-Sur la même période, près de 81 000 décès et disparitions de migrants ont été recensés dans le monde. Mais pour plus de la moitié de ces cas, soit 44 862 personnes, l’âge des victimes n’a pas été renseigné

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Migration : plus de 4 400 enfants morts sur les routes migratoires entre 2014 et 2025 (OIM)

AA/Bamako/Amarana Maiga

Au moins 4 414 enfants sont morts au cours de parcours migratoires à travers le monde entre 2014 et 2025. Un bilan alarmant, qui pourrait être bien plus lourd en raison du manque de données disponibles, selon un rapport du Projet sur les migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), élaboré avec le soutien de l’Alliance internationale de données sur les enfants en mobilité (IDAC).

Sur la même période, près de 81 000 décès et disparitions de migrants ont été recensés dans le monde. Mais pour plus de la moitié de ces cas, soit 44 862 personnes, l’âge des victimes n’a pas été renseigné. Une lacune importante qui empêche de connaître le nombre réel d’enfants ayant perdu la vie sur les routes migratoires.

« Chaque enfant qui meurt au cours d’un parcours migratoire mérite d’être comptabilisé, et pourtant, trop nombreux sont ceux qui restent absents des données », déplore Stuart Campo, directeur de la stratégie au sein du Département des données, de l’analyse et des politiques de l’OIM.

Au-delà de ces statistiques, le rapport met en lumière une réalité préoccupante : les enfants restent largement invisibles dans les données sur les migrations, alors qu’ils sont particulièrement exposés aux dangers des parcours migratoires, notamment à l’exploitation et à d’autres violations de leurs droits.

La situation est particulièrement frappante sur la route de la Méditerranée centrale, l’un des itinéraires migratoires les plus dangereux. En 2024, les enfants représentaient 19 % des arrivées en Italie et à Malte, mais seulement 2 % des décès recensés. Un écart qui soulève des questions sur la fiabilité des données disponibles et laisse craindre que de nombreuses victimes mineures ne soient jamais identifiées.

Pour mieux comprendre cette réalité, le rapport distingue deux phénomènes : la « part manquante », qui désigne les décès d’enfants jamais enregistrés, et la « part cachée », qui correspond aux décès documentés sans informations permettant de déterminer si les victimes étaient mineures.

Face à cette situation, l’OIM appelle les États à renforcer les mécanismes de collecte et de documentation des décès de migrants. L’organisation recommande notamment de renseigner systématiquement l’âge des victimes et leur statut migratoire, tout en améliorant le partage des informations entre les autorités, les médecins légistes et les organisations humanitaires.

Car derrière chaque donnée manquante, une réalité humaine risque de tomber dans l’oubli. « Nous ne pouvons pas protéger les enfants contre des dangers que nous ne voyons pas », rappelle Stuart Campo, insistant sur l’importance de disposer de données fiables pour aider les gouvernements à mieux comprendre les risques et à adopter des mesures de protection adaptées.

Pour l’OIM, améliorer le recensement de ces décès est donc une étape essentielle pour rendre visibles ces enfants et mieux protéger ceux qui empruntent encore les routes migratoires.

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