-Le ministre de l’Intérieur défend l’usage des armes intermédiaires et juge « excessif » de parler de répression policière, alors que 215 élèves ont été blessés et que 18 saisines de l’IGPN sont en cours
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu mercredi l’usage des armes intermédiaires lors des manifestations lycéennes, affirmant que la proportionnalité de la réponse policière devait s’apprécier selon le contexte de l’intervention plutôt que selon ses conséquences.
« C’est pas la conséquence de l’utilisation de l’arme qui est prise en compte, c’est le contexte », a déclaré le ministre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, en précisant que celui-ci devait relever de la légitime défense et d’une « stricte et nécessaire proportionnalité ».
Laurent Nuñez a qualifié ces armes d’« absolument indispensables » lorsque les policiers et les gendarmes sont confrontés à une violence extrême. Elles permettent, a-t-il soutenu, de maintenir les individus à distance et de graduer la réponse.
En réponse aux députés évoquant des « armes de guerre », il a affirmé qu’une grenade lacrymogène relevait de cette qualification réglementaire, tout en soulignant que cela ne signifiait pas qu’elle était utilisée dans un contexte de guerre.
Le ministre a fait état de 18 saisines en cours de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre du mouvement, et d’aucune saisine de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale.
Il a néanmoins jugé « excessif de parler […] de répression policière d’un mouvement », affirmant qu’il n’y avait pas d’intervention face à des lycéens manifestant pacifiquement.
Il a précisé que les forces de l’ordre peuvent intervenir, en lien avec les chefs d’établissement, pour lever des blocages totaux empêchant l’accès aux élèves et aux enseignants.
Selon le bilan présenté par le ministre, arrêté mardi soir, 6 629 personnes avaient été interpellées depuis le début de la mobilisation. Il a recensé 761 policiers ou gendarmes blessés, ainsi que 215 élèves et 89 personnels enseignants.
Pour les élèves, Laurent Nuñez a affirmé que, « dans la très grande majorité des cas », les blessures étaient accidentelles ou liées à des jets de projectiles et de mortiers par d’autres manifestants.
Il a qualifié le mouvement d’« assez inédit » par son ampleur et par son basculement, selon lui, dans des violences graves. Il a cité des agressions contre des personnels éducatifs, des incendies de bâtiments publics, des pillages et des attaques contre les transports et les forces de l’ordre.
« Quand on est en violences urbaines, on n’est plus dans le maintien de l’ordre », a-t-il déclaré, évoquant des instructions spécifiques encadrant les interventions dans ces situations.
Revenant sur la suspension des grenades assourdissantes annoncée dans la matinée, après une blessure très grave à Lens, le ministre a confirmé que cette mesure concernait le mouvement lycéen, dans l’attente de précisions sur les circonstances de l’incident.
« Moi, mon travail, c’est qu’il n’y ait pas de blessés », a-t-il insisté.
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