-Emine Erdogan affirme que plus de 21 000 enfants ont été tués à Gaza en trois ans et que quelque 700 000 élèves y sont privés de leur droit à l’éducation
ISTANBUL (AA)
La Première dame de Türkiye, Emine Erdogan, a appelé mercredi à une mobilisation mondiale pour protéger les enfants, en particulier ceux vivant dans les zones de conflit, soulignant que leurs besoins devaient rester au cœur des priorités internationales.
« En tant que représentants de plus de 100 pays, nous sommes réunis ici pour offrir des chances justes et égales à tous les enfants du monde et faire entendre leurs besoins », a déclaré Emine Erdogan lors du Sommet mondial sur l’investissement dans le bien-être des enfants : une voie vers un développement durable et équitable pour les générations futures, organisé à Samarcande.
« Faisons porter cette voix pour répondre aux difficultés des enfants vivant dans les zones de guerre, qui ne peuvent même pas rêver d’un avenir », a-t-elle ajouté.
Emine Erdogan a souligné que l’investissement dans le bien-être des enfants était directement lié au développement durable et à l’avenir d’une société, estimant que les indicateurs traditionnels devaient être réévalués pour tenir compte des défis auxquels les enfants sont aujourd’hui confrontés.
L’accès à l’alimentation, au logement, à la sécurité, à l’éducation et aux soins de santé demeure essentiel, a-t-elle déclaré, tout en appelant à prendre également en compte le changement climatique, les conflits armés, les déplacements forcés et les nouvelles menaces numériques.
Elle a cité l’écoanxiété, l’intelligence artificielle, les violences numériques et l’exploitation de l’attention parmi les nouveaux défis nécessitant une conception plus large du bien-être des enfants.
- À Gaza, 700 000 élèves privés de leur droit à l’éducation
Emine Erdogan a exhorté les participants à accorder une attention particulière aux enfants confrontés à la guerre, soulignant le contraste entre ceux qui vont à l’école dans certaines régions du monde et ceux qui fuient au son des sirènes d’alerte aérienne ailleurs.
Elle a affirmé que 60 % des décès dus aux cancers pédiatriques survenaient dans des zones touchées par des conflits armés.
Plus de 21 000 enfants ont été tués à Gaza au cours des trois dernières années, a-t-elle déclaré, ajoutant que plus de 10 000 autres avaient subi un handicap permanent ou perdu un membre.
« Les enfants de Gaza sont privés de leur enfance », a-t-elle ajouté.
Selon elle, 197 ambulances, 38 hôpitaux et 96 centres de santé ont été bombardés et mis hors service.
« Quelque 700 000 élèves ont été privés de leur droit à l’éducation. Aujourd’hui, plus d’un million d’enfants à Gaza vivent dans l’espoir de pouvoir bénéficier des droits et des conditions nécessaires à leur bien-être », a-t-elle poursuivi. « Un monde où personne n’est laissé de côté n’est possible que lorsque les sirènes de la guerre se taisent. »
Emine Erdogan a remercié Ziroat Mirziyoyeva, épouse du président ouzbek Shavkat Mirziyoyev, pour l’organisation du sommet, exprimant l’espoir que cette rencontre bénéficie aux enfants et à l’humanité.
Le sommet a réuni des représentants de plus de 100 pays. La ministre turque de la Famille et des Services sociaux, Mahinur Ozdemir Goktas, ainsi que la Dre Esra Albayrak, présidente du conseil d’administration de la Fondation NUN pour l’éducation et la culture, y ont également participé.
- La Türkiye parmi les premiers pays à agir contre les risques numériques pour les enfants
Emine Erdogan a déclaré que la Türkiye développait des politiques sociales prenant en compte les besoins physiques, mentaux, émotionnels et moraux des enfants.
Elle a rappelé que 2025 avait été déclarée « Année de la famille » et que la Türkiye avait désigné la période 2026-2035 comme la « Décennie de la famille et de la population ».
Elle a également mis en avant la Convention turque relative aux droits numériques des enfants, affirmant que le pays figurait parmi les premiers à avoir pris des mesures pour protéger les enfants des risques liés au monde numérique.
Emine Erdogan a indiqué que la Türkiye avait restreint l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et imposé des obligations aux plateformes, notamment en matière de vérification de l’âge et de contrôle parental.
La Première dame a également cité le projet national de placement en famille d’accueil, qui permet, selon elle, la prise en charge de plus de 11 000 enfants, dont des enfants déplacés par la guerre.
« Les enfants sont le cœur de l’humanité. Les questions qui les concernent doivent toujours rester au centre des priorités mondiales », a-t-elle déclaré.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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