– Le chef d'État français entend renforcer la coopération énergétique, économique et sécuritaire dans un contexte de crise au Moyen-Orient.

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Macron se rendra dans quatre pays du Golfe du 19 au 21 octobre

AA / Paris / Ümit Dönmez

Le Président français Emmanuel Macron effectuera une tournée au Moyen-Orient du 19 au 21 octobre 2026, qui le conduira au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, a indiqué mercredi une source à l’Élysée à Anadolu.

Ce déplacement intervient dans un contexte de crise régionale et vise notamment à favoriser le retour à la stabilité, à garantir la libre navigation dans le détroit d’Ormuz et à renforcer la sécurité des approvisionnements énergétiques français, selon la même source.

« Face à la crise que traverse le Moyen-Orient, le Président de la République poursuivra sa mobilisation auprès des dirigeants de la région en faveur du retour à la stabilité et à la libre navigation dans le détroit d’Ormuz », a précisé la source présidentielle.

Les discussions porteront également sur la sécurisation et la diversification des approvisionnements énergétiques de la France ainsi que sur leurs voies d’acheminement.

« Il s’agit de limiter les conséquences de la crise énergétique sur le quotidien des Français », a souligné la même source.

La tournée doit aussi permettre de renforcer les partenariats stratégiques et économiques de Paris avec les monarchies du Golfe, notamment en consolidant la présence des entreprises françaises dans la région et en encourageant les investissements en France.

Le chef de l’État français entend ainsi « renforcer les partenariats stratégiques et économiques que la France entretient avec les pays du Golfe », selon l’Élysée.

Les questions de défense, de sécurité, d’énergie et de coopération sur les grands enjeux internationaux figureront également à l’ordre du jour.

Le président français rencontrera au Koweït l’émir Cheikh Mechal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah pour aborder les coopérations bilatérales dans les secteurs de la défense, des infrastructures et de la santé.

Emmanuel Macron s’entretiendra également avec le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al-Nahyan.

La défense, la sécurité et les nouvelles technologies, « notamment l’intelligence artificielle », seront au cœur des échanges, ces domaines constituant des « piliers du partenariat stratégique entre les deux pays », selon la source élyséenne.

Le président français rencontrera ensuite le roi de Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa, pour évoquer les relations économiques et de défense entre les deux pays, avec « une attention particulière portée aux investissements bahreïniens en France ».

La dernière étape de cette tournée sera consacrée au Qatar, où Emmanuel Macron effectuera une visite d’État les 20 et 21 octobre, à l’invitation de l’émir Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.

Cette visite doit permettre de consolider le partenariat stratégique franco-qatarien, d’intensifier les échanges économiques et les coopérations de défense, ainsi que de poursuivre la coordination entre Paris et Doha sur les principaux dossiers régionaux et internationaux, selon l'Élysée.

Le président français participera également, le 21 octobre, à la session plénière du One Planet Sovereign Wealth Funds Network (OPSWF), une coalition de fonds souverains engagés dans la lutte contre le changement climatique, lancée lors du One Planet Summit du 12 décembre 2017.

Cette tournée intervient alors que les tensions au Moyen-Orient placent la sécurité des routes maritimes et des approvisionnements énergétiques au cœur des préoccupations diplomatiques et économiques de la France.

– Contexte préoccupant pour l'approvisionnement énergétique

Pour rappel, le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, constitue une voie stratégique pour le commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers y transitaient quotidiennement en 2025, soit près d’un quart du commerce pétrolier maritime mondial. Le passage concentrait également près de 20 % des échanges mondiaux de gaz naturel liquéfié.

La situation dans cette zone s’est considérablement dégradée depuis le déclenchement, le 28 février 2026, des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, suivies d’une extension du conflit à plusieurs pays du Moyen-Orient.

Les tensions touchent également le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un passage stratégique pour les échanges commerciaux entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez.

Les rebelles houthis du Yémen ont intensifié leurs opérations militaires dans cette zone, prenant notamment le contrôle de plusieurs positions stratégiques en septembre, avant une contre-offensive des forces gouvernementales yéménites appuyées par l’Arabie saoudite début octobre. Les combats se poursuivent dans la région, alimentant les inquiétudes concernant la sécurité du trafic maritime.

Cette insécurité maritime s’accompagne d’une forte volatilité des cours du pétrole. Le baril de Brent évoluait mercredi autour de 105 dollars, dans un contexte de tensions persistantes sur les approvisionnements mondiaux.

La crise affecte également les pays européens, confrontés aux risques de hausse des prix de l’énergie et des coûts de transport, même si l’essentiel des hydrocarbures transitant par Ormuz est destiné aux marchés asiatiques.

Les pays du Golfe que doit visiter Emmanuel Macron occupent ainsi une place centrale dans les enjeux énergétiques et sécuritaires liés au conflit, alors que Paris cherche à préserver ses partenariats régionaux et à limiter les répercussions économiques de la crise sur le territoire français, ainsi que le mécontentement qui en découle.

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