- La Haute Cour a également reconnu coupables 28 coaccusés dans l’affaire des jeûnes mortels de Shakahola, rejetant l’argument selon lequel les victimes avaient volontairement cessé de s’alimenter

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Kenya : le chef de secte Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 190 enfants et d’un adulte

NAIROBI (AA)

Un tribunal kényan a reconnu lundi le chef de secte Paul Mackenzie et 28 autres accusés coupables du meurtre de 190 enfants et d’un adulte dans le massacre de Shakahola, une affaire liée à la mort de plus de 400 personnes.

« Je suis convaincue que l’accusation a démontré la culpabilité des 29 accusés pour le meurtre de 192 personnes et d’un adulte, en violation de l’article 203 du Code pénal », a déclaré la juge de la Haute Cour Diana Kavedza-Mochache en prononçant le verdict.

La magistrate a rejeté l’argument de la défense selon lequel les victimes, pour la plupart des enfants, avaient volontairement participé à ces jeûnes mortels.

« Je rejette l’argument des accusés selon lequel les victimes, qui avaient toutes moins de 16 ans, ont volontairement jeûné jusqu’à la mort », a-t-elle déclaré.

Le tribunal a reconnu les 29 accusés coupables de meurtre en application de l’article 203 du Code pénal kényan et a prononcé leur déclaration de culpabilité conformément à l’article 322 du Code de procédure pénale.

Ce verdict constitue une étape majeure dans une affaire qui avait bouleversé le Kenya après la découverte, en 2023, de centaines de corps dans des tombes peu profondes de la forêt de Shakahola, près de la ville côtière de Malindi.

Paul Mackenzie, dirigeant de la Good News International Church, était accusé d’avoir incité ses fidèles à pratiquer un jeûne extrême pour accéder au salut spirituel.

L’accusation soutenait que les décès ne résultaient pas de jeûnes religieux volontaires, mais d’une entreprise coordonnée ayant soumis les victimes, dont des enfants, à des privations mortelles.

Les accusés avaient nié les faits de meurtre qui leur étaient reprochés, la défense affirmant que les victimes avaient choisi de jeûner.

Les investigations ont mis au jour des fosses communes et des éléments attestant d’une malnutrition sévère. Ces découvertes ont suscité des interrogations à l’échelle nationale sur l’extrémisme religieux et sur l’incapacité des autorités à détecter plus tôt les activités du groupe.

Plus de 400 personnes sont mortes dans la tragédie de Shakahola, selon les autorités kényanes, ce qui en fait l’une des affaires liées à une secte les plus meurtrières de l’histoire du pays.

L’affaire a également soulevé des questions sur l’encadrement des organisations religieuses, la protection de l’enfance et la responsabilité des institutions publiques dans les interventions destinées à protéger les personnes vulnérables contre les mauvais traitements.

*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

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