- Téhéran exige des preuves étayant les accusations britanniques et menace de réexaminer ses relations avec Londres

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L’Iran convoque l’ambassadeur britannique et exige des preuves après les accusations de Londres sur la base de Fairford

ISTANBUL (AA)

L’Iran a convoqué mardi l’ambassadeur du Royaume-Uni à Téhéran pour protester contre les accusations de hauts responsables britanniques établissant un lien entre la République islamique et un incident survenu à la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, a rapporté l’agence de presse officielle iranienne IRNA.

L’ambassadeur britannique, Hugo Shorter, a été convoqué par Alireza Yousefi, vice-ministre adjoint des Affaires étrangères et directeur général chargé de l’Europe occidentale au ministère iranien des Affaires étrangères.

Lors de cet entretien, Téhéran a exprimé sa « vive protestation » contre l’attitude jugée « irresponsable et destructrice » du Royaume-Uni à l’égard de l’Iran.

Alireza Yousefi a catégoriquement rejeté les accusations britanniques, affirmant que Londres ne pouvait se servir d’« allégations sans fondement » contre Téhéran pour se soustraire à sa responsabilité dans la participation britannique aux attaques militaires américaines et israéliennes contre l’Iran.

Le responsable iranien a également accusé le Royaume-Uni d’accueillir sur son territoire des groupes et des individus hostiles à Téhéran.

Il a exigé des autorités britanniques qu’elles fournissent « dans les plus brefs délais » des éléments de preuve à l’appui de leurs accusations concernant l’incident survenu à la base de la Royal Air Force (RAF) de Fairford.

Yousefi a averti que l’Iran pourrait « réexaminer sérieusement » ses relations avec le Royaume-Uni si Londres ne présentait pas les preuves demandées, soulignant que le gouvernement britannique porterait la responsabilité des conséquences éventuelles.

Selon IRNA, Hugo Shorter a assuré qu’il transmettrait la position iranienne aux autorités britanniques.

Ces tensions diplomatiques font suite à un incident de sécurité survenu le 27 septembre à proximité de la base militaire de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Cette installation avait été utilisée par des bombardiers américains lors des frappes contre l’Iran.

La police britannique avait interpellé cinq hommes soupçonnés d’infractions liées au terrorisme et aux explosifs, avant de les remettre en liberté sous caution.

Lundi, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a affirmé qu’il était « très probable » que l’incident ait été coordonné depuis l’Iran et « presque certain » qu’il ait été dirigé par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Londres a également imposé des sanctions à deux ressortissants iraniens.

Le Royaume-Uni, les États-Unis et 27 autres pays ont par ailleurs soutenu, dans une déclaration commune, les accusations britanniques attribuant l’incident à Téhéran.

*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani

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