- « Le monde doit voir l’ampleur de la catastrophe humanitaire à Gaza et faire en sorte que ces réalités ne soient jamais oubliées », a insisté le directeur général d’Anadolu, Serdar Karagöz lors de l’inauguration
Rome (AA)
Anadolu (AA) a inauguré la deuxième exposition de l’Istanbul Photo Awards 2026 dans la capitale italienne, Rome.
Cette année, la première exposition a eu lieu à Ankara et la seconde s’est ouverte à Rome, dans l’espace d’exposition et d’événements « Il Portale Ostiense ».
Plus de 50 photographies primées lors du concours international de photographie Istanbul Photo Awards 2026 ont ainsi été présentées au public italien.
À l’inauguration de l’exposition, à laquelle ont notamment participé le président du conseil d’administration et directeur général de l’AA, Serdar Karagöz, l’ambassadrice de Türkiye à Rome, Elif Çomoğlu Ülgen, l’ambassadeur de Türkiye près le Saint-Siège, Fahrettin Altun, l’ambassadeur de Palestine près le Saint-Siège, Issa Kassissieh, l’ambassadeur du Kirghizistan à Rome, Ermek Omuraliev, le chargé d’affaires de l’ambassade d’Irak près le Saint-Siège, Ammar M. Dawood, le représentant de la République turque de Chypre du Nord à Rome, Mustafa Kemal Beyazbayram, le coordinateur de l’Académie et des publications de l’AA, Yahya Bostan, ainsi que le directeur du marketing international de l’agence de presse italienne ANSA, Rodolfo Cardarelli, de nombreux invités de marque issus de la diplomatie, de la presse, de la culture, de l’art et du monde des affaires étaient présents.
Dans son discours d’ouverture, Serdar Karagöz a exprimé sa satisfaction d’inaugurer l’exposition Istanbul Photo Awards à Rome et a souligné que la capitale italienne est l’une des villes les plus importantes au monde sur le plan historique et artistique.
Il a rappelé que, pendant des siècles, les êtres humains ont utilisé l’art pour raconter leurs histoires et laisser une trace dans l’histoire. « Aujourd’hui, la photographie perpétue cette tradition. La photographie enregistre l’époque dans laquelle nous vivons, montre le monde tel qu’il est et nous aide à comprendre la vie des autres. C’est ce qui rend la photographie si importante », a-t-il déclaré.
Karagöz a affirmé qu’un bon photographe raconte une histoire à travers son image et permet à la vérité de sortir au grand jour : « À travers l’Istanbul Photo Awards, nous visons à rendre les histoires visibles et à partager les différentes facettes de la réalité avec le monde. Nous souhaitons soutenir les photographes qui ont le courage de montrer le monde tel qu’il est et la détermination de faire parvenir ces histoires au monde entier. »
« Rien que cette année, nous avons reçu 19 000 photographies provenant des quatre coins du monde »
Serdar Karagöz a indiqué qu’depuis 2015, près de 22 000 photographes ont soumis plus de 207 000 photographies à l’Istanbul Photo Awards. « Rien que cette année, nous avons reçu 19 000 photographies provenant des quatre coins du monde. Ces chiffres montrent à quel point l’Istanbul Photo Awards est devenu un concours international important », a-t-il évalué.
« En tant qu’Anadolu, nous croyons que la photographie ne se limite pas à prendre des photos », a-t-il poursuivi, soulignant que la photographie consiste également à enregistrer l’histoire et à montrer la vérité.
Il a attiré l’attention sur le fait que la photographie aide à comprendre pourquoi les événements sont importants, et a affirmé que la responsabilité des photojournalistes prend une importance particulière en période de guerre et de génocide.
Karagöz a déclaré qu’ils étaient réunis ce jour pour honorer les lauréats de l’Istanbul Photo Awards 2026.
« Notre jury international a choisi une photographie de Gaza comme Photo de l’année. Intitulée “Gaza, No Hope”, cette image a été prise par le photographe palestinien Haitam Imad pour l’EPA. Les photographies montrent une petite fille de 2 ans nommée Sham Qudeih, soignée à l’hôpital Nasser de Gaza. Elle luttait alors contre une faim extrême et des maladies. À cette époque, elle ne pesait que 4 kilogrammes. Son état révélait le prix terrible que la guerre à Gaza fait payer aux populations. Après la prise de la photographie, la petite fille a été emmenée à Naples, en Italie, pour y recevoir des soins médicaux. Nous sommes très heureux d’apprendre qu’elle est en train de se rétablir », a-t-il ajouté.
Soulignant que l’histoire de cette petite fille palestinienne en dit bien plus, Karagöz a déclaré : « La petite Sham a pu bénéficier de soins, mais de nombreux autres enfants à Gaza souffrent encore. Nous avons besoin de davantage d’histoires d’espoir en provenance de Gaza. Avant tout, nous devons voir la fin du génocide à Gaza. Jusqu’à ce jour, je continuerai à transmettre les faits, à montrer la situation sur le terrain et à raconter les histoires des civils de Gaza. Car le monde a le droit de savoir ce qui se passe à Gaza : les civils qui perdent la vie sous les attaques israéliennes, les enfants qui luttent contre la faim et les maladies… »
Le directeur général Serdar Karagöz a souligné que le monde doit voir l’ampleur de la catastrophe humanitaire à Gaza et faire en sorte que ces réalités ne soient jamais oubliées.
