- Les ministres des Affaires étrangères ont évoqué les évolutions politiques et sécuritaires dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge
ISTANBUL (AA)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et son homologue somalien, Abdisalam Abdi Ali, ont discuté du renforcement des relations bilatérales et de la situation dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge, selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères publié jeudi.
Lors d’un entretien téléphonique, les deux ministres ont examiné les moyens de consolider leurs relations et de poursuivre la dynamique de leur partenariat stratégique.
Abdelatty a souligné l’importance d’assurer le suivi de la mise en œuvre des conclusions du « sommet consultatif quadripartite » organisé dans la ville égyptienne d’El-Alamein, afin de favoriser l’intégration économique des pays de la région et de soutenir les efforts en faveur de la sécurité, de la stabilité et du développement dans la Corne de l’Afrique.
En octobre, les dirigeants de l’Égypte, du Soudan, de la Somalie et de l’Érythrée ont participé à ce sommet. Dans leur déclaration finale, ils ont affirmé leur « soutien à l’unité et à la souveraineté de la Somalie », leur rejet de toute ingérence ou mesure visant son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale, ainsi que de toute reconnaissance ou soutien à « ce qui est appelé le Somaliland ».
Les quatre pays ont également réaffirmé le principe de la liberté de navigation et estimé que la gouvernance de la mer Rouge relevait exclusivement de la responsabilité des États riverains.
Abdelatty a réitéré le soutien ferme de l’Égypte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie, soulignant le rejet par Le Caire de toute « mesure unilatérale » susceptible de leur porter atteinte.
Cet entretien intervient dans un contexte de tensions dans la Corne de l’Afrique après la signature par l’Éthiopie d’un protocole d’accord avec la région séparatiste du Somaliland.
Ce texte prévoit d’accorder à Addis-Abeba le droit d’utiliser une zone côtière à des fins commerciales et militaires. Mogadiscio rejette fermement cette initiative, qu’il qualifie de « violation flagrante » de sa souveraineté.
En décembre 2025, Israël a reconnu le Somaliland, qui a proclamé unilatéralement son indépendance de la Somalie en 1991. Le gouvernement fédéral somalien rejette cette reconnaissance et considère le Somaliland comme une partie intégrante du territoire national.
Les positions égyptienne et somalienne convergent face aux initiatives éthiopiennes. Le Caire s’oppose aux démarches d’Addis-Abeba visant à obtenir un accès à la mer, alors que les deux pays restent en désaccord sur le Grand barrage de la Renaissance, construit par l’Éthiopie sur le Nil Bleu.
L’Égypte, pays riverain de la mer Rouge, a exprimé à plusieurs reprises son opposition à l’établissement d’une présence militaire éthiopienne sur cette mer. L’Éthiopie est enclavée depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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