-La 9ᵉ Conférence d’Istanbul sur la médiation, qui se tiendra les 23 et 24 octobre sous le thème « Partenariats pour la paix et nouvelles perspectives : la médiation dans un monde en mutation »
Ankara (AA)
L’ambassadeur Alp Ay, directeur général adjoint par intérim de la Médiation internationale, a souligné qu’il est difficile de contribuer à une solution lorsque l’on ne jouit pas de la confiance des pays ou des peuples en crise. « L’un des plus grands atouts de la Türkiye est que les pays et les peuples auxquels nous nous adressons nous font confiance », a-t-il déclaré.
Ay a fait ces déclarations à un correspondant d’ Anadolu (AA) à propos de la 9ᵉ Conférence d’Istanbul sur la médiation, qui se tiendra les 23 et 24 octobre sous le thème « Partenariats pour la paix et nouvelles perspectives : la médiation dans un monde en mutation ».
Rappelant que la Conférence d’Istanbul sur la médiation est organisée depuis 2012, il a indiqué que le thème de cette neuvième édition a été choisi en fonction des besoins de l’agenda mondial.
Il a rappelé que la Türkiye avait lancé en 2010, avec la Finlande, l’initiative « Médiation pour la paix ».
« À l’époque, ces besoins commençaient progressivement à apparaître, mais au fil des années, la diversité des besoins et les difficultés se sont accrues », a-t-il souligné.
Selon lui, l’une des raisons fondamentales de cette évolution est que le système mondial né de la guerre froide après la Seconde Guerre mondiale traverse aujourd’hui un processus d’adaptation à un monde nouveau. Il a souligné que des ruptures se sont produites, qui se sont traduites par des tensions, des crises et des guerres. Chaque conférence sur la médiation organisée depuis 2012 a permis de saisir l’actualité et d’essayer d’anticiper l’avenir.
« Nous vivons aujourd’hui une période de l’histoire où le nombre de conflits, de conflits armés, de tensions et de crises est le plus élevé. Compte tenu en particulier de notre géographie et de notre politique étrangère, nous sommes un pays qui vise la stabilité, la paix et le développement économique conjoint. Ce faisant, nous ne nous contentons pas de dire “coopérons et atteignons la prospérité”. Nous avons aussi des principes très solides, que nous affirmons sans hésitation et de manière constante. Parmi ceux-ci figure en premier lieu la justice, un ordre plus juste », a-t-il poursuivi.
Se référant au principe du président Recep Tayyip Erdogan de « se tenir aux côtés des opprimés », Alp Ay a affirmé que cela conduit naturellement à une paix juste.
Il a rappelé qu’au cours des vingt dernières années, la politique étrangère turque a adopté une attitude humanitaire, orientée vers la paix et la stabilité, en rassemblant les parties.
« Aujourd’hui, cette position de la Türkiye est reconnue par l’ensemble de la communauté internationale. »
De nombreux experts et universitaires participeront à la conférence. Le programme abordera, avec des partenaires qui connaissent les principes fondamentaux de la Türkiye, la question de savoir comment assurer une paix durable.
Il a souligné qu’il existe dans la région des crises et des conflits de nature et d’intensité différentes. Outre la guerre russo-ukrainienne, la Türkiye a des responsabilités dans plusieurs zones géographiques, y compris la Corne de l’Afrique. La conférence continuera d’étudier les conflits et les tensions dans de nombreuses régions du monde et explorera les partenariats susceptibles d’avoir un impact sur ces zones.
« Nous chercherons à établir à la fois des principes et de nouvelles alliances. Lorsque nous parlons de nouvelles alliances, nous sommes un pays qui croit en l’importance des Nations unies. Tout en y croyant, nous souhaitons que l’ONU soit réformée pour s’adapter aux nouvelles réalités du monde. Nous y croyons profondément. Lorsque notre président répète depuis des années que “le monde est plus grand que cinq”, nous ne dénigrons pas les Nations unies : nous nous demandons comment elles pourraient être meilleures et exercer une influence plus juste », a-t-il expliqué.
Il a rappelé qu’il existe un ensemble de principes, mais aussi d’autres acteurs ayant des intérêts différents selon les régions. Il est nécessaire de développer la communication et la coopération avec ces acteurs afin de contribuer à la paix et à la stabilité régionales.
Rappelant les polarisations de la guerre froide, il a ajouté, « Aujourd’hui, nous en sommes naturellement sortis. Comme le disent toujours notre ministre et notre président, nous croyons que les solutions doivent être trouvées par les pays concernés, directement touchés et qui vivent ces problèmes. C’est dans ces conditions seulement que les solutions peuvent être durables et de long terme. »
Ce concept est appelé « appropriation régionale ». L’essentiel est de soutenir les pays directement affectés et de les aider à construire, sur la base de leurs propres principes, un ordre qui leur permette de vivre ensemble.
Les travaux progressent dans ce sens. La conférence examinera ensemble ce qui peut être fait dans les crises de la géographie proche dont la Türkiye s’occupe déjà, ainsi que dans des situations similaires.
La Türkiye a joué un rôle important de médiation dans des crises allant des Philippines à l’Amérique latine.
« Ce qui compte pour nous, c’est de développer nos relations au niveau mondial et de former les pays ou groupes de pays qui le souhaitent, afin de pouvoir discuter ensemble de ce qui peut être fait face aux problèmes qu’ils rencontrent ou pourraient rencontrer », a-t-il dit.
La médiation, a-t-il insisté, couvre aussi la prévention des conflits, la facilitation, l’arrêt et la fin des conflits, ainsi que la construction d’une paix durable. Sur le plan de la confiance, la Türkiye dispose d’un avantage.
« L’un des plus grands atouts de la Türkiye est que les pays et les peuples auxquels nous nous adressons nous font confiance. Cette confiance ne repose pas uniquement sur une proximité religieuse, nationale ou de voisinage, mais sur la cohérence, la transparence, la sincérité et l’attitude constructive. C’est notre premier avantage. Le deuxième est que, par rapport à de nombreux pays, nos dirigeants politiques apportent un soutien très clair et direct à la médiation. Si nécessaire, ils n’hésitent pas à s’impliquer personnellement sur le terrain, ce qui nous permet de démontrer notre chance de succès et notre sincérité au plus haut niveau politique. Nous pouvons ainsi facilement dépasser le cadre purement technique des diplomates, dès que la volonté politique est là. C’est un grand atout », a-t-il insisté.
Un autre avantage de la Türkiye est sa géographie, où de nombreuses civilisations ont cohabité. Elle s’efforce d’utiliser au mieux ces atouts. Istanbul est devenue un lieu important pour la médiation, un centre où se tiennent des réunions destinées à résoudre des différends mondiaux.
« Istanbul a une position psychologique, une position unificatrice. On parle de pont, mais elle est bien plus qu’un pont. Istanbul est une ville qui relie le Nord au Sud, l’Est à l’Ouest. C’est la ville d’un pays ami, digne de confiance, ouvert à tout type de soutien. C’est la ville d’une volonté politique. Dans ce contexte, nos interlocuteurs viennent parfois avec nous, parfois indépendamment de nous, pour se rencontrer à Istanbul. Nous avons créé à la fois un centre important pour les Nations unies et une ville où les pourparlers peuvent se dérouler en toute aisance », a-t-il conclu.
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