Il a indiqué que cette exposition photographique les emmenait dans différentes parties du monde et a remercié leurs partenaires italiens de l’agence ANSA, l’ambassadrice de Türkiye à Rome, Elif Çomoğlu Ülgen, l’ambassadeur de Türkiye près le Saint-Siège, Fahrettin Altun, ainsi que les sponsors de l’exposition.
L’ambassadrice de Türkiye à Rome, Elif Çomoğlu Ülgen, a souligné que c’était la première fois que l’AA organisait une telle exposition à Rome avant d’ajouter : « Je crois que ce ne sera pas la dernière exposition ici. J’espère que cette exposition marquera le début d’un processus qui deviendra désormais une tradition.
Elle a rappelé que les expositions de l’Istanbul Photo Awards avaient déjà été organisées dans de nombreuses capitales importantes du monde et qu’elles arrivaient aujourd’hui à Rome.
« L’ouverture de cette importante exposition aujourd’hui, précisément en cette période, à Rome, est extrêmement excitante non seulement pour chaque citoyen turc vivant en Italie, mais aussi pour les Italiens, les passionnés de photographie et ceux qui suivent le photojournalisme », a-t-elle affirmé.
Elle a raconté qu’alors qu’elle était ambassadrice en Afrique du Sud, une personne noire lui avait écrit un message en référence à un discours du président Erdogan à l’Assemblée générale des Nations unies avec ces mots : « Des gens souffrent partout dans le monde. Quelle que soit notre religion, la couleur de notre peau ou de nos yeux, la couleur des larmes qui coulent de nos yeux est toujours la même. »
Ülgen a ajouté : « Ici, dans cette salle, je vois que nous ressentons tous cette douleur. Que des larmes coulent de nos yeux ou que nous les fassions couler à l’intérieur, nous partageons tous la même douleur. »
L’ambassadeur de Türkiye près le Saint-Siège, Fahrettin Altun, a souligné le « bonheur particulier » pour lui d’accueillir « Ici l’Istanbul Photo Awards et être témoin de l’arrivée d’une part d’Istanbul dans cette magnifique ville est pour moi un bonheur particulier. »
Il a souligné qu’Istanbul comme Rome sont des villes de mémoire : « Ce sont des villes où de grands empires, des peuples et des cultures se sont rencontrés. Ce soir encore, Istanbul et Rome se rencontrent à travers la photographie. »
Fahrettin Altun a évalué : « Les photographies que nous voyons ici nous invitent à nous arrêter, à regarder plus attentivement et à réfléchir en profondeur sur le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, aujourd’hui, nous n’ouvrons pas seulement une exposition ; nous entrouvrons une fenêtre sur notre monde. »
Il a affirmé que regarder est une question de choix avant de poursuivre :
« La photographie rend ce choix visible et accessible. Lorsque nous regardons ces photographies aujourd’hui, nous voyons de nombreux lieux différents, de nombreux visages différents et de nombreuses histoires différentes. Gaza, la Syrie, l’Ukraine ; l’environnement, le sport et même les débris laissés par l’humanité dans l’espace. »
Soulignant qu’une œuvre sur le thème de « Gaza » avait été choisie comme Photo de l’année cette année.
« C’est une photographie extraordinaire. Je crois que sa force vient d’une chose très simple : elle place l’humain au centre de la géopolitique. La géopolitique nous montre les frontières, la photographie nous montre les êtres humains derrière ces frontières », a-t-il souligné.
Il a attiré l’attention sur le fait que, s’agissant de Gaza, leur responsabilité de regarder augmente.
« Ce que nous voyons à Gaza est une tragédie humaine évidente dans laquelle la vie humaine est systématiquement assiégée, où la faim est devenue un outil de génocide et où les civils sont massacrés à grande échelle. C’est pourquoi ces images ne sont pas seulement des enregistrements de souffrance, mais aussi des documents de témoignage face à l’histoire. L’image d’un enfant de 2 ans dans les bras de sa mère nous emmène au-delà des statistiques, des stratégies et de la géopolitique et nous ramène à la vie humaine individuelle », a-t-il insisté.
Altun a souligné que la photographie accomplissait quelque chose de bien plus grand et de bien plus important, et a affirmé qu’elle pouvait ramener le monde à une dimension humaine, et qu’il fallait donc remercier les photojournalistes.
Après les discours, le directeur des actualités visuelles de l’AA, Aykut Ünlüpınar, et le correspondant de l’AA à Rome, Barış Seçkin, ont fait visiter l’exposition aux invités et leur ont donné des informations sur les photographies primées de 2026.
L’exposition à Rome pourra être visitée jusqu’au 30 octobre.
Cette année, le concours est organisé avec le parrainage de communication de Turkcell, le soutien de l’Agence turque de coopération et de coordination (TİKA) en tant que sponsor des événements à l’étranger, et de Turkish Airlines (THY) en tant que sponsor partiel des transports.
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