne constituent pas, à ce stade, la preuve d’un détournement.
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