- Adopté à l'unanimité le 19 Octobre, le texte vise à renforcer la protection des mineurs face à l'utilisation des technologies numériques dans les conflits armés

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ONU : le Conseil de sécurité adopte une résolution contre le recrutement d'enfants par les groupes armés sur Internet

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, lundi 19 octobre, à l'unanimité de ses 15 membres, une résolution visant à renforcer la protection des enfants dans les conflits armés face à l'utilisation croissante des technologies numériques par les groupes armés pour recruter, radicaliser et exploiter des mineurs.

Porté par la Grèce, qui assure la présidence tournante du Conseil en octobre, le texte reconnaît que les réseaux sociaux, les plateformes de jeux vidéo et les messageries numériques peuvent faciliter le recrutement d'enfants, leur enlèvement et leur exploitation sexuelle.

« Recruter au moyen d'un smartphone, c'est toujours recruter », a déclaré la représentante grecque, appelant à adapter les mécanismes internationaux de protection de l'enfance aux nouvelles menaces numériques.

La résolution exige des parties aux conflits qu'elles mettent fin au recrutement et à l'utilisation de mineurs en violation du droit international, y compris par l'intermédiaire des plateformes numériques.

Elle encourage également les États à renforcer leurs dispositifs de signalement et à coopérer avec les entreprises technologiques pour prévenir ces pratiques, notamment grâce à des mécanismes de vérification de l'âge. Aucune sanction spécifique n'est toutefois prévue à l'encontre des plateformes.

- Des réserves malgré l'unanimité

Malgré son adoption unanime, le texte a suscité des réserves de plusieurs membres du Conseil.

Les États-Unis ont dénoncé l'inefficacité du Bureau de la Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, auquel Washington a retiré son soutien, estimant qu'un élargissement de ses responsabilités ne garantirait pas une meilleure protection des mineurs.

La Russie a, de son côté, souligné que les technologies numériques ne constituaient pas une nouvelle catégorie de violation grave, tandis que la Chine a insisté sur le respect de la souveraineté des États et la protection des données personnelles des enfants.

La Somalie a regretté l'absence de moyens financiers et techniques suffisants pour accompagner les nouvelles responsabilités imposées aux pays touchés par les conflits.

Selon les chiffres de l'ONU cités lors des discussions, 38 558 violations graves contre des enfants dans les conflits armés ont été recensées en 2025.

Pour la représentante grecque, l'adoption de cette résolution constitue une étape importante dans l'adaptation des mécanismes internationaux de protection.

« Il y a trente ans, la communauté internationale a décidé que les enfants pris dans la guerre ne seraient plus invisibles », a-t-elle rappelé, ajoutant : « Aujourd'hui, nous devons veiller à ce qu'ils ne disparaissent pas dans l'espace numérique ».

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