-Le FLA affirme avoir pris cette décision en raison des « risques croissants » pesant sur les populations civiles encore présentes dans la ville
AA/Bamako/Amarana Maiga
L’armée malienne a repris mardi le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, selon une source militaire de haut rang contactée par Anadolu (AA), alors que l’état-major général des armées n’avait pas encore publié de communiqué officiel confirmant cette reprise.
« Nos forces sont bien présentes dans la ville de Kidal », a confirmé à AA un haut gradé de l’armée malienne, précisant qu’un communiqué officiel devait être publié dans les prochaines heures.
Cette confirmation intervient après plusieurs heures d'opérations militaires menées par les Forces armées maliennes (FAMa), avec l’appui de leurs partenaires russes, dans la région de Kidal.
Dans un communiqué publié avant l’entrée des forces maliennes dans la ville, l’état-major général des armées avait indiqué que les FAMa et leurs partenaires russes avaient engagé des « opérations aéroterrestres d’envergure » dans le cadre de la réadaptation du dispositif de l’opération « Dougoukoloko ».
Selon l’armée malienne, ces opérations visent notamment à « traquer et neutraliser les groupes armés terroristes » opérant dans la région, détruire leurs « sanctuaires et leurs réseaux d’approvisionnement » et restaurer la sécurité des populations ainsi que la libre circulation des personnes et des biens.
L’état-major avait également appelé les populations de la région au calme et à la vigilance, tout en les exhortant à poursuivre leur coopération avec les forces de défense et de sécurité.
« Les FAMa et leurs partenaires russes restent déterminés à éradiquer le terrorisme sur l’ensemble du territoire », avait affirmé l’armée, précisant que l’évolution de la situation serait communiquée à travers des communiqués officiels, « qui seuls font foi ».
Dans un communiqué diffusé mardi, le Front de libération de l’Azawad (FLA), alliance rebelle à dominante touareg, a de son côté annoncé le « repli stratégique et maîtrisé » de ses forces de la ville de Kidal.
Le FLA affirme avoir pris cette décision en raison des « risques croissants » pesant sur les populations civiles encore présentes dans la ville, qu’il attribue notamment à l’utilisation de moyens aériens par les forces maliennes et leurs partenaires russes.
Le mouvement affirme que les frappes aériennes ont détruit une partie importante des infrastructures publiques et civiles et auraient mis en danger des populations civiles.
Le FLA présente son retrait comme une « mesure opérationnelle temporaire », destinée également à préserver ses capacités humaines et logistiques. Il affirme que ce retrait s’est effectué « sans qu’aucun combat direct n’ait encore opposé ses forces à l’ennemi ».
Le mouvement rebelle assure toutefois que son retrait de Kidal ne signifie pas la fin de son combat.
« Le FLA demeure résolu à poursuivre son combat politique de libération de l’Azawad et sa résistance », indique le communiqué, affirmant vouloir défendre les droits et les intérêts des populations de l’Azawad.
La reprise de Kidal par les forces maliennes intervient un peu plus de cinq mois après la prise de la ville par le FLA.
Le 25 avril 2026, dans le cadre d'une offensive coordonnée menée dans plusieurs régions du Mali, le FLA avait annoncé avoir pris le contrôle de Kidal. Le lendemain, le mouvement avait revendiqué le « contrôle total » de la ville, faisant état d’une poche de résistance composée de militaires maliens et de membres de l’Africa Corps retranchés dans un ancien camp de la MINUSMA.
Le FLA avait ensuite annoncé le retrait des éléments russes de l’Africa Corps de Kidal, tandis que les autorités maliennes avaient, de leur côté, fait état d’attaques coordonnées dans plusieurs villes du pays.
La prise de Kidal en avril avait marqué un revers majeur pour Bamako, la ville étant déjà revenue sous contrôle de l’armée malienne en novembre 2023, après une offensive menée avec l’appui du groupe paramilitaire russe Wagner, devenu depuis Africa Corps.
Avec le retrait annoncé mardi par le FLA et la présence désormais signalée des FAMa dans la ville, Kidal repasse ainsi sous contrôle de l’État malien, sous réserve de la confirmation formelle attendue de l’état-major général des Armées.
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