- Au cours de cette rencontre, Joseph Aoun a dénoncé la poursuite des opérations israéliennes dans le sud du Liban

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Liban : une délégation militaire participera mardi à une réunion tripartite avec les États-Unis et Israël

BEYROUTH (AA)

Le président libanais, Joseph Aoun, a annoncé samedi qu’une délégation militaire libanaise participerait, mardi prochain, à une réunion tripartite avec les États-Unis et Israël à Tampa, dans l’État américain de Floride.

Cette annonce a été faite lors d’un entretien avec une délégation ministérielle française conduite par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrivé samedi à Beyrouth pour une visite de deux jours, selon un communiqué de la présidence libanaise.

Au cours de cette rencontre, Joseph Aoun a dénoncé la poursuite des opérations israéliennes dans le sud du Liban.

« Israël poursuit ses attaques contre les villages et localités du sud, ainsi que ses opérations de déblaiement et de destruction d’habitations, tout en empêchant les agriculteurs d’accéder à leurs terres. Il n’a pas respecté les dispositions de l’accord-cadre conclu sous médiation américaine », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État libanais a souligné que « le maintien de l’occupation et des tensions dans le sud empêche l’armée libanaise de se déployer jusqu’aux frontières internationales méridionales, conformément à la résolution 1701 ».

Adoptée en août 2006 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la résolution 1701 définit le cadre international de cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah. Elle prévoit notamment des dispositions sécuritaires concernant la zone située entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, ainsi que le rôle de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

Joseph Aoun a précisé que « la délégation militaire libanaise participera à la réunion tripartite prévue le 20 octobre à Tampa afin de présenter les demandes du Liban visant à mettre fin à l’escalade israélienne, dans l’espoir d’obtenir des résultats conformes à l’accord-cadre ».

Le président libanais a également exprimé le souhait de voir prolonger le mandat de la FINUL, ou de maintenir sa présence et ses missions sécuritaires au cours de l’année 2027, période prévue pour son retrait.

Il a indiqué que Beyrouth accueillerait favorablement, à défaut d’une prolongation, toute formule permettant de garantir une présence internationale dans le sud du pays, afin d’éviter un vide sécuritaire et de prévenir un contact direct entre l’armée libanaise et les forces israéliennes dans les zones occupées.

Joseph Aoun a, par ailleurs, salué toute initiative française auprès des Nations unies et du Conseil de sécurité susceptible de déboucher sur une solution répondant à la volonté libanaise d’éviter un vide sécuritaire dans le sud du pays.

En vertu d’une décision du Conseil de sécurité, le mandat de la FINUL doit prendre fin le 31 décembre 2026. À compter de cette date, la force onusienne entamera un retrait progressif et organisé sur une période d’un an, l’objectif étant de faire du gouvernement libanais l’unique autorité chargée d’assurer la sécurité dans le sud du pays.

De son côté, Jean-Noël Barrot a réaffirmé le soutien constant de la France à la souveraineté, à la stabilité et à la sécurité du Liban.

« La France demeure engagée en faveur de la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessation des hostilités conclu le 26 juin 2026 et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré le chef de la diplomatie française, cité par la présidence libanaise.

Le ministre français a insisté sur « la nécessité de mettre en place une nouvelle architecture internationale destinée à soutenir la souveraineté du Liban, à accompagner le redéploiement des forces armées libanaises et à éviter l’apparition d’un vide sécuritaire susceptible d’entraîner de graves conséquences ».

Il a assuré que « la France est prête à jouer pleinement son rôle dans ce cadre », selon la même source.

Le 2 mars dernier, Israël a lancé une offensive contre le Liban, qui a fait plus de 4 300 morts et 12 400 blessés, et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, selon les autorités libanaises.

Le 26 juin, Beyrouth et Tel-Aviv ont signé, sous médiation américaine, un accord-cadre prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées ainsi que le désarmement du Hezbollah.

Malgré cet accord, Israël poursuit ses opérations militaires dans le sud du Liban, où ses forces occupent toujours plusieurs secteurs, dont certains sont sous occupation depuis plusieurs décennies, tandis que d’autres ont été pris lors des guerres et opérations militaires les plus récentes.

*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani

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