- Les dirigeants européens réunis à Bruxelles pour un sommet du Conseil européen

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Les dirigeants de l’UE divisés sur le prochain budget à long terme du bloc avant le sommet

ISTANBUL (AA)

Les dirigeants européens se sont réunis jeudi à Bruxelles pour discuter de l’économie, de la compétitivité, du soutien à l’Ukraine et de la situation au Moyen-Orient, tout en affichant des divergences sur le budget à long terme de l’Union européenne (UE) pour la période 2028-2034.

À leur arrivée au Conseil européen, plusieurs dirigeants ont exprimé des positions opposées sur le cadre financier pluriannuel proposé par la présidence irlandaise, notamment concernant le montant global du budget, les priorités de dépenses et les contributions des États membres.

Le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a appelé les pays européens à renforcer leur soutien financier et militaire à l’Ukraine, estimant que certains États membres ne contribuaient pas suffisamment.

« De nombreux pays européens sont à la traîne dans leur soutien à l’Ukraine. Nous devons donc redoubler d’efforts et faire en sorte qu’elle puisse gagner cette guerre insensée », a-t-il déclaré.

Concernant le budget à long terme de l’UE, Jetten a jugé la proposition de la présidence irlandaise « insuffisante ». Il a plaidé pour un budget moins important et modernisé, axé sur la compétitivité, la sécurité et le bien-être futur des Européens.

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a également rejeté le projet, affirmant qu’il entraînerait une hausse d’environ 60 % de la contribution nette de la Suède.

« Une augmentation de 60 % de la contribution suédoise est tout simplement inacceptable. C’est une ligne rouge », a-t-il déclaré, ajoutant que son pays n’accepterait pas une nouvelle hausse de sa contribution.

Kristersson a prévenu que les négociations seraient tendues et s’est interrogé sur la possibilité de parvenir à un accord avant la fin de l’année. Il a insisté sur la nécessité d’un budget conciliant modernisation, soutien à l’Ukraine et financement des politiques traditionnelles de l’Union.

De son côté, le président lituanien, Gitanas Nausėda, a salué la proposition de la présidence irlandaise, qu’il a qualifiée d’équilibrée. Il a toutefois exprimé ses inquiétudes concernant les réductions prévues pour le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, notamment dans le domaine de la mobilité militaire, ainsi que pour le fonds consacré à la compétitivité.

Il a souligné qu’un budget ambitieux, doté de financements suffisants, était indispensable pour mettre en œuvre les priorités de l’Union, tout en reconnaissant qu’un consensus avant la fin de l’année serait difficile à atteindre.

Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, a indiqué que la sécurité, la connectivité et la compétitivité figuraient parmi les principales priorités de son pays, compte tenu notamment de sa position à la frontière orientale de l’UE.

Il a également appelé à réduire les lourdeurs administratives afin de permettre à l’Union de mieux rivaliser avec la Chine et les États-Unis, tout en estimant que le sommet ne devrait pas déboucher sur des compromis majeurs.

Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a défendu la proposition de la présidence, expliquant que celle-ci avait cherché à faciliter les négociations en conciliant les positions des États membres.

Selon lui, le projet préserve les financements destinés à la cohésion et maintient des éléments essentiels du fonds pour la compétitivité, même si plusieurs questions restent à régler avant la fin de l’année.

« J’ai toujours estimé que l’Europe avait besoin d’un budget plus important pour atteindre ses objectifs », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, a pour sa part souligné l’importance de parvenir à un accord sur le prochain budget septennal, estimant qu’« une économie forte ne peut qu’assurer une défense forte ».

Il a affirmé que les pays d’Europe orientale avaient besoin d’un soutien économique supplémentaire pour garantir la sécurité des frontières orientales de l’Union.

Kulbergs a également appelé à prendre de nouvelles mesures pour faciliter les exportations de produits agricoles ukrainiens et mettre en œuvre les sanctions contre la Russie.

Estimant que l’hiver à venir serait une période décisive pour l’Ukraine, il a souligné que la capacité du pays à résister était étroitement liée à la sécurité de l’Europe elle-même.

« Nous devrions penser un peu moins à notre confort, un peu moins à nous-mêmes, et réfléchir davantage à ce qui est le mieux pour l’Europe dans son ensemble », a-t-il déclaré.

« Cela représente une bière de moins par an pour chaque Européen. Nous pouvons nous le permettre, mais l’Ukraine en a besoin maintenant. Là-bas, le coût n’est pas simplement financier : c’est une question de vies humaines », a-t-il ajouté.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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