- Dans un communiqué, l’exécutif européen a indiqué que l’enquête porterait notamment sur la manière dont Booking.com identifie et évalue les risques liés à la diffusion de contenus illégaux, ainsi que sur l’efficacité des mesures mises en place p...
AA / Istanbul / Sanaa Amir
La Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une procédure formelle contre la plateforme de réservation en ligne Booking.com afin de déterminer si elle a enfreint le règlement sur les services numériques (DSA) en ne prenant pas suffisamment de mesures contre les fausses annonces, les tentatives d’hameçonnage et le manque de transparence concernant les annonces sponsorisées.
Dans un communiqué, l’exécutif européen a indiqué que l’enquête porterait notamment sur la manière dont Booking.com identifie et évalue les risques liés à la diffusion de contenus illégaux, ainsi que sur l’efficacité des mesures mises en place pour les prévenir et les limiter.
La Commission cherche également à déterminer si la plateforme a correctement informé les utilisateurs sur les annonces dont le classement dans les résultats de recherche est amélioré en échange d’une commission plus élevée versée par les hébergeurs.
- Des fausses annonces et des risques pour les consommateurs
Le premier volet de l’enquête concerne la présence éventuelle d’annonces frauduleuses ou non conformes sur la plateforme, notamment celles proposant des hébergements inexistants, les usurpations d’identité et les offres qui ne respectent pas les règles applicables.
La Commission examinera si Booking.com a correctement identifié les risques systémiques associés à ces annonces et si elle a mis en place des mesures efficaces pour les limiter, notamment en supprimant les offres frauduleuses.
Ces pratiques sont susceptibles de porter atteinte à la protection des consommateurs et d’exposer les utilisateurs à des pertes financières.
- Les tentatives d’hameçonnage dans le viseur de Bruxelles
La procédure portera également sur les risques liés aux tentatives d’hameçonnage, une technique frauduleuse visant à obtenir des informations personnelles ou financières en se faisant passer pour un interlocuteur légitime.
La Commission s’intéressera en particulier aux modalités de partage des données relatives aux réservations et aux clients avec les établissements d’hébergement, ainsi qu’à la conception et au fonctionnement du service de messagerie de Booking.com.
Elle vérifiera si la plateforme a mis en place des garanties suffisantes pour empêcher l’utilisation abusive de ces données à des fins frauduleuses, notamment pour solliciter des paiements indus auprès des clients.
- La transparence des annonces sponsorisées également examinée
Le troisième volet concerne les obligations de transparence en matière de publicité prévues par le DSA.
Les hébergeurs peuvent améliorer la visibilité de leurs annonces dans les résultats de recherche de Booking.com en versant une commission plus élevée. Selon la Commission, les utilisateurs doivent pouvoir identifier clairement ces annonces comme des publicités.
L’enquête déterminera également si la plateforme permet aux utilisateurs de connaître facilement l’identité de l’annonceur, celle de la personne qui finance la publicité, les raisons pour lesquelles celle-ci leur est présentée et les moyens de modifier les paramètres déterminant les annonces qu’ils voient.
Bruxelles rappelle que les consommateurs doivent pouvoir distinguer les annonces mises en avant en raison de leur pertinence par rapport à leur recherche de celles dont la visibilité résulte d’un paiement.
- Une enquête approfondie avant toute décision
La Commission européenne entend mener une enquête approfondie en priorité. Elle prévoit de poursuivre la collecte d’éléments, notamment au moyen de demandes d’informations supplémentaires, d’entretiens et d’inspections.
L’ouverture de cette procédure lui permet également d’envisager de nouvelles mesures d’exécution, telles que des mesures provisoires ou des décisions constatant un éventuel manquement. Elle peut aussi accepter des engagements proposés par Booking.com pour remédier aux problèmes examinés.
L’exécutif européen précise toutefois que l’ouverture de la procédure ne préjuge pas de son issue ni d’une éventuelle décision finale.
Selon la Commission, cette démarche fait suite à une enquête préliminaire fondée notamment sur les rapports d’évaluation des risques soumis par Booking.com en 2026 et au cours des trois années précédentes, sur ses rapports de transparence ainsi que sur les réponses de l’entreprise à des demandes formelles d’informations envoyées les 23 septembre 2025 et 26 mai 2026.
La Commission coopère avec l’Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés, qui exerce les fonctions de coordinateur des services numériques dans l’État membre où Booking.com est établie.
La plateforme a été désignée comme une très grande plateforme en ligne au titre du règlement européen sur les services numériques le 25 avril 2023.
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