Le Niger annonce que l'un des deux agents expulsés par Paris avait été grièvement blessé en 2014 lors d’une mission menée avec l’armée française, puis évacué en France pour être soigné.

Niamey dénonce l’expulsion de deux agents par la France comme un "acte d’ingratitude"

Le gouvernement nigérien a qualifié mardi l’expulsion de deux agents nigériens par la France, en septembre, d’« acte d’ingratitude grave et inacceptable », dans un communiqué lu à la télévision nationale.

Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a présenté les deux agents comme des personnels « chargés de sécurité » à l’ambassade du Niger à Paris. Il a affirmé que l’un d’eux, Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro, avait été grièvement blessé lors d’une mission menée en 2014 au Niger, en coopération avec l’armée française.

Selon Télé Sahel, cette mission s’était déroulée à Diffa, dans le sud-est du pays. L’officier avait ensuite été « évacué en France pour y être soigné », a précisé le ministre, estimant qu’il aurait dû y recevoir « reconnaissance et protection ».

Expulsé avec sa famille

Alio Daouda a indiqué que l’intéressé avait reçu une obligation de quitter le territoire français et contesté cette décision devant la justice française.

Niamey dénonce un « changement de méthode » « Les autorités françaises ont changé de méthode. Le 16 septembre 2026, elles l’ont déclaré persona non grata. La mesure a été étendue à sa famille, enfants compris », a déclaré le ministre, précisant que l’officier avait quitté la France le 19 septembre.

« Peut-on chasser un homme blessé, mutilé et rendu inapte au service d’une coopération que l’on a soi-même voulue, ordonnée et payée ? », a-t-il interrogé.

Le gouvernement nigérien reproche ainsi à Paris d’avoir contraint l’officier et sa famille à partir alors qu’il avait engagé un recours devant les tribunaux français.

Le Quai d’Orsay n’a pas commenté ces informations.

Des relations dégradées depuis 2023

Les relations entre la France et le Niger se sont fortement détériorées après le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a renversé le président Mohamed Bazoum et porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.

La dénonciation des accords militaires par les autorités nigériennes a entraîné le départ des quelque 1 500 soldats français présents dans le pays. Paris a également fermé son ambassade à Niamey en décembre 2023, tandis que l’ambassade du Niger en France est restée ouverte.

#